L'histoire ne dit pas où Bernabé Zapata Miralles a passé son samedi soir. Vendredi, en conférence de presse, il avait pourtant lancé une bouteille à la mer. "J'adore le fait que les équipes espagnoles dominent en Europe, avait-il expliqué en référence à la finale de Ligue des champions. Si seulement j'avais une entrée… Je la demande ici publiquement à Florentino Pérez [le président du Real Madrid, NDLR]". Du cran et de la fraîcheur, c'est exactement la recette qu'a utilisée l'Espagnol pour se retrouver là où il est : en 8e de finale de Grand Chelem, où il défiera dimanche Alexander Zverev.
Roland-Garros
Nadal, la voie royale vers le 22e Grand Chelem ? "J'ai un peu d'expérience…"
02/06/2022 À 22:24
Que sait l'Allemand de l'OVNI du haut de tableau ? "Honnêtement, pas grand-chose, a-t-il avoué au moment de se projeter sur ce 8e de finale piégeux. Évidemment, c'est la semaine de sa vie ici où il joue du super tennis. Donc je vais devoir donner le meilleur parce que quand vous avez ce genre de parcours, vous voulez le poursuivre".

Le duel épique face à Isner a marqué

Il faut dire que pour son premier 8e de finale en Majeur, Zapata Miralles a fait les choses en grand. Michael Mmoh d'abord. Puis du lourd : Taylor Fritz, tête de série n°13, battu en quatre sets (3-6, 6-2, 6-2, 6-3) sur un court 14 surpris par l'intensité mise par l'Espagnol. Puis, vendredi, c'est le court N°7 qui s'est régalé d'un des matches marquants de la quinzaine : son duel en cinq sets face à John Isner aura été homérique (6-4, 3-6, 6-4, 6-7, 6-3) et c'est les larmes aux yeux qu'il aura terminé ce match, complètement sonné par une qualification qu'il n'avait pas imaginée. "Je suis encore sous le choc", a-t-il lâché quelques minutes plus tard en conférence de presse.
Il y a de quoi. Parce qu'avant le tableau principal, il s'était déjà farci les qualifications. La faute à un classement (131e) qui ne dit rien de son niveau actuel. Car depuis le confinement de 2020, le Valencian a déjà grappillé une centaine de places à l'ATP. "Pendant cette période, je me suis entraîné très dur, surtout sur mes points faibles", expliquait-il en septembre 2020.
Bien lui en a pris. Depuis, Zapata Miralles squatte les tableaux de 250 ou de 500 pour continuer de faire grimper son pécule. Avec cette fantastique semaine, il va rentrer dans le Top 100, où tout devient plus facile.
https://i.eurosport.com/2022/05/25/3379811.jpg

Ferrer comme idole

"Je ne sais pas quoi dire, a-t-il avoué après sa qualification en 8e. Je suis vraiment très heureux. C'est incroyable d'être encore là, pour la deuxième semaine de Roland-Garros. Et je suis un peu fatigué aussi, parce que j'ai joué beaucoup de matchs". Pour lui, Roland est un bond en avant sportif et financier. Avec ce 8e de finale, il est assuré de partir avec 229 000 euros en poche. Soit presque un tiers de son prize-money total en carrière.
Et à qui ressemble-t-il ? A son idole d'enfance – non, ce n'est pas Rafael Nadal - : David Ferrer : "J'ai eu la chance de m'entraîner avec lui pendant ses derniers mois de carrière, c'est quelque chose qui m'a énormément amené en termes tennistiques et sur le plan mental. C'est un grand joueur et un miroir pour moi". C'est à Roland que Ferrer avait réussi la première fois à s'inviter en deuxième semaine d'un Grand Chelem, en 2005. A l'époque, il s'était hissé en… quart de finale, soit un match de plus que Zapata Miralles. Vous avez dit "miroir" ?

Ils s'attaquent aux deux monstres : Mission impossible pour FAA et Schwartzman ?

Roland-Garros
La tradition ou la révolution
02/06/2022 À 22:22
Roland-Garros
Zverev, tel qu'on voudrait le voir tout le temps
31/05/2022 À 19:42