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Dimitrov : "Je suis tombé tellement bas que je ne veux jamais retourner là-bas"

Dimitrov : "Je suis tombé tellement bas que je ne veux jamais retourner là-bas"

Le 04/09/2019 à 09:53Mis à jour Le 04/09/2019 à 12:58

US OPEN – Grigor Dimitrov ne gagnait plus un match, ou presque. En panne totale de résultats, le Bulgare a vécu une saison cauchemardesque et un été apocalyptique. Personne n'aurait misé un dollar sur lui à New York. Vainqueur de Roger Federer mardi, le voilà dans le dernier carré. Il revient de loin, et n'a surtout pas envie d'y retourner...

Une victoire, six défaites. C'était le bilan de Grigor Dimitrov depuis Roland-Garros en débarquant à New York. Un seul succès, contre Steve Johnson, à Los Cabos. Et cinq éliminations au premier tour. Sur l'ensemble de la saison, le Bulgare n'avait remporté que douze matches. Une misère. 75e à la Race, retombé à la 78e place au classement de référence, il faisait peine à voir. Comment ce joueur si doué, qui avait enfin concrétisé son potentiel il y a seulement deux ans en atteignant le podium mondial, en décrochant son premier Masters 1000 et en remportant le Masters, avait-t-il pu tomber si bas ? Sa déchéance fut un mystère. Sa résurrection en est un autre.

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Vu de l'extérieur, en tout cas. Car Grigor Dimitrov, lui, avait l'impression d'être dans le vrai ces derniers temps. Non, il ne s'imaginait pas en demi-finaliste de l'US Open. Quand, fin juillet, il a chuté d'entrée à Atlanta contre le 405e joueur mondial, Kevin King, il se voyait nulle part. Mais il entrevoyait des signes. Des branches auxquelles se raccrocher. Surtout, il n'a jamais renoncé. "Même si je perdais des matches accrochés ou que je subissais des défaites dures à avaler, j'ai continué de croire en mon travail, de contrôler tout ce que je pouvais contrôler, a-t-il expliqué mardi soir après avoir terrassé Roger Federer en cinq sets. Petit à petit, je trouvais que des choses se remettaient en place."

" Ça a été une sale période, je ne vais pas mentir"

Par moments, c'est vrai, on apercevait des bribes de l'ancien Dimitrov. Comme à Cincinnati, lors de son dernier match avant l'US Open. Une défaite, donc encore. Avec mal aux gencives garanti : 7-6 au troisième set. Mais il n'avait pas mal joué et s'était battu comme un chien, effaçant un double break de retard dans la dernière manche. C'était, au moins, le témoignage de son abnégation. Comme s'il disait : "je me prends des hallebardes sans discontinuer, mais je vais rester là, debout, à guetter l'éclaircie qui finira bien par arriver."

Federer et Dimitrov

Federer et DimitrovOther Agency

Mais il ne le cache pas, il en a bavé ces derniers mois. "Ça a été une sale période, je ne vais pas mentir", admet-t-il. Il a cumulé tous les cauchemars possibles du joueur professionnel. "La blessure à l'épaule, la rééducation, la perte des sensations, les défaites, la perte des points, ma chute au classement..., énumère le Bulgare. Les six, sept derniers mois ont vraiment été pénibles à vivre. Je suis tombé tellement bas que je ne veux jamais retourner là-bas. J'avais heureusement ma famille et mes amis pour me soutenir. J'ai dû me réajuster à tout un tas de choses et le faire très vite. Mais le temps passait, et je voyais la fin de saison arriver..."

" Je sais que ça va vous paraitre bizarre mais, pour moi, vraiment, c'était juste un match comme un autre"

Ce qu'il n'a pas vu arriver, et nous non plus, c'est ce qu'il convient d'appeler le miracle de Flushing. Un début de tournoi piano, un forfait pour avancer gratis (Borna Coric, au 2e tour), puis ce huitième de finale convaincant, très convaincant même, face à Alex De Minaur. Il aurait fallu écouter plus attentivement l'Australien quand, après ce match, avait dit : "aujourd'hui, c'était le retour de l'ancien Grigor, malheureusement pour moi." Mais de là à battre Roger Federer, évidemment, la prise d'altitude pouvait apparaitre bien trop grande, bien trop tôt. Mais non.

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Pendant ce quart de finale, deux choses ont sauté aux yeux de tout le monde : Federer était à côté de son tennis, et Dimitrov était totalement libéré. Lui qui a si longtemps joué pour défendre quelque chose depuis sa superbe campagne 2017 (des points, sa place, son nouveau statut), a semblé libéré, pour la première fois depuis longtemps. Il a joué, tout simplement. Ce qu'il dira, à sa manière, après la rencontre : "je sais que ça va vous paraitre bizarre mais, pour moi, vraiment, c'était juste un match comme un autre." Malgré le Ashe. Malgré l'enjeu. Malgré l'adversaire. Un match, juste un match.

Le symbole de l'interminable jeu perdu

Ce match-là, il l'a gagné et il aurait pu le perdre, mais il s'y est senti à l'aise du premier au dernier point. "Je me sentais présent, dès le début, assure-t-il. Je savais ce que j'avais à faire et je n'ai jamais perdu cette ligne de conduite de vue. Bien sûr, j'ai été un peu nerveux par moments, au début notamment, mais je ressentais quand même un certain confort, j'étais presque détendu." Le symbole de tout ça ? L'interminable jeu du 4e set, à 4-2, où il a obtenu, en vain, cinq balles de double break sans pouvoir concrétiser. Cela aurait pu devenir un tournant. Il aurait pu coincer derrière au moment de servir. Mais non. Il raconte : "J'étais très content, même si j'avais perdu ce jeu. J'avais le sourire en regagnant ma chaise parce que je me disais que ce jeu allait lui faire mal physiquement. Et moi je me sentais bien. Il m'a presque conforté, ce jeu. J'ai transformé le négatif en positif."

Rien ne l'a atteint, finalement. Ni la perte du premier set ni les quelques fulgurances de Federer. Pas même la blessure du Suisse, qui aurait pu le perturber. Mais non. "J'ai vu, bien sûr, qu'il était moins bien, il avait du mal à bouger, admet le Bulgare. Mais je ne pensais qu'à appuyer sur l'accélérateur, continuer à jouer du bon tennis, à bien frapper la balle. Et ça m'a conduit jusqu'à la ligne d'arrivée." De son match. Car la ligne d'arrivée du tournoi, elle, est encore devant lui. Contre toute attente. Mais mardi soir, il ne pensait pas à la suite. "Vendredi, c'est loin, sourit Dimitrov. Là, déjà, je vais passer une bonne journée demain (mercredi)." On le croit sur parole.

Grigor Dimitrov

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