Il a quitté le Central sous les ovations. Mais certains encouragements pèsent plus que d'autres. Quand Corentin Moutet a filé vers le vestiaire, il a été accompagné par des applaudissements sincères de Rafael Nadal. L'histoire de ce 2e tour sans histoire pour l'Espagnol tient sans doute dans ce moment : Moutet a vécu son conte de fées, la victoire en moins mais les émotions décuplées.
En zone mixte après le match, il a d'abord avoué sa déception du résultat final, pas forcément quant à l'identité de son bourreau. "C'était intense, j'ai eu des moments où j'ai réussi à jouer presque à niveau égal mais c'est vraiment tout au long du match que c'est dur à tenir, a avoué Moutet, écarté en trois sets par Nadal (6-1, 6-3, 6-4). L'intensité, toujours rester agressif, sa balle est hyper rapide, elle monte beaucoup. Donc c'était hyper physique comme match même si ce n'était pas si long que ça".
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"Pour prendre du plaisir, je pense qu'il n'y a pas plus facile"

Rapidement, il avait compris : si son idole dispose d'un palmarès aussi conséquent, c'est sans doute parce qu'il dispose d'armes incontrôlables pour la plupart des mortels. Alors, il a essayé. Mais, surtout, il a kiffé. "Franchement, je profite de tous les matches, surtout à Roland-Garros, il y a toujours beaucoup de public, j'ai la chance de jouer sur des grands courts, a-t-il expliqué. Là, en night session… Pour prendre du plaisir, je pense qu'il n'y a pas plus facile. J'ai pris beaucoup beaucoup de plaisir même si le côté compétiteur est aussi là, il y a de la déception."

"Une nouvelle fois, Alcaraz montre ses ressources, plus que ses faiblesses"

Mais, il l'assure, il a vécu ce match "à fond" et part "sans regret". Sans doute parce qu'au fond, l'essentiel était ailleurs. L'espace d'une soirée, le gamer Moutet est redevenu le petit Corentin, celui qui enfilait le débardeur de son idole en s'imaginant jouer sur les plus grandes scènes. Et ça, ça n'a pas de prix. "C'était un objectif avant qu'il arrête sa carrière, avant que j'arrête la mienne aussi, a-t-il avancé. Là, à Roland, il y avait toutes les conditions dont je rêvais quand j'ai commencé le tennis. D'ailleurs, je ne rêvais même pas, je ne pensais pas que ça serait possible un jour de jouer contre lui à Roland-Garros. Quand on commence et qu'on joue dans sa chambre sur le mur, on ne peut pas imaginer qu'un jour ça sera à la télé. Si je prends un peu de recul, franchement c'est incroyable d'en être où j'en suis aujourd’hui, de vivre ça."

Et le pied dans tout ça ? "C'est toujours Nadal !"

Le temps viendra sans doute adoucir l'amertume de la défaite. Car ces souvenirs sont rares et donc précieux. "C'est un moment qui sera unique, qui m'appartient et que je garderai à jamais dans ma tête, a-t-il encore ajouté. J'aurais aimé jouer toute la nuit contre lui." Pas sûr que la réciproque soit vraie tant l'Espagnol semblait pressé de ne pas traîner outre-mesure sur le court.
D'ailleurs, Corentin Moutet n'a rien remarqué de spécial quant à Rafa : toute la panoplie du champion semble au rendez-vous. Interrogé sur le physique de son idole, rival d'un soir, il a rapidement coupé court : "Ne vous inquiétez pas pour lui. Il a 21 GC, il est bien. Il est là, il est présent, c'est toujours Nadal !"
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