Bestaven puis Dalin puis Bestaven puis de nouveau Dalin: la tête de flotte du Vendée Globe est en mouvement perpétuel à l'approche de Recife (Brésil), où elle devrait accrocher les alizés vendredi pour filer vers l'Equateur dont le passage est prévu samedi. "Nous assistons actuellement à une course de vitesse qui peut être semée d'embûches", a analysé le "Monsieur météo" du Vendée Globe, Christian Dumard.

"Le groupe de tête navigue dans un alizé d'Est-Nord-Est de 12-15 noeuds avec des petits grains qui peuvent ralentir de temps à autre leur progression. Le vent devrait tourner progressivement à l'est. A noter que les bateaux les plus à l'est ont un petit avantage avec un vent légèrement plus adonnant que Maître Coq IV (Yannick Bestaven), ce qui leur permet d'aller un peu plus vite", a-t-il détaillé.

Vendée Globe
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Au classement de mercredi en fin de journée, c'est donc Charlie Dalin (Apivia) - naviguant à l'est - qui est en tête de la course autour du monde en solitaire et sans escale. Il avance mercredi en fin de journée avec 16 milles nautiques (31 km) d'écart sur Bestaven, leader au petit matin.

Derrière, ça ne chôme pas. Louis Burton (Bureau Vallée 2), qui ne cesse de remonter sur la tête de la flotte depuis plusieurs jours, s'est hissé à la troisième place au classement, pointant à 21 nm du leader (39 km). Celui qui participe à son deuxième Vendée Globe après avoir terminé septième en 2016/2017, a dans son sillage respectivement Thomas Ruyant (LinkedOut), Damien Seguin (Groupe Apicil), Boris Herrmann (Seaexplorer-Yacht Club de Monaco), Benjamin Dutreux (OMIA-Water Family), Jean Le Cam (Yes we Cam !) et Giancarlo Pedote (Prysmian Group).

"Le match va débuter !"

Soit au total un groupe leader de neuf skippers, très proches les uns des autres (il s'étale sur une portion de quelque 150 nm soit 278 km environ). "Le grand match va débuter !", a lancé mercredi Boris Hermann, premier Allemand à faire le Vendée Globe.

"Depuis 30 minutes, je touche du vent plus stable, je vois que le bateau est très agile. Il va à 16 noeuds dans 12 noeuds de vent et le foil pousse", s'est réjoui le marin, à la barre d'un bateau volant d'ancienne génération - tout comme Burton et Bestaven, et contrairement à ceux de Dalin et Ruyant, qui sont de toute dernière génération.

Charlie Dalin (Apivia) en 2020

Crédit: Getty Images

Ceux-ci ont de très grands foils (appendices latéraux qui permettent au monocoque de s'élever au dessus de l'eau pour filer à vive allure) installés; ceux d'ancienne génération sont plus petits. Ces bateaux volants ou "foilers" n'ont pas vraiment été au rendez-vous de ce Vendée Globe, alors que les mers du sud ont été particulièrement rudes, des conditions inadéquates pour utiliser des foils, qui plus est s'ils sont très grands.

"Pour l'instant, l'objectif est d'atteindre le vent stable qui me permet d'utiliser mes foils. Les alizés de sud-est ont l'air assez faibles. S'ils ne dépassent pas 11-12 noeuds, je ne pourrai pas utiliser mes foils, mais à 13 noeuds, ça pourrait fonctionner. Donc ça se joue à pas grand-chose", a commenté Hermann. "Dans de la mer formée, avec 35-38 noeuds de vent, des bateaux comme celui de Damien Seguin (sans foil, NDLR) pourraient être très rapides. Le jeu est ouvert. Le foil aurait moins de portance et donc ça ouvrira le jeu à nouveau !", a-t-il indiqué.

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