Citroën Communication

Loeb : cinq moments clés de sa carrière

Loeb : cinq moments clés de sa carrière
Par Eurosport

Le 07/10/2012 à 15:56Mis à jour Le 07/10/2012 à 20:25

Retour sur ces instants essentiels qui ont fait de Sébastien Loeb un nonuple champion du monde. De la détection presque miraculeuse de son talent à sa décision de lier son destin sportif à Citroën même après le rallye.

Volant Rallye Jeunes 1995 : Heinz veillait

Passionné par les voitures puissantes, le jeune électricien Loeb passe son temps à bricoler ses bolides et travailler son coup de volant dans des virées parfois improbables. Il participe à "Volant Rallye Jeunes" en 1995, une opération de détection patronnée par Peugeot, pour se jauger par rapport aux amateurs de la région. En finale, il est le plus rapide mais victime des arrangements du jury. "C'est en lisant les Dernières Nouvelles d'Alsace que je l'ai découvert", se souvient Dominique Heinz, un garagiste alsacien qui prend contact avec lui. En 1986, il a participé au Dakar avec le soutien de partenaires et s'est promis d'aider un jour un jeune. Sans lui, "Seb" ne se serait peut-être pas représenté à "Volant Rallye Jeunes" en 1996. "Il a commis une faute en finale et s'est fait éliminer. Mais pour moi, il y avait eu un déclic. On ne se hisse pas par hasard deux fois en finale de Rallye Jeunes !", se dit alors Heinz, aujourd'hui codirigeant de l'équipe Sébastien Loeb Racing. L'histoire est en marche : il crée l'association Ambition Sport Auto et ne le lâche ce diamant à polir. Il lui cherche des budgets, des solutions, spécialement quand il y a de la casse et que la voiture n'est pas assurée… Et puis, Heinz est par exemple à l'origine de l'efficace système de notation des virages, suivant des angles, dont Elena se sert encore aujourd'hui.

Rallye de Grande-Bretagne 2003 : le sacrifice ultime

Un pilote qui laisse passer un titre mondial ne sait jamais si le destin lui offrira une nouvelle chance. Fin 2003, Loeb termine sa première saison complète et fait partie des éligibles lors de la finale du championnat, au pays de Galles. Mieux, il arrive en numéro 1 mondial face à Richard Burns (Peugeot), Petter Solberg (Subaru) et son coéquipier Carlos Sainz. Il est serein mais les événements vont bientôt l'enfermer dans une impasse. Sur la route qui l'amène au rallye, Burns est victime d'un grave malaise et renonce à prendre le départ. Puis juste avant l'ES3, Sainz est perturbé par un incendie à bord de sa Xsara : la caméra expérimentale qui devait retransmettre la super spéciale en direct a pris feu. L'Espagnol répare et s'engage déconcentré dans une spéciale dont il ne verra jamais la fin.

A cet instant, Loeb est en tête devant Solberg et Grönholm (Peugeot) a renoncé sur faute de pilotage. Bref, Loeb est seul face à Solberg. Côté Constructeurs, Citroën peut également compter sur McRae face à une équipe Peugeot diminuée : Rovanperä est transparent et Loix encore moins consistant en suppléant improvisé de Burns. Cette glorieuse incertitude du sport est pourtant mal vécue en haut lieu chez Automobiles Citroën. A cette époque, Citroën Sport ignore que Loeb est infaillible sous la pression et vit surtout mal sa cohabitation avec Peugeot Sport, qui n'a jamais admis cette intrusion sur son pré carré sportif. Bref, la quête de légitimité de Citroën passe par un titre mondial, et en ravir un à Peugeot serait un sacré pied de nez. Celui de Loeb reste une hypothèse, celui des Constructeurs est en revanche une quasi certitude, moyennant une Xsara en bonne place à l'arrivée. C'est frileux et même pas du tout courageux, mais Satinet, le PDG, transmet la consigne castratrice à Fréquelin. Le patron sur le terrain s'en va annoncer la nouvelle à Loeb et supplie les médias "de ne pas se tromper de responsable". Loeb se met en mode taxi et fiche une paix royale à Solberg. L'épisode lui attire beaucoup de sympathie et assoit sa popularité.

Rallye de France 2004 : le jour de gloire

Loeb considère que le premier de ses neuf titres restera toujours le plus beau. Il est l'accomplissement d'une vie. Le fait qu'il survienne devant le public français, en Corse, contribue sans doute à ce sentiment de plénitude qui l'envahit en ce 17 octobre 2004. La frustration du RAC 2003 est derrière lui et l'euphorie vaut bien un saut périlleux arrière d'ancien gymnaste. Avec son navigateur Elena, il a maîtrisé son affaire, dominant au passage son coéquipier double champion du monde, Sainz. Après cinq victoires en dix épreuves, il a aligné quatre deuxièmes places pour écarter définitivement Solberg (Subaru). Ce sens de l'attaque sélective, cette capacité à se fixer des objectifs en rapport avec les possibilités du moment, la nature des épreuves et les circonstances deviennent sa marque de fabrique.

Rallye de Grande-Bretagne 2005 : l'éthique d'un champion

Citroën Communication

Rallye de Grèce 2011 : l'impossible cohabitation

Cela fait maintenant presque dix ans que Loeb court pour Citroën. Au fil de ses sept titres, il a tissé avec son équipe des liens étroits, privilégiés. Les valeurs d'excellence qu'il incarne dépassent largement le cadre du sport et renforcent l'image du constructeur préféré des Français. En conséquences, il estime avoir droit à certains égards. C'est un fait, il refuse les consignes d'équipe. Ainsi, en début de saison, il n'a pas accepté l'ordre donné au Mexique par son patron, Quesnel, pour protéger son coéquipier et leader, Ogier. La consigne a produit l'effet inverse escompté : la bagarre a continué, Ogier est sorti et il a gagné. En Grèce, il passe encore le premier sur la route, et nettoie donc la trajectoire pour ses suivants. Le vendredi, le samedi. Et Ogier s'en délecte.

Le point de non-retour est atteint dans le dernier chrono du samedi. Il sait qu'Ogier, qui roule derrière lui, va calculer sont temps pour finir la journée en deuxième position et encore profiter de la situation le dimanche afin de le battre. Sauf qu'Ogier ne reçoit plus les indispensables temps intermédiaires en direct dans sa DS3. Démuni, Ogier est informé par l'équipe du chrono final de Loeb et parvient, par chance, à son but. Il a tout pour battre Loeb le dimanche. S'estimant trahi, Loeb ne cache pas sa colère. Tout en ironie, il pose la question de confiance, demande à son équipe de choisir entre lui et Ogier. Cette crise interne est un véritable tournant : il ignore s'il va courir en 2012 et VW va l'approcher en vue de 2013. Pour Citroën, il est hors de question de le perdre. Le PDG de Citroën squeeze le patron de Citroën WRT et négocie en direct, s'assurant l'indéfectible fidélité de l'icône. Ogier décide de partir et Quesnel est sur un siège qui va bientôt l'éjecter. Citroën poursuit ce raisonnement en 2012 en concoctant un programme 2013 à la carte pour Loeb, et en ouvrant le dossier WTCC à l'horizon 2014-2015.

0
0