Quarts de finale en vue: les volleyeurs français n'y sont pas encore, mais peuvent voir nettement leur forme se dessiner après l'exploit contre les Russes, matés 3 sets à 1 (25-21, 20-25, 25-17, 25-20), vendredi aux Jeux de Tokyo. Donnés presque morts après leur revers face à l'Argentine, concurrent direct pour la qualification, les Bleus ont infligé à la Russie (sous drapeau neutre) sa première défaite dans ce tournoi olympique.
C'est juste une histoire de mental
"Des fois, il faut toucher le fond pour rebondir", tente d'expliquer Laurent Tillie. Voilà ses hommes troisièmes de leur groupe, en très bonne position pour finir parmi les quatre premiers et voguer vers les quarts. "Question de survie", "énergie du désespoir", il était beaucoup question de psychisme dans les mots du sélectionneur après cet exploit, face à des Russes déjà qualifiés. "Le plus important, c'est qu'on est tous rassurés, on voit qu'on n'a pas perdu notre volley", souffle Earvin Ngapeth, méconnaissable lors des défaites contre les Etats-Unis puis l'Argentine. "C'est juste une histoire de mental."
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Un seul scénario peut éliminer les Bleus

Les Bleus pourront aborder le dernier match du premier tour contre le Brésil, déjà qualifié, dimanche matin (11h05 locales) bien plus sereinement qu'il y a cinq ans quand la Seleçao avait interrompu à Rio le rêve de première médaille olympique des hommes de Laurent Tillie, sortis dès la phase de groupe. Un seul scénario serait synonyme d'élimination pour les coéquipiers de Benjamin Toniutti: une défaite contre le Brésil 3-0 ou 3-1, associée à une victoire de l'Argentine 3 sets à 2 contre les États-Unis dimanche en soirée (21h45 locales).
A Tokyo, le rêve de médaille de la génération la plus talentueuse du volley français vit toujours grâce au visage métamorphosé de la Team "Yavbou". Dans l'expression déjà. Les rires, signes de la décontraction de cette équipe, parfois déconcertant pour l'adversaire, ont fait leur retour. Et Earvin Ngapeth, chancelant depuis le début du tournoi olympique, a lui aussi retrouvé le sourire et son niveau (18 points au total). "Quand on fait un match comme celui-là, ça soulage, savoure "Magic Ngapeth". Parce qu'on voit qu'avec le sourire, la joie, l'état d'esprit, ça marche. Et on le sait, c'est comme ça que nous on doit jouer."
Pas les seuls à avoir le stress
Les deux sets pris plus tôt par la Tunisie contre l'Argentine - une bonne opération comptable pour les Bleus - y étaient aussi pour quelque chose. "Les résultats d'avant nous ont prouvé qu'on n'était pas les seuls à avoir le stress, analyse Laurent Tillie. Je pense que ça nous a donné une bouffée d'oxygène et qu'on s'est dit 'Au point où on en est, on y va'."
"Ca nous a un peu aidé à nous rebooster, à nous dire qu'on était encore là, encore vivant et qu'on allait jouer crânement notre chance", a expliqué Jean Patry meilleur marqueur de la soirée (20 points). Les Bleus ont aussi parfaitement répondu au défi physique imposé par la Russie de Maksim Mikhailov. Ils ont enfin retrouvé toute leur abnégation en défense, l'une de leur marque de fabrique, se bagarrant sur chaque ballon. A l'image d'Earvin Ngapeth qui, en début deuxième set, a brisé un panneau en bord de terrain en se jetant corps et bien.
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