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Loeb : "Du mal à réaliser"

Loeb : "Du mal à réaliser"
Par Eurosport

Le 30/10/2006 à 06:00Mis à jour

Couronné une troisième fois à juste titre mais sans courir pour cause de blessure, le Français Sébastien Loeb (Citroën) éprouvait une sensation curieuse à 05h30 du matin, dimanche, lorsque le sort a été scellé.

Vous aviez choisi de ne pas suivre la première étape australienne pendant la nuit de jeudi à vendredi...

Sébastien Loeb : J'avais suivi le début du Rallye de Turquie, et la démonstration de Marcus Grönholm m'avait un peu sapé le moral. Le voir s'envoler et être chez moi, impuissant... Ce n'était pas terrible, vraiment... Je n'avais pas envie de revivre la même chose...

Quel a été votre sentiment, en allumant vendredi matin votre téléphone mobile ?

S.L. : Les messages donnant les temps et les classements spéciale par spéciale s'étaient accumulés durant la nuit. J'ai pris tout ça dans la figure en même temps. Le moment de décryptage passé, j'ai retenu une seule chose : Marcus [Grönholm] avait dix minutes de retard... Ça m'a évidemment mis de bonne humeur... J'ai appelé Marc [Van Dalen, team principal de Kronos] qui m'a résumé la situation...

Avez-vous craint que l'hécatombe se poursuive, et facilite le retour de votre rival ?

S.L. : C'était une possibilité : le début de course venait de montrer que tout pouvait arriver. Mais les spéciales les plus difficiles étaient passées. J'espérais que les 'rescapés' allaient faire preuve de sagesse. Et à dix minutes, à la régulière, le podium nécessaire à Marcus pour que le suspense continue était inaccessible... Après l'arrivée, j'ai envoyé un SMS amical à Marcus pour le remercier. Il m'a répondu que les choses étaient mieux ainsi, que je méritais ce titre. Et il m'a aussi prévenu : attention à l'année prochaine...

Que ressentez-vous, maintenant votre objectif est atteint ?

S.L. : A chaud, j'avoue que j'ai un peu de mal à réaliser. Il est encore tôt, en France... Compte tenu de la manière dont cela s'est passé, et du fait que je m'en voulais tout de même un peu de m'être mis moi-même sur la touche, je suis forcément soulagé... Cet objectif de titre au sein d'une équipe privée, même soutenue par Citroën Sport, peu de gens y croyaient. Et nous l'avons fait. Je suis très heureux pour l'équipe Kronos et nos partenaires, notamment BFGoodrich. Grâce à leur travail impeccable, nous avons pu accumuler durant les douze premiers rallyes une avance qui nous permet aujourd'hui de toucher au but.

Vous allez pouvoir poursuivre la rééducation le coeur léger...

S.L. : Ne plus être obsédé par la nécessité d'un retour rapide, c'est assurément plus cool ! Ça ne veut pas dire que je vais 'mollir' côté rééducation, au contraire. Il y a du travail. Les radios de contrôle post-opératoires ont montré que la calcification se fait bien. Je vais passer d'autres radios dans deux semaines. Je m'aperçois qu'il faut du temps. Une fracture à ce niveau, c'est assez compliqué. En plus de la consolidation, il faut que je récupère l'amplitude des mouvements et la force du bras. Certains jours, j'ai la sensation de ne pas avoir avancé... En fait, j'ai découvert que les progrès se font par paliers...

Quelle échéance, pour votre retour en compétition ?

S.L. : Actuellement, je peux sans problème conduire ma voiture sur la route. Mais pour ce qui est de reprendre le volant d'une WRC, je suis incapable de donner une date, et les gens qui m'entourent ne peuvent pas être plus précis. L'objectif minimal, c'est de participer aux reconnaissances du rallye de Nouvelle Zélande, car le parcours a été en très grande partie changé. Du coup, même si je ne cours pas l'épreuve cette année, je ne veux pas avoir à la découvrir entièrement l'année prochaine. Pour le reste, je dois être patient. Cela va me laisser le temps de savourer le bonheur que m'apporte ce troisième titre...

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