C'était il y a cinq semaines à peine mais cela semble une éternité. Le 12 avril dernier, Novak Djokovic revenait à la compétition à Monte-Carlo et s'inclinait d'entrée contre Alejandro Davidovich Fokina. L'Espagnol n'est pas un cadeau sur terre battue et il allait d'ailleurs atteindre la finale sur le Rocher quelques jours plus tard, mais "Nole" était apparu loin du compte. Tout le monde avait pu le constater.
Mischa Zverev n'avait pas été surpris. L'Allemand, à la fois grand frère et entraîneur d'Alexander, avait pu constater les dégâts en amont du Masters 1000 princier. "Il s'était entraîné avant le tournoi avec Sascha, nous dit-il. Il avait l'air beaucoup plus lent que d'habitude. Ses coups manquaient de justesse et de placement aussi." Djokovic ne repartait pas de zéro, mais le chantier était immense après son premier trimestre tronqué pour les raisons que chacun connaît.
Mais s'il était tennistiquement à la peine et physiquement à la rue, l'envie, elle, ne l'a jamais abandonné. Là encore, c'est Mischa Zverev qui témoigne : "En général, on ne voit plus les top joueurs sur le site du tournoi quand ils ont été éliminés. Mais là, le lendemain ou le surlendemain de sa défaite, il était là à s'entraîner, sur le court tout au fond (du Monte Carlo Country Club, NDLR). Il se foutait de savoir que tout se passait ailleurs, qu'il y avait les quarts, les demies sans lui. Il n'avait qu'un objectif en tête : progresser, améliorer son jeu. On pouvait le voir clairement, il avait faim."
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Il vient vraiment d'une autre planète
Le reste n'était donc qu'une question de temps. A Belgrade, ce fut beaucoup mieux, quoique laborieux. Une défaite en finale face à Andrei Rublev. A Madrid, il a ensuite atteint les demi-finales avant de s'incliner contre Carlos Alcaraz. Comme tout le monde, en somme. Mais de cette semaine achevée par une défaite 7-5 au tie-break du dernier set contre la nouvelle coqueluche du circuit, il était tentant de dresser un bilan positif. Élève Djokovic, sur la bonne voie. Puis il y a eu Rome où, en battant successivement Auger-Aliassime, Ruud et Tsitsipas en finale, le Serbe a décroché son premier titre de la saison. Au meilleur moment. Pile à l'heure.
"Djokovic se foutait de ce qui était arrivé à Monte-Carlo, estime Mats Wilander. Là-bas, il n'avait pas l'air bien physiquement à la fin de son match contre Davidovich Fokina. Mais c'est oublié. Pour moi, le favori, c'est Novak. Sa victoire à Rome va booster sa confiance mais je pense aussi qu'il est habité par un sentiment de revanche après tout ce qui lui est arrivé ces derniers mois. Cela va lui donner de la force. Il vient à Roland-Garros pour défendre son titre, après avoir été empêché de défendre sa couronne à l'Open d'Australie. Ce n'est pas rien pour lui."

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L'ancien champion suédois l'a dit à Eurosport, il "préfère la préparation de Djokovic à celle d'Alcaraz". Puis le numéro un mondial n'est plus à un âge où il a besoin d'empiler les victoires et les titres pour arriver confiant à Roland-Garros. Au contraire. "L'essentiel pour lui était de se prouver qu'il était à nouveau capable de livrer des gros et longs combats, comme celui contre Alcaraz à Madrid. Même s'il a perdu, l'essentiel était ailleurs", poursuit Wilander. La victoire à Rome, au fond, n'était là que pour appuyer le propos. Comme une cerise sur le gâteau. "C'est un joueur qui connait son corps et son tennis mieux que n'importe qui d'autre. Il vient vraiment d'une autre planète", résume Mischa Zverev.
Avec tout le respect que je dois aux joueurs, au tennis et au tournoi, je crois en mes chances
Mais le plus impressionnant, encore une fois, tient à la manière dont Novak Djokovic est parvenu à chasser le doute en un temps minimal. Comme si rien ne pouvait jamais l'atteindre de façon durable. La force de la conviction et celle de l'habitude, pour Mats Wilander : "C'est en lui. Il a dans sa mémoire tous ces moments où il a sorti son meilleur tennis sur les points les plus importants. Il a dans sa mémoire le fait de croire en son instinct pour toujours prendre la bonne décision au bon moment. Le passé aide toujours Novak dans le présent, c'est de là qu'il puise sa force. Quand il paraît à nouveau convaincu de faire les bons choix, c'est là qu'il redevient le meilleur joueur du monde."
Est-il redevenu le grand, le très grand Djokovic ? Celui de la saison 2021, par exemple ? Peut-être pas tout à fait au strict plan du jeu, mais ce n'est pas forcément l'essentiel pour lui à en croire Wilander. "Je ne pense pas qu'il frappe la balle aussi bien que par le passé, sa confiance n'est peut-être pas tout à fait au même niveau, mais s'il croit à nouveau en ses propres choix, alors il peut redevenir inarrêtable", assure le consultant d'Eurosport.
Au fait, qu'en pense le principal intéressé ? Sans s'autoproclamer favori, le "Djoker" a adressé un message à la concurrence vendredi. Oui, il se sent plus que prêt à aller chercher un nouveau titre majeur : "Je suis toujours dans la bagarre pour un titre du Grand Chelem. Je crois dans mes capacités à aller loin et à me battre pour l'un des plus prestigieux trophées du tennis. Et encore plus en tant que tenant du titre, je pense pouvoir le refaire. Avec tout le respect que je dois aux joueurs, au tennis et au tournoi, je crois en mes chances parce que je l'ai déjà fait et je sais ce que cela demande." Vraiment, Monte-Carlo paraît loin. Très loin.

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