Avec Léolia Jeanjean, elle a fait souffler un vent de fraîcheur sur le tennis féminin français. Malgré son élimination vendredi au 3e tour de Roland-Garros, Diane Parry aura incontestablement marqué la quinzaine tricolore de son empreinte, incarnant à 19 ans une relève potentielle qu'on n'osait plus attendre. Avec quelques jours supplémentaires pour digérer l'événement, la principale intéressée tentera d'en tirer tous les enseignements. Mais dans la foulée de son match, elle est logiquement apparue assez abattue en conférence de presse.
"Il m'a manqué pas mal de choses. Sloane Stephens est quand même une joueuse du Top niveau (vainqueure de l'US Open 2017 et finaliste de Roland-Garros 2018, NDLR) et elle l'a montré aujourd'hui (vendredi, NDLR). Elle a mis en relief tout ce qui ne va pas et tout ce que je dois améliorer dans mon jeu. C'est positif en même temps parce que ça me montre ce que j'ai à travailler dans le futur. Mais je suis déçue de ne pas avoir réussi à mieux faire sur ce match. Si j'avais peut-être donné moins de points gratuits, si j'avais un peu mieux senti mon revers, j'aurais peut-être davantage rivalisé", a-t-elle analysé, lucide.
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Rattrapée par l'exigence du très haut niveau

Les chiffres confirment l'impression de la Française : avec 39 fautes directes pour 13 petits coups gagnants, elle a affiché un bilan largement déficitaire qui dit beaucoup de ses difficultés au cours de la partie. Comment expliquer un tel déchet ? Était-elle tendue avant le match ? A-t-elle eu du mal à s'approprier les dimensions impressionnantes du court Philippe-Chatrier ? Parry a balayé ces hypothèses d'un revers de main pour ainsi dire.
D'ailleurs, n'avait-elle pas déjà apprivoisé l'immensité du Central contre Barbora Krejcikova, numéro 2 mondiale, au 1er tour ? Pas d'excuse donc à aller chercher de ce côté, mais le constat froid et sans appel que l'exigence du très haut niveau l'a rattrapée. "Il faut être super solide, ne pas donner de points, être assez stable physiquement dans chaque coup. C'est elle qui m'a poussé à l'erreur. J'essayais de construire mais à un moment donné, je devais prendre l'initiative pour essayer de finir le point parce qu'elle n'allait pas me le donner. Elle couvre juste super bien son terrain et vous oblige à frapper le coup de plus, à forcer un petit peu plus peut-être et à chercher une zone un petit peu plus risquée", a-t-elle encore observé.

"Parry, c'est une vraie belle perf' qui peut donner des idées aux autres Français"

Les trajectoires bombées et liftées des coups délivrés par Stephens lui ont ainsi posé des problèmes qu'elle n'a pas su résoudre, surtout avec un toit ouvert et une terre plus sèche que lors de sa victoire contre Krejcikova. "Elle a une balle qui est très gênante et ça rebondissait vraiment beaucoup. J'avais beau reculer un peu plus pour laisser retomber la balle un peu plus, je devais quand même la prendre au-dessus de l'épaule. Je n'ai jamais réussi à m'appuyer sur la balle et à trouver de meilleures sensations en revers."

Des progrès à confirmer sur gazon

Reste cependant la satisfaction d'avoir réalisé la meilleure performance en Grand Chelem de sa carrière et de conforter sa place dans le Top 100 (provisoirement autour de la 80e place mondiale). Ce sera l'opportunité de grandir dans les semaines à venir en tant que joueuse en intégrant plus aisément les tableaux des grands tournois. Parry compte d'ailleurs se remettre à l'entraînement intensif dès la semaine prochaine avec l'objectif de confirmer ses progrès sur gazon où son revers slicé à une main pourrait bien faire des merveilles.
"Le but, c'est de continuer à être sur le grand circuit, jouer des grands tournois et des très bonnes joueuses comme ça pour progresser. J'apprécie le gazon, je m'y sens bien et je prends beaucoup de plaisir à jouer dessus, donc je suis contente de pouvoir y retourner cette année et de pouvoir jouer Wimbledon." Ce Roland lui donne en tout cas toutes les raisons d'y être ambitieuse.
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