Novak Djokovic

Serbie
35 ans
N°1 mondial
18e participation
Meilleur résultat : Vainqueur (2 fois)
  • Sa saison sur terre
Roland-Garros
Debru, invité spécial de DiP Impact : "Je ne veux pas recopier d'autres joueurs"
14/06/2022 À 19:27
Conforme à ce que l'on pouvait attendre, avec une montée en puissance presque idéale. Beaucoup trop court pour sa reprise à Monte-Carlo, Novak Djokovic a ensuite atteint la finale à Belgrade en alternant le bon et le chaotique. Mais il a ensuite haussé progressivement le ton lors des deux derniers Masters 1000, à Madrid et Rome. Il a certes buté sur Carlos Alcaraz dans la capitale espagnole, mais son titre à Rome, le premier depuis Bercy à l'automne dernier, est tombé à pic pour rebooster sa confiance juste avant Roland-Garros.
  • Pourquoi il peut gagner
Parce qu'il est sans doute exactement là où il voulait être en arrivant à Roland-Garros. Après son absence contrainte et forcée en Australie et son retour vite avortée à Dubaï, Novak Djokovic a abordé la saison sur terre avec un minimum de compétition dans les jambes. Le numéro un mondial l'a admis, sans doute a-t-il aussi sous-estimé l'impact psychologique du psychodrame de Melbourne au mois de janvier.
Les interrogations autour du Serbe étaient donc légitimes, qui plus est après son élimination précoce à Monte-Carlo. Mais le temps jouait pour lui et il l'a parfaitement utilisé. Son unique objectif était d'être compétitif à Roland-Garros et tout indique qu'il le sera. A Madrid et Rome, on a (presque) retrouvé le Djokovic que l'on connait. Bien sûr, le tirage au sort ne l'a pas gâté en plaçant Nadal et Alcaraz sur son chemin avant la finale, mais n'est-ce pas, au fond, surtout une mauvaise nouvelle pour les deux Espagnols ?

6-0... puis il y a eu match : Djokovic a contenu la révolte de Tsitsipas

  • La grande question : A-t-on retrouvé le "vrai" Djokovic ?
Celui qui s'est imposé en Italie la semaine dernière sera compliqué à battre, et il devrait en toute logique être encore un peu plus performant à Paris. Difficile d'établir des comparaisons bien sûr, mais il ne semble pas très éloigné du Djokovic de l'an dernier, arrivé porte d'Auteuil avec un seul titre en poche, à Belgrade.
"Pour moi, avec Nadal, Novak est toujours un des deux grands favoris du tournoi. Il a joué de mieux en mieux semaine après semaine, je pense qu'il s'est retrouvé et à Rome il avait vraiment un niveau de jeu fantastique", résumait Alexander Zverev vendredi.
Le champion serbe a en tout cas tourné la douloureuse page du début de saison pour de bon, avec ce supplément d'âme que constitue son envie de montrer qu'il est toujours le patron et d'aller (re)chercher le record de victoires en Grand Chelem, que Rafael Nadal s'est approprié en s'imposant à Melbourne. Mais sans Djokovic dans les parages. Le rythme, la confiance, le physique, le feu sacré, le Djoker semble cocher à nouveau toutes les cases. Mais pour lui, Roland-Garros sera le véritable révélateur.

Rafael Nadal

Espagne
35 ans
N°5 mondial
18e participation
Meilleur résultat : Vainqueur (13 fois)
  • Sa saison sur terre
Très moyenne dans l'absolu, extrêmement faible selon ses standards. Trois matches gagnés, un quart et un huitième de finale. C'est peu. Très peu. Mais difficile de faire fi des circonstances, si particulières pour lui en ce printemps, qu'il a commencé blessé et achevé de la même manière. Absent à Monte-Carlo puis Barcelone, il a repris à Madrid, où il a calé contre Carlos Alcaraz en trois manches, avant de s'incliner la semaine suivante à Rome face à Denis Shapovalov, quand son pied a à nouveau déclenché le signal d'alarme. Il est donc délicat de se faire une véritable opinion compte tenu du fait qu'il a très peu joué.
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  • Pourquoi il peut gagner
Rafael Nadal. Roland-Garros. L'association de ces deux entités suffit à donner les clés de l'équation. Il peut gagner parce qu'il est Rafael Nadal. Vainqueur à 13 reprises à Paris (la dernière il y a seulement un an et demi), monstre absolu de la terre battue, le recordman des victoires en Grand Chelem sera un candidat au titre à Roland-Garros aussi longtemps qu'il prolongera sa carrière. La dimension physique est évidemment un facteur déterminant. Ce Roland-Garros 2022 a-t-il basculé ce soir-là dans la capitale italienne ? Blessé au pied, Rafael Nadal est certes allé au bout de son huitième de finale contre Denis Shapovalov, mais le Majorquin a inquiété tout le monde en boitant bas. On a même craint pour sa présence à Paris.
Ses premières sorties à l'entraînement porte d'Auteuil ont plutôt rassuré mais il jouera avec une épée de Damoclès au-dessus du pied durant cette quinzaine. Reste que s'il est à 100% physiquement, ils ne seront qu'une poignée à pouvoir envisager de le battre. Djokovic sans aucun doute. Alcaraz probablement. Tsitsipas ? Peut-être. Le reste du monde, c'est peu probable. Tout repose donc sur l'état de son corps, à commencer par celui de son pied. C'est sans doute la grande question non seulement pour lui, mais aussi pour l'ensemble du tournoi. Rappelons aussi que l'on parle d'un joueur qui a commencé l'année 2022 en trombe avec une série de vingt victoires. Et si le dernier Open d'Australie a prouvé quelque chose,c'est qu'il était toujours aussi dangereux de miser contre lui. Même sur dur. Alors, sur terre...
  • La grande question : Est-il vraiment encore le favori ?
Un des grands favoris, évidemment. Mais rarement il avait semblé aussi cerné sur le papier. Ce statut, il le partage avec Novak Djokovic et même Carlos Alcaraz, vainqueur des deux premiers cités coup sur coup à Madrid. Au fond, peu importe, mais le temps où le roi Rafa arrivait porte d'Auteuil avec dix longueurs d'avance sur la concurrence est probablement révolu. C'est au moins le cas cette année, en partie en raison du contexte de ce printemps qui a vu Alcaraz s'affirmer de façon brutale et Djokovic confirmer à Rome qu'il était toujours bien là.
Mais ce n'est pas qu'affaire de circonstances. Difficile en effet d'oublier que le tenant du titre ne vient pas des Baléares mais de Belgrade et la défaite de Nadal contre son grand rival serbe sur le court Philippe-Chatrier l'an dernier en demi-finale est encore dans toutes les têtes. Oui, l'Espagnol a repris la main en Australie. Mais Djokovic n'était pas là, et Alcaraz pas encore tout à fait Alcaraz.

Di Pasquale : "Nadal et Djokovic sont les deux favoris indissociables de Roland-Garros"

Carlos Alcaraz

Espagne
19 ans
N°6 mondial
2e participation
Meilleur résultat : 3e tour
  • Sa saison sur terre
Presque parfaite. Carlos Alcaraz a participé à trois tournois sur ocre lors de ce printemps et en a gagné deux devant le public espagnol à Barcelone puis Madrid. Dans la capitale espagnole, il est même devenu le premier joueur à battre Rafael Nadal et Novak Djokovic lors d'un même tournoi sur terre battue. Après cet enchaînement de 10 victoires, il a pris la décision de faire l'impasse sur Rome pour arriver le plus frais possible à Roland. Reste cet accroc pour démarrer à Monte-Carlo où il a été sorti d'entrée par Sebastian Korda. Après son triomphe sur dur à Miami, il avait vraisemblablement manqué de temps pour faire la transition sur terre.
  • Pourquoi il peut gagner
Parce que Carlos Alcaraz est un phénomène sur tous les plans. En termes de précocité, il marche sur les traces de Rafael Nadal qui avait conquis son premier titre au même âge du côté de la Porte d'Auteuil en 2005. Sa vitesse de progression est absolument ahurissante : 114e mondial il y a un an, le voici désormais aux portes du Top 5. Depuis le début de l'année, il est même 3e à 160 petits points de son glorieux aîné majorquin et à 30 minuscules unités de Stefanos Tsitsipas. Il n'a d'ailleurs rien à envier au Grec bien au contraire, puisqu'il a remporté leurs trois duels sur le circuit dont deux récemment à Miami et Barcelone.
Alcaraz est également celui qui compte le plus de titres cette saison avec quatre trophées déjà dans sa besace (Rio, Miami, Barcelone et Madrid) et est toujours invincible en finale (cinq gagnées sur cinq jouées). Physiquement et musculairement, il s'est considérablement développé cet hiver, et mentalement, il ne renonce jamais et fait preuve d'une maturité déroutante. A Roland, il peut gagner parce qu'il a les armes tennistiques pour le faire, aussi bien offensives grâce à son explosivité que défensives en couverture de terrain, mais aussi et surtout parce qu'il est le premier à y croire et à se dire prêt. Il sait enfin d'ores et déjà qu'il peut battre les monstres Nadal et Djokovic, et ce sans surjouer.

Alcaraz, le facteur X : "Il arrive en assumant son statut de favori comme Nadal en 2005"

  • La grande question : Est-il trop attendu ?
Carlos Alcaraz en a conscience : si l'attention est habituellement monopolisée par Nadal et Djokovic avant Roland-Garros, le jeune Murcien attire cette année lui aussi une bonne partie des projecteurs. A 19 ans, ce n'est pas forcément évident à gérer. D'autant plus si nombre d'observateurs le voient au bout, alors que son meilleur résultat jusqu'ici en Grand Chelem demeure un quart de finale lors du dernier US Open où il avait fini par abandonner, épuisé par sa quinzaine.
Reste que grâce à son entourage et à sa personnalité, "Carlitos" semble avoir bien la tête sur les épaules et sait où il veut aller. Après son titre madrilène, il a même considéré ce statut de favori ou de co-favori comme "une source de motivation", plus qu'une pression supplémentaire. Depuis Flushing, il a progressé dans tous les secteurs et semble plus qu'aguerri pour le format long. Battre Nadal ou Djokovic - ce serait en demi-finale - au meilleur des cinq sets reste le plus grand défi dans le tennis actuel. Mais s'il y a bien un joueur à pouvoir le faire, c'est lui.

Stefanos Tsitsipas

Grèce
23 ans
N°4 mondial
6e participation
Meilleur résultat : Finale
  • Sa saison sur terre
La meilleure du plateau. Pourtant, ce n'était pas gagné d'avance. Avant de fouler l'ocre, Stefanos Tsitsipas restait sur une tournée américaine sur dur décevante, manquait de confiance et était sous pression vu ses résultats de 2021 sur terre. Mais ce changement de surface l'a relancé : il a conservé son titre à Monte-Carlo et s'est montré d'une régularité remarquable en Masters 1000 avec une demie à Madrid et une finale à Rome. Son pire résultat ? Un quart de finale à Barcelone perdu contre Carlos Alcaraz. Grâce à cette razzia de 2050 points sur le printemps, il s'est replacé à la 2e place à la Race à 130 petits points de Nadal.

Une bulle à part pour Djokovic, le plafond de verre de Tsitsipas

  • Pourquoi il peut gagner
Parce que Stefanos Tsitsipas est installé depuis un certain temps (sa percée en 2019) parmi les cadors du circuit ATP. Ses résultats en Grand Chelem - déjà trois demies et une finale à son actif - en font naturellement un des prétendants à la victoire finale et ce tout particulièrement à Roland-Garros. Sur la terre battue française, le Grec est monté en puissance ces dernières années : après un huitième de finale aussi épique que frustrant face à Stan Wawrinka il y a trois ans, il a atteint le dernier carré puis la finale en 2020 et 2021. A chaque fois, seul Novak Djokovic lui a barré la route et au bout des cinq sets.
Or ni le Serbe, ni Carlos Alcaraz, ni Alexander Zverev - les trois seuls joueurs qui l'ont battu lors de ce printemps sur terre - ne figurent dans sa moitié de tableau après le tirage au sort. De là à dire qu'une autoroute lui est d'ores et déjà ouverte vers la finale, il y a un pas que nous ne franchirons pas. Ce serait d'ailleurs irrespectueux pour les Daniil Medvedev, Casper Ruud, Andrey Rublev, Jannik Sinner, Denis Shapovalov, et même Lorenzo Musetti, son talentueux adversaire au 1er tour. Mais force est de constater que le niveau moyen du Grec sur terre a de quoi l'emmener très loin dans le tournoi, et peut-être lui permettre de sauvegarder une précieuse énergie pour les derniers tours.

Tsitsipas, une réussite à Monte-Carlo digne du Big Four

La grande question : Peut-il casser son plafond de verre face aux monstres ?
Malgré ses excellents résultats et sa maîtrise remarquable du jeu sur terre battue, il reste une réserve et de taille à l'égard de Stefanos Tsitsipas. Face aux tout meilleurs, le Grec plafonne. Sa défaite en demi-finale de l'Open d'Australie contre Daniil Medvedev, même s'il revenait tout juste d'une opération au coude l'a d'abord montré. Mais il s'est surtout fait doubler dans la hiérarchie sur ocre par Carlos Alcaraz contre lequel il s'est même frustré à Barcelone.
Et que dire de la dernière finale de Rome ? Même si Tsitsipas a su rééquilibrer les débats dans la seconde manche face à Djokovic, le 6-0 encaissé dans la première n'est pas de nature à le rassurer. Renversé par le numéro 1 mondial l'an dernier en finale, le Grec n'avait jamais été si près de son rêve, et à la fois si loin tant il avait été dominé dans les trois derniers sets. Moins fringant dans le jeu cette année, plus fragile notamment côté revers, il ne semble pas assez armé pour y parvenir. A moins que son tableau, la confiance et le scénario du tournoi ne l'y aident.

Alexander Zverev

Allemagne
25 ans
N°3 mondial
7e participation
Meilleur résultat : Demi-finale
  • Sa saison sur terre
Très solide. En Masters 1000, Alexander Zverev a systématiquement atteint le dernier carré et affronté alors Stefanos Tsitsipas. Le Grec lui a infligé deux revers à ce stade à Monte-Carlo et Rome, l'Allemand l'ayant emporté à Madrid entre-temps où il est tombé en finale sur un Carlos Alcaraz ébouriffant. Le grand "Sascha" a néanmoins connu un gros couac lors de ce printemps terrien, et ce devant son public à Munich. Dès son entrée en lice au 2e tour, il y a été terrassé par le jeune et prometteur Holger Rune. Avant donc de se remettre dans le droit chemin en Espagne puis en Italie.

Sur terre, Tsitsipas reprend la main : sa victoire sur Zverev en demi-finale

  • Pourquoi il peut gagner
Alexander Zverev tourne autour de son premier sacre en Majeur depuis un petit moment. Très précoce en Masters 1000 (5 titres) et déjà deux fois vainqueur du Masters, il faisait un petit blocage sur le format des cinq sets jusqu'en 2019. Mais sur ses huit dernières participations à un tournoi du Grand Chelem, il s'est projeté à quatre reprises - demies à l'Open d'Australie 2020, Roland-Garros 2021 et l'US Open 2021, finale à l'US Open 2020 - dans le dernier carré au moins.
Et à Flushing Meadows voici près de deux ans, il ne lui a manqué que deux petits points. Avec son immense première balle, sa puissance à l'échange en coup droit comme en revers, le champion olympique de Tokyo dispose de nombreux points forts pour décrocher le Graal après lequel il court. S'il préfère le dur, Zverev n'est pas pour autant allergique à la terre battue (il n'y connaît du moins pas les mêmes difficultés que sur gazon). Il compte d'ailleurs plusieurs titres en Masters 1000 sur la surface, l'altitude de Madrid convenant fort bien à ses qualités. Au niveau de la mer néanmoins, il semble clairement être le 5e homme dans la hiérarchie des favoris. Et le tirage au sort qui l'a placé dans le quart de tableau d'Alcaraz et la moitié de Nadal et Djokovic n'arrange pas ses affaires.

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  • La grande question : Sera-t-il encore rattrapé par sa nervosité ?
Sa seconde partie de saison 2021 donnait l'impression qu'Alexander Zverev avait franchi un cap définitif dans sa carrière. Mais depuis le début de l'année, la fébrilité a refait surface et ce pour des raisons souvent liées à la pression de l'environnement. Après son non-match en huitième de finale du dernier Open d'Australie, il avait ainsi expliqué avoir mal supporté les attentes autour de l'éventuelle conquête de la place de numéro 1 mondial.
Puis dans la foulée de sa sortie d'entrée à Munich il y a quelques semaines, il avait avoué son appréhension à l'idée de jouer devant le public allemand pour la première fois depuis le début de la pandémie. Quand l'enjeu augmente, son bras a tendance à se crisper. Même s'il était à plat à cause d'une programmation lunaire, il avait aussi complètement explosé à Madrid contre Alcaraz en finale. S'il veut aller loin, une chose est certaine : il devra retrouver une certaine stabilité émotionnelle.
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