Difficile de passer en 24 heures de l'euphorie à la frustration. Du bonheur à la déception. L'équipe de France, au septième ciel après sa victoire contre les Russes en demi-finale, n'aura pas eu le temps de savourer. La défaite en finale face à la Pologne, dimanche soir, a douché les enthousiasmes et ramené chacun à la réalité. Cela fait beaucoup de sentiments contradictoires à assimiler en bien peu de temps. Tout cela conjugué à la lassitude physique et nerveuse imposée par une telle compétition. Du coup, les Bleus ont un peu de mal à savoir où ils en sont, et quelle impression cet Euro doit leur laisser.
Sur la finale, les hommes de Philippe Blain sont conscients d'être passés tout près. Sur les trois sets perdus, deux (le premier et le quatrième) auraient pu leur revenir. "Je crois que si nous avions gagné le premier set, le match aurait pris une autre tournure", estime d'ailleurs le sélectionneur. Stéphane Antiga, désigné meilleur réceptionneur du tournoi, rappelle de son côté une vérité implacable: "C'est une grosse déception, car nous n'étions pas loin, mais les Polonais sont plus forts que nous : ils nous ont quand même battu trois fois cet été. " Dont deux fois au cours de l'Euro. Seule la Pologne, en ouverture puis en clôture de la compétition, a pu ramener la France à la raison.
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Une formidable aventure humaine
A chaud, la déception l'emportait naturellement parmi les joueurs et le staff. Il n'y a rien de pire que de perdre une finale, surtout pour une équipe toujours en quête d'un premier sacre dans une grande compétition internationale. "C'est toujours la déception qui prime après une défaite en finale", admet Philippe Blain. Il serait pourtant injuste de dire que les Français sont passés à côté de leur match. Le risque était pourtant réel après la débauche d'énergie et l'orgie émotionnelle de la demi-finale, mais ils ont répondu présent. Contre la Pologne, on a retrouvé l'équipe de France telle qu'on l'avait vue depuis le début de l'Euro, accrocheuse comme jamais. "Il nous a manqué un peu d'impact physique mais on n'a jamais baissé les bras, on n'a jamais lâché, comme à chaque match", rappelle Yannick Bazin. Simplement, cette fois, ça n'a pas suffi.
Une fois les regrets tempérés, tous se rendront mieux compte de l'excellence de la performance accomplie en Turquie. Rien ne remplace un titre, certes, mais le bilan de cet été 2009 est positif sur toute la ligne. D'abord parce que, prosaïquement, les Bleus ont assuré leur qualification pour le Mondial 2010 et l'Euro 2011. Ce n'est pas rien. Mais il y a autre chose, qui n'a de prix: cette alchimie, un peu mystérieuse, qui émane de ce groupe pourtant formé à la va-vite, notamment avec des passeurs lancés dans le grand bain sans y avoir été préparés. A ce titre, la performance de Yannick Bazin est sidérante. Le Parisien a affiche des qualités de meneur d'hommes et de leader qui ont boosté le groupe. Il incarne l'avenir, au même titre qu'un Antonin Rouzier.
Il s'est bien passé quelque chose à Izmir. Si l'équipe de France sait capitaliser sur ce qu'elle vient d'accomplir, on la retrouvera au plus haut niveau les prochaines années. "Un groupe est né, savoure Blain. L'aventure humaine est magnifique, Nous étions réunis depuis fin avril, c'est beau de finir comme ça." Stéphane Antiga, du haut de ses presque 300 sélections, ne dit pas autre chose: "Cette performance assure l'avenir de l'équipe de France pour les deux prochaines années. Cela va nous permettre de travailler, de faire des stages. C'est encourageant de reproduire un volley comme celui-ci. On va tout faire pour revivre ces émotions et je l'espère, pour aller chercher l'or." C'est la promesse bleue.
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