Desjoyeaux: "C'est dur"

Michel Desjoyeaux, vainqueur dimanche de son deuxième Vendée Globe, le tour du monde à la voile en solitaire en monocoque, a estimé devant la presse que la barre des 80 jours serait probablement battue lors de la prochaine édition: "Jules Verne n'a qu'à b

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Rétrospectivement, ne pensez-vous pas que revenir aux Sables et repartir 40 heures plus tard a finalement été une bonne chose ?
Michel Desjoyeaux : "Ce n'est pas pour faire demi-tour au bout de 24 h que je fais le Vendée Globe. Des mauvaises langues ont dit que j'avais peut-être besoin de ça pour me transcender. Quand j'ai décidé de faire demi-tour, dans ma tête j'étais toujours en course, l'arrêt aux stands était comme pendant un Grand Prix. Je ne me suis jamais posé la question de savoir si c'était fichu. On sait que le Vendée Globe est dur, long et qu'il peut se passer beaucoup de choses."
Avez-vous connu des moments chauds pendant la course ?
M.D. : "J'ai fait quelques départs au lof, le bateau s'est retrouvé partiellement couché mais je n'ai jamais senti que j'avais atteint la limite. Quand certains ont dit que j'allais trop vite, je me suis mis en face de moi-même et je me suis demandé. Mais non, j'étais toujours très en dessous du potentiel de ce que le bateau aurait pu faire en équipage. J'ai mis 84 jours, mais c'est anecdotique. Jules Verne n'a qu'à bien se tenir. Dans les prochaines éditions, on passera sous la barre des 80 jours. Il faut juste quelques conditions favorables, notamment des glaces un peu moins au nord, mais il n'y a rien qui me fait dire qu'on a été trop vite".
On vous a en effet senti serein même dans les moments difficiles.
M.D. : "Depuis ma victoire en 2001, je n'ai pas perdu mon temps, j'ai fait du multicoque. Ce n'est pas un hasard si les deux bateaux en tête sont menés par deux skippers qui ont pratiqué le multi récemment dans la course au large (ndlr: allusion à Roland Jourdain, 2e dimanche soir). Cette capacité à aller vite sur des bateaux casse-gueule, ça permet d'aller vite sans trouver ça anormal sur des monocoques qui au pire, se couchent et se redressent."
Pouvez-vous dire que vous avez pris du plaisir ?
M.D. : "Cela fait 43 ans (son âge, ndlr) que je suis en vacances. Je ne viens pas de passer 3 mois au boulot. Là je travaille 10 minutes pour la conférence de presse, et après je repars en vacances.
On vous a reproché d'être provocateur envers vos concurrents pendant cette course...
M.D. : "Trop souvent on m'a reproché d'être trop modeste. Je dis ce que je pense, que ça plaise ou pas, ce n'est pas mon problème. Ce n'est pas pour faire mal aux autres, ce n'est pas mon intention. Ce que je dis ce sont des faits, pas des opinions. Des fois, je ferais mieux de fermer ma gueule, mais j'ai mon franc-parler."
Vous considérez-vous comme une légende de la voile ?
M.D. : "Les légendes ce sont des gens qui ne sont plus, moi je suis encore. Je suis loin de la retraite donc pour moi, je ne suis pas une légende. Je fais ça parce que ça m'amuse, parce que c'est ma passion, et parce que je ne sais pas faire grand chose d'autre."
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