"On l’attendait, on savait qu’on allait faire ça. On a dominé la compétition de bout en bout. C’est tout à fait normal." Voilà comment Antoine Brizard a relaté le sacre de l’équipe de France de volley aux Jeux Olympiques de Tokyo, ce dimanche sur France Télévisions. Vous l’aurez compris si vous avez suivi le parcours des Bleus : le passeur de 27 ans a manié l’ironie pour raconter ce chemin glorieux.
Son coéquipier Earvin Ngapeth, lunettes de soleil sur le nez, a lui aussi joué la carte de l’humour. Mais entre deux boutades, il a souligné la dimension émotionnelle de ce couronnement, intervenu samedi à l’issue d’une finale intense face à la sélection russe. "On ne dirait pas, mais on a beaucoup pleuré, a-t-il révélé. Ils font semblant et tout, mais il y a beaucoup d’émotifs (dans l’équipe). Moi le premier, j’ai chialé de fou."

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"Des belles et des pas mûres"...

Puis Ngapeth a évoqué le départ de son sélectionneur, Laurent Tillie, à la tête des Bleus depuis 2012. Avec un certain style. "On s’est battu, on a bossé… et pour la dernière de ‘Lolo’..., a-t-il d’abord exposé, avant d’interpeller son coach. On t’en a fait vivre des belles et des pas mûres (sic) mais vas-y, ça valait le coup, non ?" Ce à quoi Tillie a répondu avec le sourire : "C’est vrai, ça, énormément."
Son fils, Kevin Tillie, abonde, dans des propos rapportés par l'AFP : "Pour mon père, c'est un truc de fou. Il peut vivre tranquille maintenant ! Surtout sa persévérance, ne jamais lâcher car on a un groupe vraiment difficile à tenir. Je ne sais pas comment il a fait." Le joueur de 30 ans a maintenant un argument béton à rétorquer en cas de critique : "Il ne va plus m'embêter, s'il me dit quelque chose, je lui dirai : 'Je suis champion olympique !'"
C’était un rêve au départ. Cela a failli être un cauchemar après trois matches
Avant de passer la main à l’entraîneur brésilien Bernardinho, Laurent Tillie a débriefé la compétition avec sérieux. "C’était un rêve au départ. Cela a failli être un cauchemar après trois matches, a-t-il rappelé. Puis on a commencé à se dire maintenant : ‘il faut jouer, il faut qu’on fasse des exploits’. Et on a fait exploit sur exploit. Quatre, cinq exploits consécutifs pour arriver à cette médaille d’or."
Quant à sa principale technique de management, le technicien de 57 ans s’est dit peu interventionniste. "Les joueurs ? Ils se gèrent tout seuls, un peu. On essaie juste de les cadrer, de leur montrer… et il y a une énorme auto-motivation." Laurent Tillie est un guide qui s’en va confiant sur l’avenir d’un groupe qu’il a "géré comme une famille" : "Ils vont voyager tout seuls maintenant, comme des grands. Ils vont partir sur d’autres objectifs, sur (Paris) 2024."

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