ROLAND-GARROS 2004 - LE PALMARES
Simple messieurs : Gaston Gaudio (Arg)
Simple dames : Anastasia Myskina (Rus)
ROLAND-GARROS
Gaudio, cet improbable vainqueur
06/06/2004 À 20:45
Double messieurs : O. Rochus/Malisse (Bel/Bel)
Double dames : Suarez/Ruano Pascual (Arg/Esp)
Double mixte : Golovin/Gasquet (Fra/Fra)
Simple juniors garçons : Gaël Monfils (Fra)
Simple juniors filles : Sesil Karatancheva (Bul)
Prix de la mise en scène
Au-delà de l'actualité brûlante de la FFT, notamment celle des prochaines élections de la Présidence, l'édition 2004 de Roland-Garros peut être appréciée sous deux angles.
Côté chiffres, on bat des records à tous les niveaux. 413000 spectateurs, un record d'affluence, des bénéfices pour la Fédération, des matches records, et un succès international dans les tribunes et sur les courts.
Côté spectacle, rien d'exceptionnel. Des tenants du titre diminués, des champions qui faiblissent , des Français et des Françaises qui défaillent, une tendance à réprimer les réactions spontanées des stars, et une domination outrageante des cogneurs de fond de court. Avec un toit, c'est promis, la scène sera plus dramatique...
Prix du scénario
La finale messieurs sans aucun doute. Un match historique qui a alterné entre l'héroïque et le pusillanime. Tout comme l'autre match incroyable de la quinzaine entre Clément et Santoro.
Prix d'interprétation féminine
Paola Suarez fait tout pour ne pas être cataloguée joueuse de double mais que voulez-vous, elle ne peut pas s'empêcher de gagner le tournoi de Roland-Garros ! Pour un tournoi superbe, conclu par un demi-finale en simple et une troisième victoire en double, l'Argentine doit être félicitée.
Prix d'interprétation masculine
Coria avait le premier rôle, mais Gaudio lui a finalement raflé la palme. Kuerten a fait une excellente prestation douloureuse et courageuse, mais la plus belle interprétation de la quinzaine reste celle de Tim Henman. Pour son remarquable parcours, pour son tennis offensif et pour son set et demi face à Coria en demi-finale.
Palme d'or du court-métrage
Myskina a fait très long en 1/8, contre une des meilleures joueuses du moment, Kuznetsova (victoire 8/6 au troisième set). Mais la championne russe a su aussi faire très court et très efficace en finale...
Mention Spéciale Raquette d'or
A ceux qui nous ont fait vibrer : Haehnel contre Agassi, Mutis contre Roddick, Llodra en simple et en double, l'Italien Starace contre Grosjean et Safin. A celles qui nous ont étonnés : Zheng la Chinoise en huitièmes de finale, Dementieva contre Davenport et Mauresmo, et Sharapova déjà en quarts de finale à 17 ans.
Prix du jury
Safin est aujourd'hui plus que jamais le joueur qui a fait défaut au circuit ses dernières saisons. Talentueux, caractériel, bon vivant et grande gueule, il bouscule une peu une génération lissée par les règlements et une ambition professionnelle à l'extrême. Le Russe a connu une trajectoire un peu moins heureuse qu'à l'Open d'Australie, mais tout autant surprenante. Des matches en 5 sets, des balles de match sauvées, des gestes ahurissants et quelques polémiques... Marat a peut-être lu Le joueur de Dostoievski. Il semble qu'il aime autant le jeu que la vie, peu importe ou cela le mène. A suivre.
Palme d'or
A 25 ans et déjà la moitié de sa carrière derrière lui, Gaston Gaudio vient de vivre une expérience incroyable : faire mieux que sa propre imagination. Lui-même ne se voyait pas gagner Roland-Garros, mais tout au plus arriver en finale ! "A tout moment, je pensais que je pouvais perdre le match". Durant toute le match, l'Argentin ne se voyait pas gagnant. Et pourtant, des moments difficiles qui ont ponctué sa carrière : problèmes d'argents, éloignement de la famille et des amis, critiques sévères après des matches de Coupe Davis (contre la Russie en 2002 et l'Espagne en 2003), aux larmes de joie de vendredi et dimanche, Gaston a marqué l'histoire du tennis.
Et s'il pratique un sport qui demeure un sport de privilégié dans son pays, l'homme dégage une humilité et une naïveté qui font de lui un personnage attachant. Il évoque ainsi son parcours : "J'ai fait les mêmes sacrifices que tous les joueurs de tennis."
"Simplement, les gens ne le savent pas. On voyage tellement&hellip Je suis sans ma famille souvent, sans mes amis, je ne peux pas sortir. Parfois, on n'a pas l'argent pour voyager quand on ne gagne pas tellement de matches. Tous ces sacrifices, vous permettent d'être présent sur le court et de vous battre plus que les autres."
A l'image de Kuerten dont il est assez proche depuis ses débuts à Roland Garros, Gaston a attiré la sympathie du public : "Je l'ai toujours admiré en tant que personne avant toute chose. Je ne vais pas oublier que la première fois que je suis venu ici, il m'a demandé de jouer avec lui. Depuis, je le respecte beaucoup."
Ce dimanche soir, il s'apprête donc à faire la fête à Paris puis à Buenos Aires avec sa famille et son père : "Tout ce que j'ai fait, je le lui dois. Je voudrais donc dédier cette victoire à mon père."
ROLAND-GARROS
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06/06/2004 À 06:00
ROLAND-GARROS
Myskina, impératrice
05/06/2004 À 16:30