Si la fin de l'histoire entre Sébastien Loeb et Sébastien Ogier reste à écrire, le début n'a pas manqué de piment. Frictions, intimidations, échanges houleux, la relation entre les deux pilotes Citroën n'est pour l’instant pas des plus cordiales. Loin de là. Pour bien comprendre la rivalité qui s'est installée entre les deux hommes, il faut savoir que Loeb avait jusqu'ici toujours bénéficié d'un statut privilégié au sein du Citroën World Rally Team. Mais avec l'arrivée de "Seb 2", contractuellement à égalité avec "Seb 1", fini le traitement de faveur.
Les tensions n'ont ainsi pas tardé à se faire jour. Dès le 2e rallye de la saison plus précisément, au Mexique. Et c'est par l'intermédiaire d'un 3e homme, Olivier Quesnel, qu'elles ont débuté. Début mars, à l'issue de la 2e étape, le directeur de l'équipe demandait ainsi au septuple champion du monde de se contenter de la 2e place de l'épreuve derrière Ogier. Une décision difficile à avaler pour Loeb, pas habitué à pareil traitement de la part de son employeur. Refusant d'obtempérer, l'Alsacien a finalement attaqué, poussant son jeune équipier à la faute, et a remporté l'épreuve. Qui a eu tort dans l'affaire ? Loeb qui n'a pas accepté la consigne ? Ou Citroën qui a décidé (trop tôt dans la saison ?) de geler les positions ? Quoi qu'il en soit, le mal était fait.
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Loeb : "On sait qui est le N.1 : c'est Ogier !"
Quelques mois plus tard, en Grèce, Loeb va de nouveau se sentir lésé par rapport à son équipier. Leader du championnat et en position d'ouvreur sur la route, l'Alsacien n'est pas maître de ses choix tactiques. Et Ogier va en profiter. Avec seulement 15.1 sec d'avance sur Loeb avant la dernière spéciale de l'étape 2, le Haut-Alpin décide de ralentir pour laisser repasser son équipier devant au classement général. Il s'évite ainsi une position d'ouvreur et de balayeur le dernier jour. Une décision qui provoque la colère de Loeb. "Ils (Citroën, ndlr) lui ont communiqué le temps à réaliser pour se caler derrière moi au général. C'est une belle stratégie d'équipe… ça me fait un peu rire. L'équipe a préféré aider Ogier à gagner ce rallye plutôt que m'aider à gagner au championnat. C'est une bonne information pour la suite. Désormais, on sait qui est le N.1 : c'est Ogier !" A six rallyes de la fin de la saison, Loeb compte alors 17 points d'avance sur Hirvonen (Ford WRT) et 22 sur Ogier.
La tension monte dans l'équipe et le sommet va être atteint en Allemagne, fin août. Cette fois, c'est Ogier qui va lancer les hostilités. La direction de Citroën ayant décidé de geler les positions dès le vendredi soir, le Haut-Alpin sort de ses gonds. "Comme d'habitude, Seb va pleurer et dire qu'il faut des consignes", lâche-t-il, excédé. Dans la foulée, il va même plus loin. Trop loin. Alors que Loeb vient de signer un nouveau contrat pour 2012 et 2013, Ogier y va de son commentaire. "Je trouve ça petit que de signer un contrat en demandant d'être absolument le N.1 pour ne pas être attaqué." Trop, c'est trop. Ogier est convoqué par la direction de Citroën qui n'hésite pas à le recadrer.
Cela suffira-t-il à calmer le feu qui couve entre les deux pilotes ? Pour cette fin de saison, c'est probable. Avant le Rallye de France, ce week-end, Ogier s'est même mis "au service de l’équipe pour l’aider à conquérir de nouveaux titres". En clair, il se positionne en tant que pilote N.2. Mais en 2012, il serait étonnant qu'il se contente de nouveau des accessits. Ce n'est pas dans le tempérament du jeune homme.
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