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Trop haut trop tôt, la vraie Osaka revient au galop

Trop haut trop tôt, la vraie Osaka revient au galop

Le 02/09/2019 à 00:48Mis à jour Le 02/09/2019 à 18:22

US OPEN - Après une longue période de turbulences, la Japonaise semble avoir retrouvé le plaisir de jouer, et un niveau de jeu digne de son statut. Elle affronte lundi Belinda Bencic pour une place en quarts de finale.

Le 26 janvier dernier, Naomi Osaka terrassait Petra Kvitova en finale de l'Open d'Australie. La joueuse décrochait ainsi son deuxième Grand Chelem consécutif, et dans la foulée, s'installait sur le trône de la WTA, devenant la première Japonaise à accomplir une telle performance. A 21 ans, quelques mois seulement après avoir explosé aux yeux du grand public en triomphant à Indian Wells, elle était déjà au firmament de son sport. Cela ressemble déjà à une éternité.

Car depuis, plus rien. Ou presque. Entre février et la fin de l'été, la Japonaise aux services et coups droits dévastateurs était redevenue une joueuse lambda, enchaînant les performances plus que quelconques, ne cachant pas sa lassitude face à sa situation. Côté relationnel : une séparation plus que surprenante avec son coach Sascha Bajin, celui qui l'avait mené au sommet du tennis. Côté court : plus aucune finale à se mettre sous la dent, une élimination au 3e tour à Roland-Garros puis dès son entrée en lice à Wimbledon. Et des larmes en conférence de presse.

Naomi Osaka dans la tourmente à Wimbledon.

Naomi Osaka dans la tourmente à Wimbledon.Eurosport

La patronne du circuit semblait alors traîner sa peine sur les courts du monde entier, désorientée, et épuisée mentalement. "Je ne sais pas pourquoi je pleure, je ne sais pas pourquoi ça arrive. Je n'aime pas être au centre de l'attention. C'est difficile", avait-elle lâché entre deux sanglots après sa défaite contre Kristina Mladenovic à Dubaï.

Un trou noir de sept mois

Une sorte de burn-out. A seulement 21 ans ans, Naomi Osaka avait déjà connu beaucoup, sans doute trop vite. En quelques mois, elle était devenue une immense star dans son pays et dans le monde entier, avait dû apprendre à gérer la lumière des projecteurs braqués sur elle, et la pression de voir ses performances disséquées par la presse à chacun de ses matchs.

Ce drôle de trou noir de presque sept mois semble avoir enfin pris fin du côté de Flushing Meadows, à New York, dans cette ville si spéciale pour elle, où la joueuse est rentrée dans la cour des grandes en remportant son titre du Grand Chelem. Après une entrée en lice laborieuse contre Anna Blinkova, celle qui est désormais entraînée par Jermaine Jenkins (ancien partenaire d'entraînement de Venus Williams) a enchaîné par une victoire propre face à Magda Linette, avant de donner une leçon à la prodige américaine Cori Gauff (6-3, 6-0).

Vidéo - 6-3, 6-0 en 65 minutes : Osaka était (beaucoup) trop forte pour Gauff

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Une ambition retrouvée

Malgré la très forte compétition existant forcément entre les joueuses, on a senti que la Japonaise, à fleur de peau, avait ressenti de l'empathie pour sa jeune adversaire, voyant peut-être en elle le reflet de ses propres angoisses. "Je sais que vous les journalistes voulaient être bienveillants envers elle, a-t-elle déclaré en conférence de presse après la rencontre. Mais je trouve que la pression médiatique sur ses épaules est juste dingue pour son âge (15 ans)".

De la sympathie et de la compréhension donc. Mais qui ne lui fera surtout pas oublier une ambition et un niveau de jeu retrouvés. La n°1 mondiale l'a d'ailleurs affirmé après sa démonstration : "Je crois que je n'avais plus été aussi concentrée sur un match depuis l'Open d'Australie". Même s'il faudra le confirmer face à Belinda Bencic en 8e de finale, Naomi Osaka semble bel et bien de retour et le circuit peut trembler. Mais au vu de son charisme et de son jeu spectaculaire, le monde du tennis pourra difficilement s'en plaindre.

Vidéo - US Open - Osaka : "Je voulais que Gauff parte la tête haute"

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