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Denis Shapovalov : "L'épisode de la balle sur l'arbitre ? Dans un certain sens, cela m’a aidé"

"L'épisode de la balle sur l'arbitre ? Dans un certain sens, cela m’a aidé"

Le 01/09/2017 à 10:24Mis à jour Le 01/09/2017 à 10:52

US OPEN 2017 - Opposé à Kyle Edmund au 3e tour, vendredi sur le Arthur Ashe, Denis Shapovalov est à une victoire de disputer sa première "deuxième semaine" en Grand Chelem. C'était face au Britannique qu'il s'était fait connaître pour de mauvaises raisons en envoyant une balle sur l'arbitre de sa rencontre en Coupe Davis en début d'année. Mature, le Canadien a fait de cet épisode une force.

Denis Shapovalov ou l’art du rebond. Près de sept mois après son ubuesque disqualification lors du match décisif du premier tour de la Coupe Davis face à la Grande-Bretagne, le Canadien va retrouver un certain Kyle Edmund au troisième tour de l’US Open avec au bout de sa raquette la possibilité de se qualifier pour la première fois de sa carrière en "deuxième semaine" d’un Grand Chelem. Face au Britannique, le gaucher va définitivement refermer la page du premier gros couac de sa jeune carrière.

Kyle Edmund, c’est un peu à cause de lui que tout est arrivé. Mené deux manches à rien et un break par le Britannique en plein cœur de ce cinquième match couperet, disputé début février à Ottawa, Shapovalov avait littéralement craqué devant son public et un pays tout entier en expédiant de rage une balle dans l’œil de l’arbitre de chaise, le Français Arnaud Gabas, après avoir concédé un énième break. Sans possibilité de rebondir, il avait alors implosé.

Disqualification, élimination du Canada, amende de 7000 dollars, leçons de morale, mauvais message, Shapovalov avait vécu dans un tourbillon pendant plusieurs jours après cet incident qu’il avait immédiatement regretté. Cette balle envoyée involontairement sur un officiel aurait dû constituer pour un jeune joueur, pas encore entièrement stable psychologiquement, un véritable coup de massue. Par pour Shapovalov qui a décidé de retourner le mal en bien et d’en faire une leçon de vie. Et surtout, un moteur pour la suite. S'il a sorti une tournée sur gazon fructueuse, puis cette incroyable demi-finale devant son public à Montréal, il faut voir ce 5 février 2017 comme un point de départ grandeur nature.

" Je suis une personne totalement différente "

"Quand quelque chose d’aussi drastique vous arrive, vous vous devez de changer rapidement. Je ne savais pas du tout ce que je faisais", expliquait récemment Shapovalov au média canadien Sportsnet. "C’était mon deuxième mois en tant que professionnel. Cela m’a forcé à devenir plus mature très rapidement, plus rapidement que les autres. J’en suis où je suis aujourd’hui à cause d’un truc comme ça. J’ai accepté et j’ai décidé de continuer à avancer. Mais dans un certain sens, cela m’a aidé."

A nouveau interrogé sur cet épisode à Montréal, le Canadien avait sans problème abordé le sujet. "Je suis une personne totalement différente de celle que j’étais il y a six mois peut-être", avait souligné le 69e joueur mondial réputé pour avoir la tête sur les épaules chez lui au Canada. "C’est complètement fou de dire ça, mais dans le monde du tennis vous êtes forcés d’être mature très rapidement."

Si le Canadien est parvenu à redresser la barre très rapidement - un gros mois après l'incident il remportait au Canada à Drummondville son premier titre en Challenger - c’est grâce à un soutien de tous les instants de son entraîneur, Martin Laurendeau. Celui qui est également le capitaine de l’équipe de Coupe Davis l’a rapidement remis sur le bon chemin en accentuant sur l'approche mentale de la compétition à très haut niveau. Une donnée qui fait partie intégrante de la vie d'un sportif, et peut-être encore plus au tennis. Pour éviter une rechute, il a fallu prendre le taureau par les cornes.

L'arbitre Arnaud Gabas blessé par une balle de Denis Shapovalov lors de Canada - Grande-Bretagne en Coupe Davis 2017

L'arbitre Arnaud Gabas blessé par une balle de Denis Shapovalov lors de Canada - Grande-Bretagne en Coupe Davis 2017AFP

Un énorme travail sur le psychologique

"Le plus grand progrès qu'il a effectué pour moi est cet aspect mental et psychologique qu'il a dans son jeu. Dans tous les domaines, tactiquement, techniquement, physiquement, il s'est amélioré", avait détaillé Laurendeau à Montréal. "Mais sa plus grande amélioration a été la façon dont il s'est comporté en compétition. Comment il canalise et gère ses émotions. Il continue de découvrir cet aspect. Mais c'est un long chemin. Mais il a eu les résultats pour prouver ses progrès."

Devant la presse, le technicien avait longuement abordé la gestion de "l'après" par son poulain. "En ce qui concerne la façon dont il a vécu l'incident de février, je l'ai trouvé impressionnant et ce depuis le début" a-t-il expliqué. "Il a eu le même comportement qu'aurait eu une personne plus âgée et mature pour faire face aux conséquences de son geste. C'est encore plus impressionnant quand un adolescent gère cela comme il l'a fait. Il ne s'est jamais dérobé. La première chose qui lui est venu à l'esprit a été de s'excuser auprès de tout le monde. Il a compris les conséquences."

Le mot de la fin est pour Shapovalov, l'homme au mental en acier. “Je pense que moi et Martin on a travaillé extrêmement dur sur l’aspect mental de mon jeu. Je continue de progresser. Je pense que le progrès le plus important a été d'adapter ma personnalité à mon jeu." La transformation de Shapovalov est dans un certain sens remarquable. Quelques heures après l'incident, il avait confié que ce dernier aurait pu avoir un effet de non-retour sur lui. "Si les choses avaient mal tourné, je crois que je n'aurais jamais pu me le pardonner et je ne crois pas que j'aurais pu surmonter ça." Sept mois après, tout a changé et en bien. On appelle ça, une leçon de vie.

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