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Nadal sur les jeunes : "La surprotection n'est pas une bonne chose car elle les empêche de grandir"

Nadal sur les jeunes : "La surprotection n'est pas une bonne chose car elle les empêche de grandir"

Le 25/08/2019 à 08:05Mis à jour Le 25/08/2019 à 10:46

US OPEN – Rafael Nadal est le seul "teenager" (considéré comme les moins de 20 ans en tennis) à avoir soulevé un trophée en Grand Chelem depuis le début de ce siècle. Il est une exception. Selon lui, arriver au sommet aussi jeune n'est pas impossible mais, au-delà d'indispensables qualités hors normes, cela demande aussi un certain degré de préparation psychologique.

Rafael Nadal est un spécimen rare dans le contexte du XXIe siècle. Seul joueur à avoir remporté un tournoi du Grand Chelem à moins de 20 ans, l'Espagnol demeure un phénomène de précocité. Même si la NextGen pousse, nous ne sommes probablement pas près de voir un joueur de 19 ans et quelques jours sortir vainqueur d'un des quatre plus grands rendez-vous du circuit. Le regard que peut porter le Majorquin sur les clés d'un éventuel succès pour les futurs jeunes pousses n'est donc pas dénué d'intérêt.

Tout juste sorti de l'adolescence, Nadal a affiché toutes les qualités d'un vrai champion, y compris au plan mental. Pour lui, tout est une question d'équilibre. Certes, pour les enfants, il prône avant tout "le plaisir". "Pour eux, le plus important est de s'amuser, juge le Majorquin. Quand on est gamin, on doit s'amuser. Chaque jour. Toucher à plusieurs sports peut être utile, aussi."

Rafa Nadal en 2005

Rafa Nadal en 2005Getty Images

" On ne peut pas dire à un jeune 'OK, je vais te protéger des problèmes auxquels tu seras confronté à 17 ou 18 ans'"

En revanche, il prône dès l'adolescence une approche plus radicale. Le cocooning a ses limites. Un champion, ça se prépare, et un aspect de cette préparation tient à la capacité à affronter les difficultés multiples inhérentes à une carrière de haut niveau. Interrogé vendredi par un confrère qui lui demandait s'il était important de protéger les jeunes aspirants au plus haut niveau, Nadal s'est montré réservé : "La surprotection n'est pas toujours une bonne chose pour les jeunes car elle les empêche de grandir."

Selon lui, les problèmes finissent toujours par arriver et il est toujours mieux d'avoir anticipé au mieux l'inévitable. "La vie n'est pas toujours facile, poursuit l'Espagnol. Il faut être préparé aux moments difficiles. Si vous surprotégez les jeunes, quand ils feront face à des problèmes quels qu'ils soient, et dans la vie, ils ne seront pas préparés. On ne peut pas dire à un jeune 'OK, je vais te protéger des problèmes auxquels tu seras confronté à 17 ou 18 ans', ce n'est pas une bonne chose à mon avis. Cela ralentit leur développement."

" J'ai eu une vie très normale et ça aide"

La nouvelle génération est-elle, d'une manière générale, trop protégée ? Rafael Nadal ne va pas jusque-là mais, dans son cas, il estime que cette approche a contribué à l'aider à briller très tôt sur le circuit, même si ses aptitudes tennistiques et physiques ont évidemment joué un rôle majeur. "Mais je pense que c'est probablement une des raisons qui m'ont permis d'être compétitif dès les premières étapes de ma carrière", dit-il.

La maturation d'un champion demande un subtil dosage, dont Nadal parait avoir bénéficié à la perfection : le plaisir, la confrontation aux exigences de son futur métier, mais aussi, comme il aime à le rappeler, un contexte sain. "J'ai reçu une éducation normale, je n'ai pas été élevé comme une star. Je jouais juste avec mes amis dans la rue. J'ai eu une vie très normale et ça aide de grandir avec une éducation normale." Surtout pour devenir un champion, tout sauf normal, lui.

Rafael Nadal à l'entraînement avant l'US Open 2019.

Rafael Nadal à l'entraînement avant l'US Open 2019.Getty Images

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