Bestaven (Maître Coq IV) avançait vendredi en fin de journée à petite allure, entre 8 et 9 noeuds (15 à 17 km/h), quand le duo de chasseurs composé de Charlie Dalin (Apivia) et Thomas Ruyant (LinkedOut) filait à 18 noeuds (33 km/h).

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Yannick est en grande forme, tout lui réussit

"Je surveille ce qui se passe derrière, les camarades de jeu vont revenir, mon avance va décroître au fur et à mesure de la journée. J'espère qu'il m'en restera un peu ! C'est tout l'enjeu de cette journée et de ce week-end. Je suis un homme heureux mais je dois continuer à régler pour bien avancer", a expliqué Bestaven lors d'une vacation vendredi avec l'organisation. Le leader de la Rochelle devance ses deux poursuivants directs d'un peu moins de 400 milles nautiques (environ 750 km) et va tenter d'attraper des vents plus importants près des côtes brésiliennes.

"Yannick est en grande forme, tout lui réussit ! Il va vite, il fait un Vendée Globe incroyable. Il doit avoir une confiance en lui et en son bateau importante en ce moment", a souligné Thomas Ruyant, troisième de la flotte. "Même si on ne lâche rien, il faut quand même des situations météo propices pour recoller. C'est maintenant et jusqu'à la latitude de Salvador de Bahia, puis après en Atlantique nord sur la dernière semaine, qu'on peut espérer faire quelque chose. Ça ne laisse pas beaucoup de fenêtres de tir", a prévenu le marin nordiste, qui colle très près à Dalin, deuxième.

L'exploit de Pip Hare

Le tandem devance un groupe de huit bateaux, prêts eux aussi à en découdre. Le plus coriace est Louis Burton (Bureau Vallée 2), qui a connu moult avaries et qui revient comme une flèche sur la tête de course. Vendredi en fin de journée, il était classé cinquième, à moins de cent milles nautiques (185 km) du quatrième Damien Seguin (Groupe Apicil). Le doyen de la course, Jean Le Cam (Yes We Cam!), est lui en sixième position, au plus près de Benjamin Dutreux (OMIA-Water Family), à quelques kilomètres l'un de l'autre.

La journée de vendredi a été marquée par l'exploit de Pip Hare (Medallia), qui a vu sa belle progression stoppée par une avarie importante au gouvernail (fissure). La navigatrice de 46 ans n'a eu d'autre solution que de changer dans l'eau le safran fissuré, alors que le mauvais temps sévissait. "Chaque partie de mon corps me fait mal. J'ai les articulations ensanglantées sur chaque doigt, des bleus sur toutes mes jambes et j'ai découvert des muscles dont j'ignorais l'existence, mais OUI !!!!! Le nouveau safran est en place et Medallia est de retour dans le jeu", a raconté Pip Hare.

L'Anglaise a oeuvré pendant une heure et demie pour procéder au changement. "J'ai dû supplier mon bateau et l'océan à plusieurs reprises, mais quand la nouvelle mèche du gouvernail a été finalement mise en place, j'ai traversé le pont en poussant des cris de joie qui auraient pu être entendus à des kilomètres à la ronde... si quelqu'un avait été là pour l'entendre", a-t-elle raconté. Pip Hare a repris "cette course qui met au défi chaque aspect de ce que signifie être un être humain". Vendredi, elle pointait à la 17e place sur les 27 skippers encore en course.

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