Que ses demi-finales en 2013 et 2015 ont paru lointaines. Sans confiance, confronté à des limites physiques de plus en plus rédhibitoires au plus haut niveau, Jo-Wilfried Tsonga a traîné ses 36 printemps comme un boulet pendant une bonne partie de son match face à Yoshihito Nishioka sur le court Suzanne-Lenglen lundi. Et pourtant, plus le diesel manceau a chauffé, mieux il a joué, jusqu’à espérer même accomplir une formidable remontée, finalement avortée dans le tie-break du quatrième set.
Un petit tour et puis s’en va donc. Mais contrairement à ses deux précédents matches sur terre battue en préparation à Barcelone et Lyon, Tsonga a existé. De quoi lui faire voir le verre à moitié plein malgré tout. "Je suis plutôt satisfait. C'est peut-être la première fois que j'arrive à développer un jeu qui se rapproche un peu plus de ce que je suis capable de faire. Cela ne passe pas si loin, je suis près d’aller dans ce cinquième set. Après, c'est vrai que ça reste une défaite à Roland-Garros. C'est toujours un crève-cœur", a-t-il convenu, philosophe.

Pour sa première sur terre battue, Tsonga était trop court : le résumé de sa défaite en vidéo

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La situation est un peu cocasse quand tout le monde part en plein milieu du match
Privé d’édition 2020 à cause de ses blessures répétitives au dos, l’ex-leader du tennis tricolore a regoûté aux joies de se produire devant le public français en Grand Chelem. Malheureusement pour lui, il en a à moitié profité. Le temps de perdre les deux premiers sets et de voir les spectateurs invités à quitter leurs places, couvre-feu oblige.
"C'est vrai que c'est un peu cocasse, la situation. Quand tout le monde doit partir en plein milieu du match alors que personne n'en a envie. Ils sont tous là : ‘Fais quelque chose, Jo !’ Mais je ne peux rien faire, évidemment. C'est vrai que c'est triste parce qu'à un moment donné, il n'y avait pas un bruit. On entendait les ailes des pigeons qui passaient à travers le court", a-t-il témoigné un brin désabusé. Avant de souligner que les choses allaient tout de même dans le bon sens.
Le sort est cruel pour celui qui avait débuté sa demi-finale contre David Ferrer il y a huit ans privé du soutien des spectateurs du Chatrier, rincés après le marathon entre Rafael Nadal et Novak Djokovic. Mais personne ne lui a évidemment rappelé l’événement en conférence de presse, d’autant que Tsonga l’a souligné lui-même : sans soutien populaire, il n’aurait jamais connu autant de joies à Paris.

Jo-Wilfried Tsonga à Roland-Garros en 2021

Crédit: Getty Images

Entre envie et fatalisme, Tsonga balance

"Pour moi, Roland-Garros a toujours un effet magique. On m'a toujours parlé des Français qui n’étaient pas bons à Roland-Garros, qui avaient la pression, qui n'avaient pas le mental. Mais moi, je n'ai jamais été bon ailleurs sur terre battue. Je n'ai jamais fait de résultats incroyables. Enfin plutôt, la seule chose qui m'a fait faire des résultats incroyables justement, c'est le public, c'est les gens. C'est ici."
Il serait d’autant plus dommage que son histoire s’arrête là. Sans un dernier salut à une foule reconnaissante des joies et des émotions partagées. Ce lundi 31 mai 2021 serait une bien triste fin, presque anonyme malgré tout le cœur mis à la tâche par le Manceau. Alors sera-t-il là l’année prochaine pour un dernier tour de manège ? "Je ne peux rien assurer du tout. On ne sait jamais ce qui peut se passer d'ici là. Il y a un truc qui est sûr, c'est que si je ne gagne pas beaucoup de matches, je vais être assez loin dans le classement. Il y a l'envie et la réalité des choses. À un moment, forcément, si je ne gagne pas plus de matches d'ici là, la réalité va me rattraper, et puis je ne rentrerai plus dans ce genre de tournoi", a-t-il lâché, fataliste.
D’ailleurs, Tsonga a déjà préparé la suite. Très impliqué dans son académie, il a encore fait part de son envie de transmettre son expérience aux plus jeunes avec un credo : la bienveillance pour tirer les talents de demain vers le haut. Mais avant de s’y consacrer totalement, il veut tout donner pour n’avoir aucun regret. Et qui sait ? Peut-être reverra-t-il la Porte d’Auteuil raquette en main, histoire d’y faire ses adieux en bonne et due forme.
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