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Kevin Anderson qualifié pour la finale après sa victoire folle sur John Isner en cinq sets

Un marathon dantesque et Anderson verra la finale

Le 13/07/2018 à 20:47Mis à jour Le 13/07/2018 à 21:25

WIMBLEDON - Kevin Anderson est en finale de Wimbledon. Au terme d'un match ultra accroché, le Sud-Africain a dominé John Isner en cinq sets (7-6, 6-7, 6-7, 6-4, 26-24) et 6h36 de jeu. Anderson s'offre sa deuxième finale de Grand Chelem après l'US Open 2017 et pourrait s'offrir une possible revanche contre Rafael Nadal, si l'Espagnol domine Novak Djokovic.

48 heures après avoir signé la victoire de sa carrière contre Roger Federer, Kevin Anderson a remporté vendredi le match le plus improbable de sa vie. Cinq sets, six heures et trente-six minutes de jeu, dont quasiment trois heures pour la seule dernière manche, qui s'est étirée sur... 50 jeux. Puis, finalement, au bout du suspense et de l'effort, Anderson a signé le break salvateur à 24-24, le tout premier de cette manche décisive, avant de conclure. Il n'a même pas eu la force de lever les bras. Il n'en pouvait plus mais, Isner, était encore plus cuit que lui.

Appelez-le Kevin le survivant, en tout cas. Face à Federer, il avait sauvé une balle de match et servi sept fois pour rester dans le match. Cette fois, il n'a jamais été aussi près du précipice mais, a été contraint à nouveau de courir derrière son adversaire au score dans le 5e set, puisque John Isner avait eu l'avantage de servir en premier, Anderson a dû remporter vingt fois sa mise en jeu, de 4-5 à 23-24. Vingt fois, il a tenu, ce qui en dit quand même très long sur les ressources psychologiques du Sud-Africain.

Dans quel état en finale ?

Personne ne pourra dire qu'il n'a pas mérité sa place en finale de ce Wimbledon. Il décroche là sa deuxième finale de Grand Chelem sur les quatre derniers, comme un témoignage de l'évolution remarquable de ce joueur, qui, à 32 ans, intègrera lundi le Top 5 pour la première fois de sa carrière. John Isner, lui, se souviendra de sa toute première demi-finale majeure. Il est passé à deux points de la finale et va devoir digérer cette déception, aussi bien physiquement que mentalement. Maigre consolation, il est désormais impliqué dans les deux plus longs matches de l'histoire du Grand Chelem puisque, si cet Isner-Anderson est resté loin des quelques 11 heures du Isner-Mahut de 2010, il aura duré plus longtemps que n'importe quelle autre rencontre dans un Majeur...

Avant ce dénouement hors normes, le public du Centre court avait eu droit au match attendu : une énorme bataille de serveurs. Il n'y aura d'ailleurs eu que 15 balles de break sur l'ensemble de la partie (dont 11 pour Anderson). Isner a d'abord gagné la guerre des tie-breaks. Kevin Anderson avait empoché le premier, John Isner les deux suivants. L'Américain avait survécu à son premier break du tournoi dans la troisième manche. Anderson avait trouvé le moyen de se faire débreaker dans la foulée, avant de manquer une balle de set sur son service dans le tie-break, en commettant une double faute. Mené deux sets à un après avoir lâché une manche qui lui avait à ce point tendu les bras, le Sud-Africain aurait pu attraper un bon mal de crâne.

Après les efforts fournis mercredi face au tenant du titre, on pouvait se dire que, cette fois, ça allait être trop pour lui. Mais non. Il s'est accroché, encore et toujours et, s'il lui a fallu deux breaks dans le quatrième set pour faire la différence, il a eu le dernier mot (6-4). Puis ce fut la longue procession vers un dénouement incertain, aussi bien quant à l'identité du vainqueur que pour l'heure de la conclusion. Reste maintenant à savoir si Kevin Anderson sera en mesure de défendre pleinement ses chances dimanche en finale. Physiquement, c'est une vraie interrogation. Dans la tête, en revanche, vous pouvez être certain qu'il ne cèdera rien. Il a bien mérité qu'on lui fasse crédit de ça, au vu de ses deux derniers matches...

John Isner et Kevin Anderson ont joué le deuxième match le plus long de l'histoire du Grand Chelem.

John Isner et Kevin Anderson ont joué le deuxième match le plus long de l'histoire du Grand Chelem.Getty Images

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