A deux semaines de l'arrivée, le suspense est relancé mardi sur le Vendée Globe après la prise opérée en tête de flotte par Charlie Dalin, nouveau leader d'un groupe d'une dizaine de bateaux prêts à en découdre.
"Je suis content d'être autant revenu aux affaires ! Il y a quatre jours, j'avais 450 milles de retard. Si on m'avait dit que je prendrais la tête de course quatre jours plus tard, je ne l'aurais pas cru", s'est félicité mardi Dalin, qui reste prudent. "C'est une marge d'avance bien mince (...), il y a peu d'écart, mais je suis content d'être de nouveau dans le match. C'est super qu'il y ait eu une opportunité", a-t-il poursuivi.

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Yannick Bestaven (Maître Coq IV) a donc fini par lâcher les commandes de la flotte qu'il tenait depuis presque un mois. Un changement de leader attendu, tant le navigateur était englué dans une zone sans vent, ce qui n'était pas encore le cas pour les bateaux rivaux.
Après avoir pris la tête lundi soir, Dalin avançait mardi en fin de journée avec 12 milles nautiques d'avance (22 km) sur Bestaven, revenu à la deuxième place après être tombé troisième quelques heures plus tôt. L'ancien leader de la course est à la lutte avec Damien Seguin (Groupe Apicil), tandis que Thomas Ruyant (LinkedOut) complète un quatuor très serré, à moins d'un kilomètre virtuel de Seguin.

"Rien n'est encore joué"

Outre ce quatuor, d'autres marins sont revenus fort dans ce groupe de tête, notamment Louis Burton (Bureau Vallée 2), qui a réalisé une incroyable remontée ces derniers jours pour se classer cinquième, à 27 nm (50 km) de Dalin.
"Rien n'est encore joué", sait pertinemment Dalin, qui avait occupé la place de N.1 pendant plusieurs semaines, avant d'en être délogé le 16 décembre par Bestaven.
"Tant qu'on n'aura pas récupéré du vent plus constant, il se passera encore des choses. On pourra faire les comptes dans la nuit prochaine (mardi à mercredi). Au classement de 5 heures mercredi, on saura qui a le mieux travaillé. L'état des bateaux va jouer. Je me doute que tout le monde n'est pas à 100%, personne ne l'est, mais qui a quoi ? On verra les performances quand le vent sera établi, ce n'est pas la peine de faire des conclusions dès maintenant", a-t-il prévenu.

"Roule ma poule !"

De son côté Bestaven accuse le coup et prend son mal en patience, en attendant de retrouver du vent mercredi. "Il ne faut pas se laisser abattre, il faut regarder devant, il y a encore un Océan atlantique à traverser avant d'arriver aux Sables, donc il va se passer des choses. C'est la course, c'est le jeu. Il faut accepter toutes les situations, il y a des choses plus graves", a-t-il relativisé auprès de l'AFP.
Doyen de la course, Jean Le Cam (Yes We Cam!), fort de trois Vendée Globe terminés, sait que tout est possible. "Quand François Gabart avait gagné en 2013, j'étais 5ème ou 6ème et j'étais au Cap-Vert quand lui était aux Sables d'Olonne. Normalement, les premiers s'en vont. Cette année, ça revient par derrière. Après cette pétole là, c'est vent de travers, alizés, un petit Pot au Noir, donc ça devrait filer. Il va falloir matosser à fond et roule ma poule ! On fait une remontée très rapide", a-t-il conclu.
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