Reilly Opelka aurait adoré affronter Tommy Paul plutôt que Daniil Medvedev. Pas tant en raison du pedigree inférieur de son compatriote par rapport à celui du Russe que parce que Paul est probablement son meilleur ami. Sur le circuit, et même ailleurs.
"Si je suis pour Tommy, ce n'est pas pour une question de matchup, mais parce que pour moi, Tommy, c'est comme la famille. Personne ne me connait aussi bien que lui", avait confié le géant avant le duel américano-russe. Mais Paul a perdu, et c'est bien au numéro 2 mondial qu'Opelka va s'attaquer vendredi sur le Suzanne-Lenglen pour une place en huitièmes de finale. Et sur le papier, le duel apparaît plus équilibré qu’on aurait pu l'imaginer il y a quelques mois.
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Sans être entré dans la catégorie des outsiders, Reilly Opelka intrigue. Sa demi-finale à Rome, mi-mai, a dévoilé de quoi il était capable sur terre battue. Plein d'autodérision, le séquoia du Michigan avait parlé d'un "coup de chance" quant à son parcours dans la capitale italienne. Personne n'y a vraiment cru. Il y avait trop de cohérence dans le contenu pour cela, y compris dans sa demi-finale perdue contre Rafael Nadal, au cours de laquelle il n'avait pas été ridicule.

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Je suis beaucoup plus calme parce que j'ai tellement plus confiance en ce que je fais
L'Américain, à l'évidence, est fort capable de s'exprimer sur terre battue. Ce n'est pas une si grande surprise, d'ailleurs. Son aîné, John Isner, dont il fait office de clone, avait montré par le passé qu'à l'occasion, il pouvait enquiquiner pas mal de monde sur la brique pilée. Il avait même, fait rarissime, poussé Nadal au 5e set à Roland-Garros au début des années 2010. "John a eu un certain succès sur terre et nous avons beaucoup de points communs", souligne-t-il. Opelka a même peut-être le potentiel pour faire mieux que son compatriote.
Encore jeune (23 ans), et surtout très perfectible, il est en train de polir doucement son jeu. Son coup droit, notamment, sur lequel il dit avoir énormément travaillé ces derniers temps. "Ce sont des petits détails, des choses simples, mais c'est difficile de mettre des mots dessus, s'excuse-t-il. Mais si vous regardez certains de mes matches à Madrid, par exemple, avec ce que je fais maintenant, vous verrez des différences. Mon coup droit s'améliore, mais je pense qu'il y a encore une très grande marge de progression. Et tant mieux. C'est plutôt bien de se dire ça."
Reilly Opelka dit aussi avoir mis les bouchées doubles à la salle de gym pour s'affûter et travailler à la fois son explosivité et son endurance. D'une manière générale, il a le sentiment d'avancer dans à peu près tous les domaines depuis quelques mois. Ses récents résultats sur terre viennent concrétiser cet engagement. Cela se traduit sur le terrain, y compris dans sa gestion du jeu : "Je pense différemment. La façon dont je construis les points sur mon service, par exemple. Je suis beaucoup plus calme parce que j'ai tellement plus confiance en ce que je fais, notamment côté coup droit. Mais je dois encore progresser."

Reilly Opelka

Crédit: Getty Images

'Marginal gains'

35e mondial avant Roland-Garros (proche de son meilleur classement, 31e), Opelka jouera vendredi pour une place en seconde semaine et dans le Top 30 au classement ATP. Mais il pourrait être une des bonnes surprises de la saison et aller chercher de nouvelles hauteurs dans la hiérarchie. Là encore, son modèle, c'est John Isner, et son mantra, le souci du détail :
"Tout est une question de 'marginal gains'. Parfois, 1% en plus dans un domaine, ça change énormément de choses. John Isner a gagné 91% de ses jeux de service pratiquement toute sa carrière. Mais l'année où il a fini dans le top 10, il est monté à 93 ou 94%. 1 ou 2% en plus, ça parait peu, mais ça fait une grosse différence."
Ce n'est que la 2e fois de sa carrière que Reilly Opelka atteint les 16es de finale d'un tournoi du Grand Chelem. La première, c'était à Wimbledon, il y a deux ans. Il avait été stoppé par Milos Raonic. Mais l'Américain n'est plus le même joueur. "Mon corps était en plus mauvais état à l'époque. Cela prouve le travail que j'ai accompli depuis", souligne-t-il. Vendredi, il peut prouver que Rome n'était pas un coup de chance. Mais au fond, plus personne ne le croit vraiment.
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