Diversité, émotion, modernité : c’est ce slogan que Patrick Mouratoglou espère incarner avec l’Ultimate Tennis Showdown (UTS), la ligue qu’il lance ce samedi 13 juin dans son académie dans le sud de la France. Son premier volet, l’UTS 1, se déroulera sur cinq semaines avec dix matches à l’affiche chaque weekend (cinq le samedi et cinq le dimanche) donc 50 en tout. Lors d’une conférence de presse, le coach de Serena Williams en a expliqué les tenants et les aboutissants, dévoilant des règles pour le moins originales qui tranchent totalement avec les circuits ATP et WTA.

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Le format : des matchs de poule puis à élimination directe le dernier week-end

Les quatre premières semaines, les dix joueurs engagés – Dustin Brown, Benoît Paire, Lucas Pouille, Richard Gasquet, David Goffin, Alexei Popyrin, Feliciano Lopez, Matteo Berrettini, Stefanos Tsitsipas et Dominic Thiem (remplacé par Elliot Benchetrit ce weekend) – s’affronteront dans une phase de poules à l’issue de laquelle les six premiers seront qualifiés pour les parties à élimination directe : les deux premiers directement pour les demi-finales et les quatre suivants pour les quarts de finale. Ces matchs couperets auront lieu lors du cinquième et dernier weekend de compétition qui désignera le vainqueur de cet UTS 1, avant que la semaine suivante un UTS 2 ne soit lancé.

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Adieu les sets, place aux quart-temps de dix minutes

Mais cette conférence de presse a surtout servi à dévoiler les règles de l’événement qui se démarquent de la tradition du jeu de tennis. Partant du constat que les formats de consommation modernes vidéo sont courts et que les jeunes spectateurs ne restent plus des heures devant la télévision en continu (le fan de tennis moyen aurait 61 ans selon des études récentes), Mouratoglou a décidé de limiter la durée des parties. Adieu les sets, les jeux et le décompte traditionnel des points (15-30-40-égalité-avantage), place à quatre quart-temps de dix minutes chacun (sur le modèle de la NBA ou presque) au cours desquels chaque joueur aura deux services d’affilée. Il y aura deux minutes de pause entre deux quart-temps.

Un cinquième quart-temps avec mort subite en cas d'égalité

Celui qui aura le plus grand nombre de points à l’issue des dix minutes de jeu remportera le quart-temps. Et le premier des deux joueurs à remporter trois quart-temps s’imposera. En cas d’égalité à deux quart-temps partout, un cinquième quart-temps sera lancé avec le principe de la mort subite. Les deux joueurs serviront alors à tour de rôle et le premier qui remportera deux points d’affilée s’adjugera la victoire, si bien qu’après le premier point joué, il n’y aura que des balles de match.

Un temps mort coaching par quart-temps et par joueur

Dans ce cadre, Mouratoglou a voulu aussi expérimenter ce qui constitue l’un de ses chevaux de bataille : le coaching. L’entraîneur de chaque joueur disposera d’un buzzer qu’il pourra actionner une fois par quart-temps. Il disposera alors de 30 secondes pour parler à son protégé et lui donner des conseils sur le plan tactique. Chaque coach sera équipé d’un micro pour que les téléspectateurs puissent l’entendre et devra s’exprimer en anglais.

Des cartes UTS pour ménager le suspense

Une dernière innovation devrait faire beaucoup parler : les cartes UTS. Avant un match, chaque joueur disposera de quatre cartes lui donnant la possibilité de mettre en difficulté son adversaire : lui enlever son second service ou marquer trois points d'un coup si on frappe un coup gagnant par exemple (un peu à la manière du mille-bornes, le jeu de société). Il pourra en utiliser deux par quart-temps dont le choix sera réservé préalablement à son coach. L’idée est ainsi de maintenir le suspense le plus longtemps possible et de les utiliser au moment stratégique.

Enfin, les joueurs disposeront de 15 secondes entre chaque service de manière à maximiser le temps de jeu. Ils seront amenés à interagir avec les téléspectateurs par l’intermédiaire de casques et le code de conduite sera allégé. Seule l’insulte et la violence physique seront évidemment bannies mais il sera permis aux protagonistes d’échanger entre eux, quitte à essayer de déstabiliser psychologiquement l’adversaire. L’objectif avoué ? Permettre aux personnalités de s’affirmer, ce qui manque au tennis depuis les années 1980 selon Mouratoglou.

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