Il est toujours possible de reprocher à Alexander Zverev de ne pas avoir gagné de tournoi du Grand Chelem, bien sûr. Comme à n'importe quel autre joueur de la NextGen qui porte de plus en plus mal son nom à mesure que les années passent.
En revanche, un procès ne tient plus avec l'Allemand : son côté erratique dans les Majeurs. Il est devenu un vrai métronome. Sur les cinq derniers tournois du Grand Chelem, le voilà en quarts de finale pour la quatrième fois. Seule exception, son huitième à Paris l'automne dernier, où il avait été stoppé en huitièmes par Jannik Sinner. Un peu malade ce jour-là, un peu rincé aussi par sa quinzaine new-yorkaise, il avait donc, tout de même, atteint la seconde semaine.
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Après son cafouillage initial contre son compatriote Oscar Otte sorti des qualifications, face auquel il a dû surmonter un handicap de deux sets, Zverev a eu bon pour l'instant dans ce Roland-Garros. En huitièmes, contre Kei Nishikori, il s'est même montré impressionnant et, dans cette partie basse du tableau dénué de vainqueur en Grand Chelem, il a clairement sa chance. "Je trouve que Sascha a une attitude très déterminée, on le sent très confiant mais sans arrogance, juge son illustre compatriote et consultant pour Eurosport, Boris Becker. Il est sûr de sa force, ça se sent, et il est clairement convaincu de pouvoir aller loin."

Alexander Zverev lors de l'édition 2021 de Roland-Garros

Crédit: Getty Images

Wilander : "Si Sascha joue comme contre Nishikori..."

Son tableau n'a il est vrai pas été d'une monstrueuse difficulté, et avec Alejandro Davidovich Fokina au prochain tour, pendant que Daniil Medvdev et Stefanos Tsitsipas vont devoir s'écharper pour l'autre place en demi-finale dans cette zone, le voilà encore avec un excellent coup à jouer. Même si l'intéressé balaie cet argument. "Davidovich Fokina est quand même là pour une raison, non ?, rappelle-t-il. Il a gagné quatre matches. On peut lui donner du crédit, il le mérite. Il n'y a pas de mauvais joueur en quart de finale d'un tournoi du Grand Chelem."
En pleine réussite, l'épatant Davidovich Fokina ne doit effectivement sa présence à ce stade du tournoi qu'à son propre mérite, mais de l'avis général, Alexander Zverev aura à nouveau le destin de ce match dans sa raquette. "D'une certaine manière, analyse Mats Wilander, Davidovich Fokina a un jeu qui se rapproche beaucoup de celui de Nishikori. Il est très rapide sur le court, solide des deux côtés. La seule différence, c'est qu'il joue beaucoup plus d'amorties que Nishikori, et ce sera intéressant à voir contre Sascha si celui-ci joue un peu trop loin de sa ligne."
"Davidovich est non seulement très bon pour toucher les amorties mais, surtout, il sait à quel moment utiliser cette option ou pas", renchérit Mischa Zverev, le grand frère d'Alexander, observateur attentif des faits d'armes de son cadet. Pour autant, Wilander ne voit pas l'Allemand être inquiéter mardi sur le Chatrier, pour peu qu'il garde sa ligne de conduite : "Si Sascha joue comme contre Nishikori, je ne suis pas sûr qu'il y ait grand-chose que l'Espagnol puisse faire pour lui faire mal."

Tsitsipas, Zverev, Medvedev... Qui sera au rendez-vous de la finale ?

Clairement, je ne veux pas m'arrêter là
Alexander Zverev a-t-il définitivement changé ? Est-il prêt à faire de ces fins de deuxième semaine une routine pour lui ? Boris Becker n'est pas loin de le croire : "On le sent très déterminé, et absolument pas nerveux. Il sait exactement ce qu'il doit mettre en place quand il rentre sur le court. C'est lui qui dicte. Il dit toujours qu'il doit s'adapter au jeu adverse, mais je ne suis pas d'accord. Désormais, ce sont les autres qui doivent s'adapter à lui. Il a tellement d'armes."
L'actuel numéro 6 mondial a attendu son 19e Grand Chelem pour atteindre enfin le dernier carré. C'était à Melbourne, en janvier 2020. Depuis, il a donc disputé une finale à l'US Open. En se hissant à nouveau en demies ici à Paris, il confirmerait que ce plafond de verre est définitivement crevé. Tour doucement, il est en train de transformer ses doutes qui, il n'y a pas si longtemps paraissaient éternels, en certitudes tout aussi solidement ancrées.
Il y a d'ailleurs des signes qui ne trompent pas. Il y a trois ans, c'est à Paris qu'il avait décroché son premier quart dans un grand tournoi. Une grand joie, presque un soulagement, à l'époque. Aujourd'hui, une satisfaction envisagée comme une simple étape. "Je suis content d'être en quarts de finale bien sûr, mais je crois que j'étais beaucoup, beaucoup plus heureux en 2018, dit-il. Et d'une certaine manière, c'était un problème d'être aussi content de jouer un quart. Maintenant, clairement, je ne veux pas m'arrêter là."

Alexander Zverev

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