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Bernard Stamm disqualifié du Vendée Globe : vague d'incompréhension

Stamm, une décision "très injuste" pour les skippers
Par Eurosport

Le 03/01/2013 à 09:14Mis à jour Le 03/01/2013 à 09:22

Les concurrents du Vendée Globe sont dans l'ensemble solidaires du Suisse Bernard Stamm, qu'ils estiment sévèrement disqualifié de l'épreuve pour une aide extérieure.

Né en 1989, le Vendée Globe n'a jamais dérogé à son principe fondateur et en même temps intransigeant d'une circumnavigation "en solitaire, sans escale et sans assistance" pour s'ériger en "Everest des mers", susciter la crainte des participants et entretenir le respect des amateurs de la course au large.

Patrice Carpentier et Mike Plant (1989-1990), Bernard Gallay (1992-1993), Isabelle Autissier, Yves Parlier (1996-1997), Catherine Chabaud, Thierry Dubois et Raphaël Dinelli (2000-2001) avaient jusque là appris à leur dépends qu'on ne déroge par à la règle. Bernard Stamm (Cheminées-Poujoulat) s'est douloureusement ajouté à la liste des disqualifiés mardi soir (pour s'être amarré à un navire scientifique russe et avoir laissé un membre de l'équipage monter à bord aux îles Auckland), non sans inspirer une certaine compassion de la part de ses collègues.

Jean Le Cam : "Bernard a agi en bon marin"

Le plus prompt à réagir avait été Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec 3). "Je trouve cela scandaleux", avait déclaré le marin niçois, mercredi matin, au saut du lit. "Cette décision du jury me parait totalement démesurée. Bernard Stamm a commis une infraction au règlement, je peux comprendre qu'il soit pénalisé pour cela, mais pas à cette échelle. La disqualification est vraiment forte. C'est hallucinant! Il s'agit d'un cas de force majeure, Bernard a agi en bon marin pour sauver son bateau (...). Il me parait plus juste qu'il reste en course avec une pénalité. Je souhaite que le jury révise sa décision".

"Je suis remonté comme une pendule sur cette histoire-là", s'est exclamé Jean Le Cam (SynerCiel), cinquième de l'épreuve et deuxième en 2004-2005. "Pour moi, Bernard a agi en bon marin, il a tout fait pour sauver son bateau et on le pénalise (...)! Ça me désespère. Si ce qu'a vécu Bernard n'est pas un cas de force majeure alors je ne sais pas ce que c'est. J'ai envoyé un mail au jury (mercredi matin) car on ne peut pas prendre des décisions pareilles. Il faut se rendre compte qu'à l'avenir on ne pourra plus se porter assistance en cas de danger immédiat, de peur d'être disqualifié".

Mike Golding : "Ça parait très injuste"

"La disqualification de Bernard est malheureuse", a abondé le Britannique Alex Thomson (Hugo Boss), actuel quatrième. "Bien que je comprenne les raisons prises en compte par le jury, je les trouve très dures compte tenu des énormes efforts qu'il a fait pour réparer ses hydrogénérateurs et continuer la course. De plus quand on se souvient de ce qui lui est arrivé en 2008 lorsqu'il a perdu son bateau, il semble qu'il ait fait le nécessaire pour sa sécurité et celle du bateau. Je suis vraiment désolé pour lui".

"Les règles sont les règles, etc... Mais quand vous connaissez l'histoire de Bernard et la situation dans laquelle il est, avec une grande partie du Pacifique Sud à parcourir, puis le cap Horn et la menace des icebergs, ça parait très injuste", a relativisé Mike Golding (Gamesa), sixième. "Ça semble ne pas être une bonne décision (...). Je suis vraiment réservé sur cette décision, elle ne me semble pas correcte et je suis vraiment, vraiment très triste pour Bernard".

"Le jury est souverain" selon Alain Gautier

Alain Gautier, vainqueur du Vendée Globe 1992-1993 et consultant sécurité de l'organisation, a opposé une lecture plus juridique de l'affaire en rappelant : "Le jury international est composé de membres venant d'autres pays que la France, nommés par la Fédération française de voile. C'est un jury totalement indépendant de la direction de course et du reste de l'organisation. Leurs textes sont très clairs et dans le cas de Bernard, ils ne peuvent aller que dans ce sens-là. Malheureusement leurs décisions ne conviennent pas toujours, il y a souvent un sentiment d'injustice. Mais hélas c'est comme ça, le jury est souverain. Comme dans tous les sports, c'est l'arbitre qui a raison (...). Bernard est un redoutable marin, il va se battre, j'espère qu'il va trouver des solutions mais il faudra malgré tout accepter la décision du jury après cet "appel"."

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