Un bateau a chaviré et trois autres ont démâté en quelques heure samedi soir, alors qu'une partie de la flotte faisait face à un front violent, les quatre skippers sont indemnes selon les organisateurs de la Route du Rhum.
Thibaut Vauchel-Camus (Solidaires En Peloton-Arsep), qui avait pris la tête de la course vendredi soir dans la catégorie Ocean Fifty (trimarans de 15 m), a chaviré entre le Portugal et les Açores. Il venait de passer le second front froid qui secoue la flotte dans l'Atlantique, avec des rafales de 35 à 40 noeuds (64 à 74 km/h) et une mer désordonnée. Il n'est pas blessé et se trouve à l'abri dans la coque centrale de son trimaran.
Route du rhum
Dick s'impose en Mono, Escoffier déclaré vainqueur en Multi
26/11/2022 À 09:51

Burton a démâté

Un peu plus tôt, Louis Burton (Bureau Vallée), qui figurait parmi les Imoca (monocoques de 18 m) lancés à la poursuite de leur leader Charlie Dalin (Apivia), a démâté vers 17H00. "Je ne comprends pas. J'étais à 2 ris (grand-voile basse), J3 (petite voile d'avant), il y a peut-être deux mètres de creux, c'était prudent, a commenté Burton, visiblement sous le choc et très déçu, dans une vidéo diffusée par son équipe. Je suis dégoûté, c'est incroyable comme ça s'acharne". Troisième du Vendée Globe en 2020/2021, il avait dû abandonner à cause d'une voie d'eau lors de la précédente édition de la Route du Rhum et il avait démâté l'an dernier dès le premier soir de la Transat Jacques Vabre.
Puis deux skippers engagés en Class40 ont également démâté : Amélie Grassi (La Boulangère Bio) et Aurélien Ducroz (Crosscall), qui pointaient respectivement à la 10e et à la 11e place au classement provisoire en fin d'après-midi. Les trois skippers ayant démâté sont en sécurité sur leur bateau, selon les premières informations transmises par les organisateurs.

Caudrelier toujours en tête

Lors des vacations de l'après-midi, plusieurs skippers ont témoigné des conditions difficiles pour les bateaux engagés dans le front froid. "En ce moment, il y a 30 noeuds de vent avec des rafales à 35 (...), la mer est vraiment dégueulasse, c'est dur de trouver la bonne régulation. C'est casse-bateau et pas très drôle", a raconté à 18h30 Jérémie Beyou (Charal), actuellement 2e des Imoca.
Pour Justine Mettraux (Teamwork.net), elle aussi dans le peloton des poursuivants en Imoca, "c'était bien la guerre ! C'était le moment le plus difficile de la course, on le savait". "Je pense qu'on a tous eu des alarmes de mât dans tous les sens parce que ça tapait beaucoup. J'ai essayé de faire en sorte que ça tape au minimum mais des fois (...) le bateau s'emballe, tu décolles sur une vague et tu ne sais pas trop comment tu vas t'en sortir ! Pour moi c'est passé mais il faudra que je fasse un bon check demain matin car c'est certain que le bateau a pris cher", a-t-elle expliqué.
Loin devant, la lutte se poursuivait - à plus de 30 noeuds de moyenne pendant la soirée - entre Charles Caudrelier (Maxi Edmond de Rothschild) et François Gabart (SVR Lazartigue). Si Gabart est passé devant dans la matinée, Caudrelier a repris la tête au passage des Açores. Mais son avance restait limitée et Thomas Coville (Sodébo) restait au contact.
Route du rhum
Un Ruyant record s'impose en Imoca
21/11/2022 À 08:35
Route du rhum
Caudrelier : "Cette victoire a une saveur particulière"
16/11/2022 À 12:48