Il faisait presque figure de petit poucet dans ce carré d'as avec le meilleur joueur du monde et ses deux principaux outsiders déjà rompus à ce type de matches. Félix Auger-Aliassime, benjamin en âge et en expérience parmi les quatre derniers prétendants au titre, a pu mesurer vendredi sur le court Arthur-Ashe tout ce qui le séparait encore d'un joueur comme Daniil Medvedev. Battu en trois sets (6-4, 7-5, 6-2) par le numéro 2 mondial, le Canadien a vu son (excellent) tournoi s'arrêter de façon brutale. Comme prévu, serait-on tenté d'écrire.
Il n'a pas trop de regrets à nourrir ni de "Et si" à mettre sur la table. Un, tout de même. Après avoir breaké, Auger-Aliassime s'est retrouvé à eu deux balles de set sur son service à 5-3. Tout allait si bien pour lui depuis une vingtaine de minutes. Il était sur le point de revenir à une manche partout. Puis, Medvedev en a remis un peu plus et le Québécois a explosé, perdant son service, cinq jeux de suite, ce fameux deuxième set, et même le match puisque chacun, lui le premier, avait bien compris qu'à deux sets zéro, les carottes étaient cuites.
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C'est vraiment dommage de ne pas avoir réussi à plier ce deuxième set

Medvedev a renvoyé Auger-Aliassime à ses études : le résumé du match

"C'est vraiment dommage de ne pas avoir réussi à plier ce deuxième set, a-t-il regretté. J'avais fait ce qu'il fallait. Je menais 5-2, un break d'avance, je jouais aussi bien que possible. Mais contre un joueur comme lui, on ne peut pas se permettre de perdre sa concentration et faire des fautes, ce que j'ai fait à la fin du deuxième set. Il en a profité et je n'ai plus eu la moindre opportunité après."
Mais il l'admet, même en gagnant cette manche, le chemin aurait encore été très long : "Cela aurait été compliqué de remporter deux sets de plus, mais au moins je me serais donné une chance, et ça aurait été plus satisfaisant (que de perdre en trois sets, NDLR)." Plus encore que le résultat, c'est donc la manière, et ce sentiment de ne pas avoir vraiment existé, qui contrarie le protégé de Frédéric Fontang et Toni Nadal. Au fond, était-il lui-même convaincu de pouvoir gagner cette demi-finale ? La force de conviction, différente de l'excès de confiance, est primordiale dans une rencontre de ce type. En dehors de ce bref épisode du deuxième set, Medvedev a eu en permanence une tête de vainqueur vendredi. Auger-Aliassime, beaucoup moins.
La marche était donc encore trop haute et l'adversité trop forte pour que le jeune padawan de Montréal puisse espérer se rapprocher davantage des étoiles. Malgré ce dénouement un peu abrupt, cette quinzaine new-yorkaise restera une indéniable réussite pour Félix Auger-Aliassime. Wimbledon lui avait déjà permis de franchir un cap en atteignant pour la première fois les quarts de finale d'un Grand Chelem, avec au passage une victoire sur Alexander Zverev. A New York, il a donc avancé d'un cran supplémentaire.

Daniil Medvedev a quelques mots de réconfort pour Félix Auger-Aliassime après leur demi-finale.

Crédit: Getty Images

Elève doué, en progrès, mais peut encore mieux faire

Jeune homme très lucide sur lui-même du haut de ses 21 ans, il ne minimise ni la portée du chemin accompli ni celle du chemin restant à parcourir. "C'est dur de perdre, mais j'ai toujours essayé d'accepter la réalité dans ma carrière, a-t-il résumé vendredi en sortant du court. J'aurais adoré gagner, mais je n'en ai pas été capable. Il faut l'accepter et repartir au travail. Je peux faire mieux, et je suis sûr que je ferai mieux. Mais ça reste une semaine très positive. Une finale, ça aurait été encore mieux, mais les choses vont dans le bon sens."
Lundi, Félix Auger-Aliassime pointera à la 11e place du classement ATP, le meilleur classement de sa jeune carrière, à seulement une centaine de points du Top 10 qu'il devrait intégrer d'ici peu. "Bien sûr que c'est important, admet-il. Avec ma demi-finale ici, je me retrouve en bonne position pour atteindre cet objectif." Comme toujours, le classement est une conséquence, une récompense, plus qu'une fin en soi. Son été concrétisera bientôt ce cap symbolique, mais il fait remonter son embellie quelques mois plus tôt. "Franchement, toute la saison, j'ai eu l'impression de bien jouer. Les résultats n'étaient pas toujours là, mais j'étais convaincu de produire du bon tennis et qu'en insistant, ça finirait par venir."
Avec la carotte d'une qualification pour le Masters (il pointe à la 10e place, et même virtuellement la 9e puisque Rafael Nadal, 7e, a mis un terme à sa saison), le Canadien a tout pour vivre un dernier trimestre très excitant. L'important pour lui sera d'entretenir cette dynamique jusqu'à la fin de la saison. Pour avoir le sentiment d'avancer, encore. S'il y parvient, alors peut-être que de belles choses l'attendront lors du prochain Grand Chelem, en Australie. D'ici là, on a envie de lui adresser les encouragements, doublés de cette appréciation : élève très doué et en nets progrès. Mais peut encore mieux faire.
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