Chacun son tour. A Roland-Garros, Rafael Nadal et Novak Djokovic, chacun à leur façon, avaient l'occasion d'écrire une page significative de l'histoire du tennis. A Wimbledon, c'est Roger Federer qui voit s'ouvrir devant lui une perspective historique d'importance. S'il soulève le célèbre trophée doré dans deux semaines, le Suisse s'offrira deux records majeurs pour le prix d'un. Il égalera le record de victoires à Wimbledon avec sept titres et celui du nombre de semaines passés à la première place mondiale, puisqu'il grimpera automatiquement de deux crans pour reprendre le pouvoir. Dans les deux cas, il rejoindra Pete Sampras.
Ce ne sera pas l'un ou l'autre. Ce sera tout ou rien. Ou il gagne et redevient numéro un mondial, ou le titre lui échappe et il laissera Djokovic ou Nadal au sommet. Il n'y a donc pas à choisir. Mais s'il le pouvait, Federer prendrait le titre. "Numéro un, c'est une sensation sympa. Chaque matin quand vous vous levez, vous savez que vous êtes le meilleur dans quelque chose", sourit le Bâlois. Mais rien ne remplace l'impact d'une victoire en Grand Chelem. "Ce sont elles qui nous excitent vraiment, confirme-t-il. J'ai été numéro un par le passé et c'est super, mais on vit pour les trophées, ce sont eux qui nous intéressent d'abord. C'est parce que vous gagnez des titres que vous montez au classement, pas le contraire." Le classement est une conséquence, pas un but en soi.
"Wimbledon reste un endroit unique"
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Federer aurait deux bonnes raisons de savourer de façon toute particulière une victoire à Wimbledon. D'abord pour rejoindre Sampras, donc. "Egaler Pete serait absolument fantastique. Je l'admirais beaucoup quand j'étais jeune", rappelle-t-il. D'autre part, il ne faut pas oublier que le Suisse n'a plus connu la victoire dans un tournoi majeur depuis trente mois. En deux ans et demi, il n'a même disputé qu'une seule finale lors des neuf dernières levées du Grand Chelem. Et s'il y a un endroit où Federer aimerait mettre fin à cette disette, c'est ici et pas ailleurs. "Je rêve du titre. Je ne peux pas le nier, avoue le numéro trois mondial. J'ai joué dans tous les plus grands tournois, mais Wimbledon, pour moi, reste un endroit unique."
Pour que ce rêve (re)devienne réalité, Federer n'ignore pas qu'il devra produire autre chose que ces deux dernières années, où il a disparu dès les quarts de finale. Curieusement, c'est d'ailleurs le seul tournoi majeur où il n'a pas atteint le dernier carré depuis l'été 2010. "Je dois faire mieux, confirme-t-il. J'aurais pu aller plus loin ces deux dernières années. J'ai peut-être été un peu malchanceux parfois. Peut-être que les autres étaient tout simplement meilleurs ou que je n'étais pas à mon meilleur niveau. On ne sait jamais comment les choses se combinent." Mais il arrive confiant. Son échec en finale à Halle face à Tommy Haas ne l'a pas affecté. Il a suffisamment gagné ces neuf derniers mois pour croire en lui. "Tout s'est très bien passé, assure-t-il. Je ne suis pas fatigué du tout. Tout est en place dans mon jeu et physiquement je ne suis gêné par aucune blessure." Federer a deux semaines pour refaire de Wimbledon son jardin et le trône sa propriété. Est-il encore à la mesure de ces deux défis, immenses?
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