Il était écrit que ce mardi serait une journée à part à Roland-Garros. Parce que Jo-Wilfried Tsonga disait au revoir à la Porte d'Auteuil et parce qu'avec lui, c'est une part des Mousquetaires qui se retire. Mais puisque les scénarios semblaient déjà ficelés, Gilles Simon a pris un malin plaisir à tous les déjouer. Inspiré comme jamais par la sortie pleine de panache de son pote Jo, il a retrouvé le visage du joueur qui dégoûtait les plus grands, en les saoulant de coups et en les annihilant tactiquement. Face à la tête de série numéro 16, Simon ne partait pas favori. Il est pourtant sorti vainqueur à l'issue d'un combat titanesque, long de près de 4h de jeu et en cinq sets. Chapeau !
Sur un Simonne-Mathieu bouillant, c'était "Retour vers le futur" lors de ce premier tour. Simon avait davantage les attributs du numéro six mondial qu'il fut que du 158e mondial qu'il est. Il suffisait de voir la moue de Carreño Busta, désabusé de voir la balle revenir sans cesse, pour s'en convaincre. Pendant trois sets, la partition du Français fut celle de ses grandes années : un sens tactique parfait et une capacité à tout ramener, et à faire disjoncter n'importe quel adversaire. Pourtant avare en fautes et métronome du fond de court, l'Espagnol a complètement déraillé, multipliant les fautes directes.
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Douloureux adieux pour Simon
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Sur le Simonne-Mathieu, la folie du lundi soir

Alors, c'est presque logiquement que Simon a chapardé les deux premiers sets avant de servir, à 5-4 dans le troisième set, pour le match. Mais l'histoire aurait été trop belle trop vite. Pour qu'elle soit immense, il fallait que le match dure. Alors, Carreño Busta a débreaké puis déroulé. A l'entame du cinquième set, on ne donnait pas cher de la peau du Niçois, cramoisi de fatigue.
Breaké d'entrée, il semblait destiné à une mort certaine, à une dernière à Roland avec les honneurs. Et puis le public du Simonne-Mathieu, comme celui du Suzanne-Lenglen quelques heures plus tôt avec Hugo Gaston, a joué son rôle et a poussé. Simon s'est transfiguré, oubliant les crampes et les ampoules et s'accrochant à son rêve, devant les siens.
Ca a fini par payer. Une dernière faute directe de l'Espagnol l'a envoyé au paradis. Pour lui, cela ressemble à un court Simonne-Mathieu bondé, à un exploit face à un Top 16 et à une soirée qui s'étire à l'infini. On lui souhaite que son tournoi suive la même trajectoire.

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