Victoria Azarenka possède quelques beaux souvenirs à Melbourne, où elle a remporté ses deux titres en Grand Chelem, en 2012 et 2013. Sans aucun doute, cette édition 2021 sera particulière aussi pour la Biélorusse, qui compte parmi les 72 joueurs et joueuses totalement confinés après s'être trouvée dans un avion où des passagers ont été testés positifs à la Covid-19.
Pour le nouveau format d'Eurosport, Player's Voice, la finaliste du dernier US Open raconte comment la pandémie du coronavirus l'a obligée à appuyer sur le bouton "pause" et comment elle s'en est servie pour s'ouvrir de nouvelles perspectives après avoir surmonté plusieurs difficultés dans sa vie personnelle et professionnelle.
La quarantaine n'a pas été une expérience très drôle. Je ne peux pas dire que c'est quelque chose que j'aimerais vivre à nouveau. Mais la situation est ce qu'elle est. Cela fait partie de cette expérience et du défi que nous devons tous relever.
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Si j'ai écrit ma lettre ouverte à la communauté du tennis la semaine dernière, c'est parce que j'ai pensé que c'était important de partager ce que je ressentais, et aussi d'exprimer le sentiment de beaucoup d'autres joueurs sur la situation que nous vivons. Je crois que tout devenait un peu incontrôlable, je sais que c'est une période très dure émotionnellement pour tout le monde. Donc je souhaitais juste m'adresser aux gens avec qui je ne pouvais pas être en contact direct.
La quarantaine m'a obligé à être créative. J'ai utilisé ce temps libre forcé pour m'investir dans certains projets que je souhaite mener à leur terme ou que je veux créer, comme ma série de podcasts avec la WTA, Think About It. Je veux donner la parole aux gens, apprendre de leur expérience. Rien ne m'intéresse plus que d'en apprendre sur les autres. J'ai voyagé à des endroits où je ne connaissais personne. Je veux rencontrer des gens, m'ouvrir à eux et apprendre d'eux et c'est pour cela que je voulais monter cette émission.
Tout le monde a sa propre histoire, chacun a dû surmonter des problèmes, a connu l'adversité. Je pense même que c'est ce qui relie les gens entre eux. Parfois, le sport professionnel est un milieu très fermé. Avec les médias, il est difficile de s'ouvrir et d'être authentique, parce qu’il y a toujours la crainte d’être jugé. Ce n’est pas simple de mener une discussion franche et ouverte pour exprimer qui nous sommes vraiment et ce que nous vivons.
Par exemple, vous pouvez être réticent à dire 'J'ai peur parfois quand je suis sur le terrain', car vous craignez d'exposer vos faiblesses. Mais ça ne veut pas dire que votre adversaire ne ressent pas la même chose, parfois. Simplement, il ne va pas l'admettre. Moi, je trouve qu'il y a une forme de grandeur à le dire. Afficher sa vulnérabilité, quelque part, c'est une force. Chaque personne peut être une source d'inspiration. Inspirer, c'est toujours ce que j'ai préféré faire.
Si je regarde en arrière vers 2020, je pense que la Covid m'a obligée à faire pause et à faire le point. A mon avis, il était inévitable que la pandémie nous force à nous regarder dans la glace, savoir ce que nous voulons faire, où nous voulons aller. Pour moi, ce processus, c'était une façon de grandir.

Victoria Azarenka

Crédit: Getty Images

Pour tout le monde, tout a changé ou presque. Il faut s'adapter à ce qu'il se passe dans le monde. Je pense que j'ai pris cette période comme une opportunité de voir les choses différemment et, franchement, j'aurais aimé en être capable plus tôt. Arrive une période dans votre vie où, soit vous décidez d'aller de l'avant, soit vous vous laissez entraîner dans une spirale négative. Tout le monde connait ça, traverse des moments délicats. C'est un cycle naturel. Ensuite, la question est celle de la capacité à persévérer.
Pour moi, 2020 a d'abord été une année très dure et un peu effrayante. Je n'avais pas de mot magique, je n'ai pas claqué des doigts pour que tout s’arrange d'un seul coup. C'est un ensemble de petites choses qui m'ont permis de regarder devant moi et de changer d'état d'esprit.
A New York, à cause du protocole sanitaire, je suis restée avec mon équipe pendant environ deux mois et demi. Et c'est là que tout s'est mis en place pour moi (elle a remporté le tournoi de Cincinnati, disputé à Flushing Meadows, avant d'atteindre la finale de l'US Open, NDLR). J'étais livrée à moi-même et j'ai pris ça comme un challenge à relever. Personne ne pouvait rien pour moi, de toute façon. Quand j'ai vu que les gens étaient surpris par mon attitude, comme s'ils disaient "Wow, quel changement chez elle!", je me suis dit que j'avais fait les bons choix.
Mais ce n'est pas aussi simple que ça en a l'air. C'est ce qui me plait d'ailleurs dans l'introspection, et le fait d'essayer d'avancer. Il est plus confortable de rester dans sa routine, en essayant de faire mieux ce qui, pourtant, ne marche pas, que de tenter de changer véritablement les choses. Pour en arriver là, j'ai dû comprendre beaucoup de choses.

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Concernant l'Open d'Australie, quarantaine ou pas, mon degré de motivation n'a pas baissé. Ça va être une période très excitante. Les fans seront là et j'adore le public australien, qui est très connaisseur. Ça va être chouette. Je suis consciente que tout sera un peu différent par rapport aux autres années, parce que la pandémie est toujours là. Il y a beaucoup de précautions, un protocole. Mais ça va tout de même faire du bien de rejouer devant du public, d'être connectée au monde extérieur de façon un peu plus libre. Il y a tellement longtemps que je n'ai pas vécu ça que je ne suis même pas sûre de me souvenir ce qu'était la vie "normale" d'un tournoi.
Il dit "Je veux être comme maman, je veux jouer comme maman"
Après, au-delà de l’Australie, cette année, une des choses que j'ai vraiment très envie de vivre, ce sont les Jeux Olympiques, avec mon fils. Ce sera très spécial pour moi de partager ça avec lui. Il est désormais en âge de comprendre davantage de choses autour de lui. J'ai hâte que ça arrive.
Quand il me voit jouer à la télé, c'est marrant de voir comment il réagit. Il n'a pas tout à fait conscience de tout, il sait juste que je joue au tennis. Un des moments les plus mignons que j'ai vécu avec lui, c'est quand, en arrivant à son cours de tennis, il a dit : "Je veux être comme maman, je veux jouer comme maman." C’était très touchant.
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