Samedi, comme toutes les stars du circuit, Roger Federer s'est prêté au jeu du "media day", au cours duquel joueuses et joueurs majeurs se font interviewer. La dernière fois que Roger Federer avait pris place dans la salle de presse de l'US Open, il y a 50 semaines de cela, il venait de subir une défaite particulièrement dure à avaler. Sorti par Novak Djokovic en cinq manches après avoir mené deux sets à rien et compté deux balles de match, le Suisse en avait gros sur la patate. C'était la deuxième fois consécutive qu'il sortait d'un Grand Chelem en ayant mené deux manches à rien. C'était, aussi, son septième majeur consécutif sans titre au bout. Quasiment un an après, jour pour jour, le voilà donc de retour à New York. Il est numéro un mondial et le dernier Grand Chelem en date, c'est lui qui l'a remporté.
De ces frustrations répétées à cet été de rêve, Roger Federer estime pourtant ne pas avoir vraiment changé. Il n'est pas si différent du Federer de 2010 ou 2011. "Je n'étais pas loin, rappelle-t-il. La différence, c'est que j'ai pu éviter les blessures ces douze derniers mois. Physiquement, je me suis vraiment bien senti. Ça change tout." Plus que d'un progressif déclin qu'on lui annonçait, le Bâlois estime surtout avoir été victime de l'extraordinaire réussite de ses deux principaux rivaux. "Tout ne dépendait pas de moi. Encore une fois, je jouais très bien, mais je ne pouvais pas prévoir que Novak gagnerait 40 matches de suite l'an dernier, ou que Rafa serait tout près de gagner quatre Grand Chelem de suite l'année d'avant", explique-t-il au sujet des deux dernières années. C'était donc davantage une affaire de petits détails qu'un problème de fond, Federer en est convaincu.
Le petit plus imperceptible
US Open
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21/03/2013 À 08:25
Comme il n'a eu de cesse de le répéter entre l'Open d'Australie 2010 et Wimbledon 2012, le recordman des victoires en Grand Chelem a toujours été convaincu qu'il était capable de remporter d'autres grands titres. Maintenant qu'il l'a fait, ses paroles n'en prennent que plus de poids. "Il n'y a jamais eu de doutes chez moi. Peut-être que, parfois, vous avez plus ou moins de confiance, mais des doutes, pas vraiment. Je savais à quel point j'étais proche. Je sais que la presse et le public ont été tenté de dire que j'étais désormais très loin de Djokovic ou Nadal, mais j'ai toujours été dans le coup." Voilà pourquoi il ne voit pas de colossale différence dans son approche de l'US Open cette année par rapport à ce qu'elle pouvait être l'an passé à la même époque. "Je me sentais bien en arrivant ici l'an dernier, se souvient-il. J'avais confiance en moi, j'étais persuadé de pouvoir gagner."
Mais il lui avait manqué ce petit plus, presque imperceptible. Celui qui sépare une grande joie et une grande frustration. Celui qui permet de gagner les balles de match. "Parfois, peut-être que je sentais que je n'avais pas tout à fait le match dans ma raquette", admet le Bâlois, conscient que le contexte de l'époque a pu peser. "Ce n'était pas une question de niveau de jeu, précise-t-il. J'ai super bien joué par moments en 2011, comme à Roland-Garros. A Wimbledon aussi. Puis j'ai eu cette défaite difficile contre Tsonga à Wimbledon. Puis j'ai à nouveau perdu contre Tsonga au Canada et Berdych à Cincinnati. Si vous voulez battre les gars qui sont dans les quatre premiers, vous devez d'abord battre ceux qui sont entre la 4e et la 10e place. Alors quand vous commencez à perdre trop régulièrement contre ces gars-là, ça vous joue des tours mentalement. Pourtant, j'ai vécu une belle campagne ensuite à l'US Open et puis j'ai raté ces balles de match contre Novak. Peut-être qu'à ce moment-là, je croyais un peu moins que je détenais l'issue d'un tel match dans ma raquette."
"Mes adversaires vont avoir besoin de faire quelque chose de très spécial pour me battre"
Plus qu'un déclic, c'est un lent processus qui lui a permis de remettre son destin dans le bon sens. Ça ne pouvait passer que par là. Sans aucun doute, la défaite contre Djokovic à Flushing a constitué un point de rupture. "C'était la deuxième fois de suite que je perdais en cinq sets après avoir gagné les deux premiers. Je suis parti à Sydney pour la Coupe Davis la semaine suivante mais, après ça, j'ai fait un long break. J'ai pris le temps d'analyser la situation et comment je devais repartir de l'avant. Quand je suis revenu, j'avais les idées claires sur ce que je devais faire. Et dès mon retour, j'ai gagné à Bâle, je me suis bien senti et tout s'est enchainé. La suite, vous la connaissez", sourit le Suisse. Signe des temps, cette fois, on ne lui demande pas s'il croit vraiment qu'il peut encore gagner un majeur, mais qui peut bien le battre...
Sur ce dernier point, Federer a un message pour la concurrence: "Mes adversaires vont avoir besoin de faire quelque chose de très spécial pour me battre, prévient-il. Cette fois, j'ai le sentiment que, si je joue bien, je serai capable de dicter qui va gagner et qui va perdre. C'est ce que je ressens." En s'imposant à Wimbledon et en retrouvant le fauteuil de numéro un, Federer en a aussi récupéré tous les attributs, à commencer ce surcroit de confiance. Mais sans excès. "Peut-être que je vais perdre au premier tour lundi, tempère-t-il. Je vais prendre match par match. Aucun doute là-dessus. Je ne sous-estimerai plus jamais un adversaire. J'ai assez fait ça quand j'étais jeune." Au-delà de la confiance, c'est du plaisir qu'il veut prendre à New York. Comme si cette fin de saison ne pouvait lui apporter que du bonus. "J'ai déjà atteint mes objectifs de l'année: gagner un majeur, redevenir numéro un, ramener une médaille olympique à la Suisse... Mais j'ai envie de bien jouer ici. Revenir en tant que numéro un, c'est tellement excitant." New York, 2011, semble bien loin aujourd'hui.
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