La pluie a souri samedi à Jari-Matti Latvala (Toyota WRT), leader d'un Rallye d'Espagne extrêmement serré devant Sébastien Ogier (Ford WRT) et Sébastien Loeb (Citroën WRT), alors que Thierry Neuville (Hyundai MST) est 5e et qu'Ott Tänak (Toyota WRT), victime d'une crevaison, a peut-être vu le titre mondial s'envoler.
Au soir de la deuxième journée complète, l'issue demeure totalement incertaine car de Latvala à l'Espagnol Dani Sordo (Hyundai MST) six pilotes se tiennent en seulement 16 secondes dans cette 12e manche (sur 13) du championnat du monde des rallyes. Le Finlandais compte 4"7 d'avance sur Ogier et 8"0 sur Loeb.
Le Britannique Elfyn Evans (Ford WRT), 4e, et Neuville, leader du classement des pilotes, sont respectivement à 9"8 et 12"7.
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28/10/2018 À 12:48
Les mauvaises conditions météos n'ont pas empêché ce Rallye d'Espagne de continuer à attirer une forte affluence, en raison de la lutte à trois pour le championnat entre Neuville, Ogier et Tänak, mais aussi du retour de Loeb. La huitième spéciale, qui ne semblait pas très humide, a été annulée à cause du mauvais comportement de spectateurs peu soucieux des règles de sécurité. Mais le crachin s'est ensuite intensifié. Cela a profité aux Toyota de Tänak et Latvala, parties en pneus "pluie", contrairement notamment à Neuville et Ogier, en "tendre".
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Ogier s'est trompé

Un coup de théâtre est intervenu lors de la dixième spéciale, quand Tänak, brillant leader jusque-là, a crevé après avoir coupé un virage. Contraint de s'arrêter pour changer sa roue avant droite, il a perdu beaucoup de temps et termine au 8e rang, à une minute de son équipier, en fin de journée. Son patron, le Finlandais Tommi Mäkinen, tout sourire quelques instants plus tôt, pouvait se prendre la tête à deux mains.
Ogier reconnaissait volontiers à la pause de mi-journée avoir effectué un "mauvais choix de pneus". "Depuis que ce pneu 'pluie' est disponible, je n'ai jamais eu l'occasion de le tester, c'était donc un peu une loterie à l'assistance et on n'a pas pris ce risque", a-t-il expliqué. L'après-midi, le quintuple champion du monde en titre chaussait pourtant des pneus "pluie", même si les prévisions étaient plus optimistes.
Neuville préférait lui les "tendre" et reprenait douze secondes en deux spéciales à Ogier. Latvala, "trop prudent" selon ses dires, a lâché beaucoup de temps dans l'avant-dernière spéciale que Neuville a dominée juste avant une averse qui a lourdement pénalisé Loeb et Sordo.

Jeu de dupes ?

Voir un trio de tête composé de Latvala, Ogier et Loeb offre aux fans un beau parfum de nostalgie, accentué par la présence en WRC2 du Norvégien Peter Solberg, champion du monde en 2003.
Le vice-champion 2010, 2014 et 2015, chassé par les deux monstres de la catégorie au niveau du palmarès (14 titres à eux deux), va devoir conserver sa sérénité pour conquérir son premier succès depuis la Suède en 2017.
"Cela faisait six ans que je n'avais pas disputé une spéciale mouillée", rappelait de son côté Loeb, vainqueur de l'ES12. Le nonuple champion du monde, détenteur du record de victoires, est en course pour sa 79e en WRC.
Va-t-on assister à un jeu de dupes lors des quatre dernières spéciales, dont la power stage et ses cinq points maximum à glaner ? "Je préfèrerais débarquer deuxième avec cinq points de retard que premier avec cinq d'avance", avait indiqué Neuville avant le rallye. "Je peux affirmer avec certitude que nous continuerons à nous battre avec acharnement", a néanmoins assuré le Belge samedi soir. "Tout est jouable pour dimanche", a-t-il prévenu. "L'objectif numéro un sera de rester devant Thierry", a pour sa part indiqué Ogier.
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