Pourquoi n'y a-t-il aucun français au 3e tour ? C'est la fin d'une ère ?
R.G: Bien sûr que c'est la fin d'une ère, c'est vrai. J'ai 35 ans, Tsonga a 36 ans, 37 pour Simon et Monfils a 35. C'est incroyable de continuer à jouer à Roland-Garros. On a besoin de plus de nouveaux joueurs à l'avenir. Pour nous, c'est déjà bien d'être encore là. On a été une belle génération. J'espère que ce sera la même chose à l'avenir pour le tennis français. C'est un peu difficile ce passage, mais il faut voir qui est en train de grandir. J'espère qu'à l'avenir, nous aurons beaucoup de nouveaux joueurs.
Roland-Garros
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03/06/2021 À 21:43
Cette débâcle pour le tennis français est historique. Quel est votre constat ?
R.G : On voit depuis le début de la saison que c'est difficile pour tout le monde. Il y a beaucoup de mauvais résultats. Après, il y a une génération qui a gagné. On était dans les 10 ou 20 premiers. On était très souvent en 8e, en quarts. Il y a eu des mecs qui étaient en demie. On ne se posait pas la question. Quand il y a quatre joueurs qui commencent à fatiguer un peu, c'est à la relève de prendre le dessus. J'espère que cela va arriver le plus vite possible. Je pense qu'il y a des très bons joueurs derrière. Je pense qu'il faut essayer de les pousser, que les anciens les aident un peu et que tout le monde essaie de se tirer vers le haut.
Vous avez été propulsé très vite sur le circuit ATP. Depuis quelque temps on a le sentiment que c'est beaucoup plus compliqué. Quelles sont les erreurs fatales à éviter ?
R.G : J'étais très fort très jeune. Je pense que j'étais quand même une exception. Il n'y en a pas eu énormément qui jouaient aussi bien, aussi jeune. Je pense qu'il y a quelques talents en France. Je tape avec des juniors qui jouent très, très bien. Peut-être que l'on n'a pas des Auger-Aliassime, des Shapovalov, des Zverev, des Del Potro de l'époque mais justement je pense qu’il faut aider tout le monde. Il y a des mecs qui peuvent se révéler. Il y a parfois des surprises. Il faut aider ces joueurs pour qu’ils arrivent à être meilleurs. On a beaucoup d'expérience. Je pense que l'on peut aider cette jeune génération à arriver plus vite, parce que l'on connaît les erreurs et les choses qu'il faut faire pour arriver au très haut niveau. J'espère en tout cas, c'est important pour tout le monde, qu'il y a une belle génération et que cela va pousser fort pour avoir des joueurs français dans les 10 premiers. Historiquement, on en a toujours eu... Des joueurs dans les 50 on en aura toujours, ce n'est pas le souci. Il faut des joueurs dans les 10 premiers, comme on en a eu depuis 30 ou 40 ans. J'espère que cela va arriver. Il faut y croire et pousser tout le monde vers le haut, c'est important.

La question qui fâche : le fiasco français était-il prévisible ?

Il faut changer quelque chose dans la formation ?
R.G : Changer dans la formation, c'est compliqué. Il y a cinq ans, on disait que la formation française était la meilleure du monde. Tout le monde nous enviait la formation. On disait les Français, c'est fabuleux, ils ont 15 joueurs dans les 100. Dès qu’aujourd'hui c'est plus difficile on dit qu’il faut tout changer. Je pense qu'il y aura toujours des très bons joueurs en France. J'espère juste qu'il y aura des joueurs dans les 5, 10 premiers mondiaux. C'est cela qui est important. Des Federer, des Nadal, des Djokovic, des Murray, tu n'en as pas partout. La formation est très bonne. Il y a énormément de très bons coachs dans toutes les ligues. Il y a des mecs passionnés. C'est toujours pareil, Jo-Wilfied Tsonga a failli gagner l'Open d'Australie. A un set près on n'aurait jamais eu cette discussion. On aurait dit des choses différentes. Il faut aider tout le monde pour que tout le monde arrive à mieux jouer surtout les jeunes parce qu'il y a une fin de cycle sur beaucoup de joueurs et il faut qu'il y ait des jeunes joueurs qui arrivent. Il faut y croire et que les mecs se bougent et qu'il y ait une belle génération qui arrive. La formation en France a toujours été bonne.
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