Affronter Nick Kyrgios apporte son lot de stress. Qu'il soit dans un grand jour ou non, le prodige australien fait en sorte de marquer l'esprit de ses adversaires, tant par ses arabesques avec la raquette que par une verve tranchante. Stefanos Tsitsipas a essuyé les deux côtés d'une lourde pièce samedi soir, sur le gazon de Wimbledon (défaite au troisième tour 6-7, 6-4, 6-3, 7-6). Le Grec a arraché le premier set au tie-break, avant de subir l'avalanche de saillies verbales et tennistiques du tatoué torturé.
Il était probablement lui-même une brute à l'école
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Vissé tel un zébulon face à la presse, Tstsipas a fustigé le comportement de Kyrgios, qu'il a comparé à une "brute" : "Il passe son temps à intimider les autres, voilà ce qu'il fait, vocifèrait le n°5 mondial après la rencontre. Il martyrise ses adversaires. Il était probablement lui-même une brute à l'école. Je n'aime pas les brutes". Pris dans l'engrenage, le Grec est sorti de son match, tentant même de viser le corps de son adversaire avec la balle : "Je visais le corps de mon adversaire, mais je l'ai manqué... de beaucoup, concédait-il. Je voulais qu'il s'arrête. Il faut que tout ça s'arrête".
Excédé, Tsitsipas a vécu l'enfer sur le court numéro un face au 40e joueur mondial. "On se serait cru au cirque, ajoutait le finaliste de Roland-Garros 2021. C'est fatigant ces discussions incessantes, ces sempiternelles plaintes". Au cours d'une bataille farouche, c'est en effet Kyrgios qui a su profiter du contexte explosif, soutenu par un public incandescent. L'Australien a apposé son petit bois sur les braises, et brûlé les doigts de l'Hellène. "Il a aussi des bons côtés, tentait de nuancer Tsitsipas. Mais... il y a aussi chez lui un côté démoniaque, qui, lorsqu'il s'exprime, peut vraiment blesser et faire beaucoup de mal aux gens qui l'entourent".

Stefanos Tsitsipas

Crédit: Getty Images

Kyrgios : "Je suis l'un des joueurs les plus appréciés. Lui, il n'est pas apprécié"

La frustration d'un côté du terrain, et l'extase de l'autre. Bon défenseur sur le court, Nick Kyrgios a également du répondant face aux micros. "C'est lui qui m'a envoyé des balles dessus, c'est lui qui a lancé une balle sur un spectateur, c'est lui qui a jeté une balle hors du court, s'est défendu l'Australien. Moi, je n'ai rien fait... à part aller de temps en temps discuter avec l'arbitre". Taquin, Kyrgios a endossé le rôle du moralisateur, qui sait faire la part des choses : "Il (Tstsipas) était frustré, mais le tennis est un sport de frustrations et quoi qu'il se passe sur le court, je l'aime".
Interrogé sur ses rapports avec le reste du circuit, le bad boy de Canberra a balayé les doutes d'un revers des deux mains. "Tout va bien pour moi dans le vestiaire, j'ai beaucoup d'amis, a-t-il assuré. Je suis même l'un des joueurs les plus appréciés. Lui (Tstsipas), il n'est pas apprécié". Avant de porter le coup de grâce : "Chez moi, je joue au basket avec des gars qui sont des chiens, renchérissait-il. A Wimbledon, les gens sont doux. C'est doux de venir m'accuser de brutalités. Nous ne sommes pas faits du même métal. Moi, j'ai l'habitude de me mesurer à de vrais compétiteurs".
A Kyrgios de prouver qu'il est d'un autre métal, celui d'un vainqueur de Grand Chelem. Prochaine étape, le huitième de finale face à l'Américain Brandon Nakashima.

Nick Kyrgios speaks to the umpire on day six of The Championships Wimbledon 2022 at All England Lawn Tennis and Croquet Club on July 02, 2022 in London, England

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