Nick Kyrgios - Ugo Humbert

1er tour, simple messieurs
Quand elle est sortie du chapeau pour ainsi dire, l’affiche a fait l’effet d’une petite bombe. Nick Kyrgios et Ugo Humbert avaient livré un duel épique au 2e tour de l’Open d’Australie en février. Mené deux sets à un, l’Aussie avait enflammé la John Cain Arena en sauvant deux balles de match dans la 4e manche avant de s’imposer au bout du suspense. Un souvenir aussi extraordinaire que frustrant pour le Français, emporté par une ambiance digne de l’ancien format de la Coupe Davis qui tranchait avec le huis clos devenu depuis quelques mois la règle ou presque à cause de la pandémie.
Wimbledon
Deux matches sous investigation pour d'éventuels paris suspects
14/07/2021 À 14:40
Vainqueur à Halle et très en confiance sur gazon malgré son forfait à Majorque (intoxication alimentaire), Humbert rêvait certainement d’un tirage plus clément. Ambitieux à Wimbledon après son huitième de finale il y a deux ans, il sait que ses projets peuvent être contrariés d’entrée par un joueur aussi talentueux et explosif au service que Kyrgios. Mais il a aussi gagné le respect de l’Australien qui n’avait pas tari d’éloges sur lui après leur duel à Melbourne. "Ugo, pas encore, mec", s’est-il même exclamé sur Twitter. D’ailleurs, le facétieux Nick n’a plus disputé le moindre match depuis l’Open d’Australie et manquera certainement de rythme et de repères. L’occasion sera donc belle pour le Messin de prendre sa revanche.

Alizé Cornet - Bianca Andreescu

1er tour, simple dames
Elle est l’une des rares Françaises à débarquer au All England Club avec de bonnes sensations. Alizé Cornet a très vite tourné la page après son élimination dès le 1er tour à Roland-Garros et mis à profit cette mini-transition sur gazon pour accumuler les matches et les performances. A Berlin, elle a ainsi atteint sa première demi-finale sur la surface, elle n’avait d’ailleurs plus été dans le dernier carré d’un tournoi WTA depuis deux ans. Et au passage, elle a dominé Bianca Andreescu (7-6, 7-5) qui lui fera donc face d’entrée à Wimbledon.
Si le défi s’annonce immense face à la tête de série numéro 5 du tournoi, cette victoire récente sur herbe devrait aider psychologiquement Cornet dans l’approche de la partie. Andreescu a beau compter un titre du Grand Chelem à son palmarès (US Open 2019), elle ne traverse pas la période la plus faste de sa carrière. Également sortie d’entrée à Paris par Tamara Zidansek, elle reste sur 3 défaites consécutives et s’est séparée récemment de son coach Sylvain Bruneau. La Canadienne manque également de références sur gazon avec un 1er tour joué seulement en 2017 pour sa seule précédente participation. Indéniablement, Cornet devrait avoir un coup à jouer, le match peut valoir le détour.

Alizé Cornet à Berlin en 2021

Crédit: Getty Images

Sloane Stephens - Petra Kvitova

1er tour, simple dames
Il n’y a pas si longtemps, ce match aurait pu constituer l’affiche d’une finale de Grand Chelem. D’ailleurs, les deux joueuses possèdent la particularité d’avoir accroché au moins un Majeur à leur palmarès : Sloane Stephens sacrée à l’US Open en 2017 et Petra Kvitova titrée à… Wimbledon justement entre 2011 et 2014. Depuis l’Américaine, désormais 69e joueuse mondiale, s’est un peu perdue, tandis que la grande Tchèque brille par son intermittence. Oui mais voilà, les deux joueuses ne manquent pas de talent, ni d’une capacité assez déroutante à faire avancer vite la balle sans effort apparent.
Si elles sont bien lunées, on peut donc s’attendre à quelques échanges d’anthologie. Couronnée deux fois au All England Club et tête de série numéro 10, Kvitova part tout de même avec une longueur d’avance a priori, d’autant qu’elle semble bien jouer à Bad Homburg cette semaine (actuellement en demi-finale). Mais Stephens a donné signe de vie à Roland où elle a atteint la seconde semaine (même si elle a été écrasée par la future championne Krejcikova en huitième) et mène 2-1 dans leurs duels. Ce premier affrontement sur gazon peut donc faire quelques étincelles.

Andy Murray - Nikoloz Basilashvili

1er tour, simple messieurs
Quatre ans après, le prophète est de retour en son pays. La dernière fois que le public du Centre Court avait vu Andy Murray seul en action, c’était un jour de juillet 2017. Alors toujours numéro 1 mondial mais déjà claudiquant, il avait cédé en cinq sets en quart de finale malgré un vaillant combat face à Sam Querrey. Cette défaite a marqué le début d’une longue et lente descente aux enfers en raison d’une hanche récalcitrante jusqu’à sa lourde opération début 2019. Quelques mois plus tard, il avait joué à Wimbledon mais seulement en double mixte avec Serena Williams.
Cette fois donc, Murray est bien de retour en simple grâce à une wild-card car son classement (119e joueur mondial) ne lui permettait pas d’intégrer directement le grand tableau. Bien que loin de son meilleur niveau, il s'est battu au Queen’s où il est apparu très ému après une victoire sur Benoît Paire. Vaillant, il n’a pas fait le poids au tour suivant contre Matteo Berrettini, le futur champion. Clin d’œil du destin : son adversaire Nikoloz Basilashvili sera tête de série 24 comme… Sam Querrey il y a quatre ans. Face à un joueur aussi puissant mais imprévisible que le Géorgien, récent demi-finaliste à Halle, sa tâche sera difficile. Mais avec le soutien du public et sa science du jeu sur gazon, "Muzz" fera tout pour s’en sortir. L’atmosphère devrait être électrique.

Des jambes de feu, des coups tranchants : Murray a eu raison de la finesse de Paire

Roger Federer - Richard Gasquet

2e tour, simple messieurs
Nous entrons désormais dans le domaine de la projection et des suppositions, voire du souhait. Deux des joueurs préférés des puristes du revers à une main pourraient se retrouver pour ce qui aurait de grandes chances d’être leur dernier duel en Grand Chelem, l’âge avançant. Si Roger Federer se défait d’Adrian Mannarino et que Richard Gasquet prend le meilleur sur Yuichi Sugita au 1er tour, le Suisse et le Français croiseront donc le fer pour un match d’esthètes sur le gazon anglais. Un mois après avoir bataillé sur le court Philippe-Chatrier face à Rafael Nadal également au 2e tour, le symbole serait fort pour le natif de Béziers.
Régulièrement embêté par des soucis physiques, Gasquet a dû déclarer forfait par précaution à Eastbourne cette semaine. Il avait auparavant passé quelques tours en Challenger. Quant à Federer, il a gagné un match à Halle avant de s’incliner face à Félix Auger-Aliassime dans un match en montagnes russes. On en sait finalement assez peu sur l’état de forme du Bâlois même s’il s’est rassuré quant à sa capacité à tenir sur le format long à Roland-Garros. Le bilan déséquilibré de leurs confrontations (18-2 et 4-0 en Grand Chelem pour Federer) laisse a priori peu de place au doute quant au résultat si les physiques tiennent. Mais quatorze ans après leur demi-finale sur le Centre Court, une telle affiche inspirerait une plaisante nostalgie.

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Corentin Moutet - John Isner

2e tour, simple messieurs
Ce serait une opposition de styles particulièrement enthousiasmante, du moins sur le papier. S’ils passent respectivement les obstacles Aljaz Bedene et Yoshihito Nishioka, Corentin Moutet et John Isner s’affronteront pour la première fois de leur carrière. Le contraste risque d’être assez saisissant entre le jeune et bouillant gaucher français, véritable pile électrique, et le géant, placide et expérimenté canonnier américain : quatorze ans et pas moins de 33 centimètres séparent ainsi les deux hommes (1 mètres 75 pour Moutet, 2 mètres 08 pour Isner).
Sur gazon, on pourrait penser le choc déséquilibré, vu la qualité de service de "Big John", demi-finaliste de l’édition 2018. Mais Moutet est doté d’une main et d’une technique que cette surface met bien en valeur. Lors de sa seule précédente participation en 2019, il l’avait d’ailleurs montré en sortant des qualifications, puis en éliminant Grigor Dimitrov au 1er tour. Il était ensuite tombé avec les honneurs en quatre sets face à Félix Auger-Aliassime. La gestion de la frustration face aux aces à répétition d’Isner devrait être clé en cas de duel, mais la couverture de terrain du Français pourrait bien aussi gêner l’Américain. On serait bien curieux de les voir en action.

Corentin Moutet à Halle en 2021

Crédit: Getty Images

Serena Williams - Angelique Kerber

3e tour, simple dames
Elles se sont manquées à Roland-Garros. Au tirage au sort, le tableau du simple dames sur la terre battue parisienne promettait déjà des retrouvailles entre Serena Williams et Angelique Kerber. Mais cette dernière, assez allergique à l’ocre, avait disparu d’entrée. Sur gazon, l’hypothèse d’un éventuel choc prend plus d’épaisseur, car Wimbledon est un des terrains de jeu préférés des deux joueuses en Grand Chelem. Elles ont d’ailleurs croisé le fer à deux reprises en finale au All England Club pour une victoire chacune : la première pour l’Américaine en 2016, la seconde pour l’Allemande en 2018.
Ce 3e rendez-vous possible aurait donc des allures de belle, même si cette fois le trophée ne sera pas au bout pour la gagnante. Les joueuses devront passer deux tours avant, rien d’insurmontable a priori vu leur statut de têtes de série 6 et 25 et le pedigree de leurs adversaires (Sasnovich puis Pera ou Hibino pour Serena, Stojanovic puis Sorribes Tormo ou une qualifiée pour Kerber). L’Allemande a d’ailleurs accumulé de la confiance sur gazon cette semaine à Bad Homburg où elle est en lice en demi-finale. Dans leur rivalité, elle est menée 6-3, mais ses qualités défensives et de contreuse pourraient faire passer un premier test d’envergure à Serena.

Belinda Bencic - Cori Gauff

3e tour, simple dames
La partie haute du tableau féminin est d’une densité impressionnante, ce qui laisse augurer d’un certain nombre de chocs assez précoces dans le tournoi. L’hypothétique affiche entre Belinda Bencic et Cori Gauff en fait assurément partie, d’abord parce que les deux jeunes femmes font partie des 20 premières têtes de série de cette édition 2021 de Wimbledon (respectivement numéro 9 et 20). Ensuite et surtout parce que la Suissesse et l’Américaine sont en forme en ce moment et ambitieuses. Bencic sort tout juste d’une finale sur le gazon de Berlin, tandis que Gauff a disputé son premier quart de finale en Grand Chelem voici un peu plus de deux semaines à Roland-Garros à seulement 17 ans.
Au All England Club, celle qui se fait surnommer "Coco" retrouvera d’ailleurs la terre des exploits qui l’ont fait connaître du grand public. En 2019, elle était devenue la plus jeune joueuse (15 printemps) de l’ère Open à réussir à se qualifier pour le tableau principal de Wimbledon, avant de pousser l’aventure jusqu’en huitièmes de finale. Pour faire aussi bien et pourquoi pas défier Serena pour une place en quart, elle pourrait avoir fort à faire face à Bencic qui a remporté leur seule confrontation en Australie en début de saison. Voilà qui promet.

Cori Gauff à Eastbourne en 2021

Crédit: Getty Images

Ashleigh Barty - Johanna Konta

3e tour, simple dames
Ashleigh Barty ne l’a pas caché : elle rêve de gagner Wimbledon. Frustrée par une blessure à la hanche gauche qui l’a empêchée de défendre ses chances à Roland-Garros, la numéro 1 mondiale semble rétablie et prête à briller à nouveau en Grand Chelem. Mais sa route vers un éventuel deuxième titre majeur est parsemée d’embûches. Et Johanna Konta pourrait bien être le premier gros obstacle. La Britannique, tête de série 27, a eu du mal dernièrement en Grand Chelem avec quatre sorties au 1er tour sur ces cinq derniers grands tableaux, mais elle semble retrouver la forme au moment opportun.
Elle a ainsi glané le 4e trophée de sa carrière sur le gazon de Nottingham la semaine dernière. A Wimbledon, Konta reste sur un quart de finale et a même atteint le dernier carré en 2017, une performance dont ne peut se prévaloir Barty, éliminée en huitième en 2019. Si l’Australienne mène 3-1 dans leurs confrontations, elles sont à égalité sur gazon. La numéro 1 mondiale sait varier à l’envi, du slice à la volée en passant par les décalages coup droit. Elle a tous les atouts pour aller loin, mais affronter la Britannique devant son public ne serait pas un cadeau.

Marin Cilic - Daniil Medvedev

3e tour, simple messieurs
Le forfait de dernière minute de Dominic Thiem a permis à Marin Cilic d’obtenir in extremis le statut de tête de série numéro 32. Une bonne nouvelle pour le Croate, plus protégé dans les deux premiers tours, mais aussi pour les 31 joueurs qui le précèdent et qui redoutaient de devoir l’affronter d’entrée. Mais défier le finaliste de l’édition 2017 deux tours plus tard n’est pas forcément plus réjouissant, et c’est ce qui pourrait attendre Daniil Medvedev, numéro 2 mondial. C’est d’ailleurs justement à ce stade de la compétition, le 3e tour, que le Russe a vu son aventure au All England Club se terminer lors de ses deux précédentes participations (2018 et 2019).
Et Medvedev a été d’autant moins gâté par le tirage qu’il a hérité de l’Allemand Jan-Lennard Struff d’entrée contre lequel il est tombé à Halle voici une dizaine de jours. En admettant qu’il s’en sorte cette fois, puis se débarrasse du vainqueur du match entre Tommy Paul et le prometteur Carlos Alcaraz, il lui faudra donc relever le défi Cilic si la logique est respectée. Le grand Croate a retrouvé récemment le goût d’un titre sur le circuit à Stuttgart, une première depuis trois ans pour lui, avant d’enchaîner avec un quart au Queen’s. Medvedev a remporté leur seul précédent duel à Washington sur dur il y a deux ans. Mais sur gazon, l’histoire pourrait être bien différente.

Marin Cilic sacré à Stuttgart en 2021

Crédit: Getty Images

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