Le (futur) silence de Naomi Osaka fait beaucoup de bruit. Mercredi, la Japonaise a dévoilé son intention de ne pas se soumettre à Roland-Garros au rituel de la conférence de presse d'après-match imposé par les instances du tennis mondial. Jugeant l'exercice trop répétitif, usant et parfois même blessant et dangereux pour "la santé mentale des athlètes", la numéro 2 mondiale a ainsi justifié son refus de s'y soumettre. Depuis cette décision rendue publique sur les réseaux sociaux, la joueuse est vivement critiquée par les médias, principales victimes de ce boycott annoncé, mais aussi par l'organisation du tournoi.
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Dans des propos relayés par nos confrères de L'Equipe, Guy Forget, le directeur du tournoi, a regretté ce choix. "Je crois que c'est un peu maladroit de sa part. Je n'ai pas parlé du sujet avec elle. On vit une crise sans précédent. Les joueuses et les joueurs jouent le jeu. On a des restrictions sanitaires difficiles, des tests, des vaccins. Et malgré tout, ils répondent tous présents. On se serre les coudes. (...) On ne comprend pas trop. Au fil du tournoi, on va voir comment elle va se comporter. C'est sûr que c'est embêtant. Tout le monde doit faire des efforts."

Osaka assure qu'elle n'a rien contre Roland et veut "réformer le système"

Le président de la Fédération française de tennis (FFT), Gilles Moretton, a eu, de son côté des mots plus durs, dénonçant une "erreur phénoménale". "Ce qui se passe là n'est, à mon sens, pas acceptable. Il y a des règles, des lois. On va se cantonner aux lois et aux règles pour les pénalités et les amendes", a-t-il notamment précisé. La numéro 2 mondiale avait annoncé qu'elle paierait le montant des sanctions financières qui lui seraient infligées. Des sommes dérisoires au regard des gains de la championne sur l'année écoulée estimés à 55 millions de dollars (soit 45 millions d'euros).
L'intéressée a néanmoins tenu à assurer les organisateurs du tournoi qu'elle n'avait rien contre eux, ni contre Roland-Garros, ni contre les journalistes. Dans un e-mail adressé à Guy Forget et Gilles Moretton, Osaka a indiqué utiliser l'occasion de cette quinzaine pour protester contre un "système qui oblige les athlètes à s'exprimer devant la presse quelles que soient les circonstances, y compris quand ils souffrent et que leur santé mentale est en péril."
La Japonaise annonce dans ce même message qu'elle compte s'investir pour "réformer" cette loi des circuits et travailler "avec les instances gouvernantes du tennis pour trouver le meilleur compromis possible." Ce boycott pourrait donc ne pas se poursuivre après Roland-Garros. Osaka avait déjà utilisé son statut de star du circuit pour protester contre les violences policières à l'encontre des Afro-Américains lors du dernier US Open.
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