Citroën Communication

Sébastien Loeb : "Quelque chose que je n'aurais jamais pu imaginer"

Les mots de Loeb pour raconter "ce qu'il n'aurait jamais pu imaginer"
Par Eurosport

Le 02/10/2013 à 21:06Mis à jour Le 03/10/2013 à 15:29

Sébastien Loeb va disputer en Alsace le dernier rallye d'une carrière incroyable. Voici, de 2001 à 2012, ses temps forts, racontés à la première personne.

2001

Championnat de France et champion du monde Junior WRC, il est engagé par Citroën au Sanremo, en fin de saison.

"Ayant atteint mes objectifs en Championnat de France et en J-WRC, Guy Fréquelin m'a confié une Xsara WRC pour la première fois. À vrai dire, j'espérais faire un bon résultat, puisque j'étais dans les temps de Bug en essais. Après la première spéciale, j'étais à 4"du scratch en ayant roulé tranquillement. C'était quand même une petite surprise ! Nous avons fait une fin de course de folie pour terminer juste derrière Panizzi. Avant ce rallye, j'envoyais des fax aux constructeurs pour leur signifier que j'existais. Après le Sanremo, tout le monde m'appelait pour me faire signer des programmes complets. Même si ce n'était que pour une demi-saison en 2002, j'ai voulu continuer avec Citroën. Je crois que c'était la bonne décision !" - AFP

" J'envoyais des fax aux constructeurs pour leur signifier que j'existais"

2002

Vainqueur du Monte-Carlo mais deuxième suite à une réclamation pas très fair-play de Subaru pour offrir la victoire à Tommi Mäkinen.

"Je suis vraiment très heureux, même si j'ai encore du mal à réaliser ce que représente cette victoire au Monte-Carlo. C'est le rallye que tout le monde veut gagner, il est un peu français. Quant à la pénalité, pour moi, j'ai gagné la course. La bataille s'est faite dans les spéciales. Le public, mêmes les autres pilotes, l'ont vu. Le reste, c'est de la politique." - L'Equipe

"Le rallye que tout le monde veut gagner"

2003

"Sur le moment, cela a été une grosse déception. A ce moment-là, on venait de faire deux spéciales dans le rallye, je n'attendais pas du tout à avoir des consignes. Connaissant Guy [Fréquelin], le fait qu'il sache ce que je ressens, je ne pensais pas en avoir. Par la suite, j'ai quand même bien compris ce qu'il se passait et que la décision ne venait pas forcément de lui mais peut-être d'au-dessus, et que pour Citroën le titre Constructeurs était plus important. Dans la position où on se trouvait, le fait que Carlos [Sainz] soit sorti, si j'abandonnais, on perdait les deux titres et c'est clair que c'était un gros risque. Solberg était de toute façon très difficile à battre. J'ai très vite digéré." - Eurosport.fr

" Des consignes, je ne pensais pas en avoir""

2004

Vainqueur du Rallye de France et champion du monde.

"Mon saut à l'arrivée ? C'est venu naturellement. Je me suis surpris moi-même. Je me suis dit : 'Mais qu'est-ce qui t'arrive ?' J'ai même fait un saut périlleux arrière sur le podium. J'ai débuté en 1997 en rallye régional. En 2004 je suis champion du monde. C'est un peu un conte de fées. C'est génial pour tout le monde, toute l'équipe. Ce qui me fait presque le plus de plaisir, c'est de voir le bonheur que cela procure aux gens autour de nous. C'est vraiment un grand moment."

" En régional en 1997, champion du monde en 2004"

2005

Vainqueur de toutes les spéciales (12) du Rallye de France.

"J'avais annoncé que j'avais vraiment envie de gagner ce rallye. On est parti à l'attaque dès le début, et de pouvoir gagner de cette manière-là, c'est super. C'était chouette, j'ai vraiment pris du plaisir. Si les petites routes de Corse vous paraissent être l'enfer, moi j'aime bien".

"Si les petites routes de Corse vous paraissent être l'enfer, moi j'aime bien"

2006

Forfait sur blessure à l'épaule mais champion du monde, dans son canapé, à des milliers de kilomètres de l'Australie.

"A chaud, j'avoue que j'ai un peu de mal à réaliser. Il est encore tôt, en France... Compte tenu de la manière dont cela s'est passé, et du fait que je m'en voulais tout de même un peu de m'être mis moi-même sur la touche, je suis forcément soulagé... Cet objectif de titre au sein d'une équipe privée (Kronos), même soutenue par Citroën Sport, peu de gens y croyaient."

"Peu de gens y croyaient"

2007

Nouvelle-Zélande : sa plus belle défaite.

"Je n'aime pas parler de mes défaites, mais cette deuxième place est vraiment spéciale. Ce rallye a été un de mes plus beaux duels avec Marcus Gronhölm. Au volant, nous nous régalions sur ces magnifiques routes en terre. Mais il y avait aussi beaucoup de tension. J'étais en tête lors de la dernière étape, mais jamais avec plus de trois secondes d'avance. Dans Whaanga Coast, le pénultième chrono du rallye, Marcus prend l'avantage pour 0"7. La victoire s'est jouée dans la super spéciale. Malgré mon meilleur temps, je m'incline pour 0"3…"

"Nous nous régalions sur ces magnifiques routes en terre"

Citroën Communication

2008

Dieux vivants en Argentine.

"L'Argentine est un rallye qui nous a toujours souri, mais nous l'aimons surtout pour l'ambiance incroyable, les paysages à couper le souffle et les fameux barbecues qui plaisent tant à Daniel [Elena] ! Très dynamique, la filiale locale de Citroën organise chaque année des opérations promotionnelles. Cette année-là, j'avais emmené Diego Maradona à ma droite. Lorsque nous sommes partis sur la liaison, il était particulièrement enthousiaste, car il pensait que la foule massée au bord de la route était là pour lui. Pourtant, avec la position rabaissée du siège du copilote et les vitres réfléchissantes, personne ne le voyait ! Comme je ne parle pas espagnol et que son anglais est plus que limité, je n'ai pas pu lui expliquer… A notre retour, lorsqu'il est descendu de la C4, ça a vraiment été l'hystérie. Cette fois, c'était pour lui !"

"Avec la position rabaissée du siège du copilote et les vitres réfléchissantes, personne ne voyait Maradona"

2009

La mauvaise Grèce.

"Sans doute notre plus grosse sortie de route ! Comme la plupart du temps, c'est arrivé à cause d'un infime moment de déconcentration. Nous avons fait une belle série de tonneaux. Après l'accident, je cherchais mon téléphone. En fait, il était resté dans la pochette accrochée à la portière, où je le range habituellement. Le plus difficile a été de retrouver ladite portière dans le champ ! Les conséquences ont été fâcheuses, car nous avons enchaîné les déconvenues par la suite. Le titre ne s'est joué que pour un point au pays de Galles !" - Citroën Racing

"Le plus difficile a été de retrouver ladite portière dans le champ"

2010

Rallye de France : émotion totale.

"Après le Tour de Corse 2004, il s'agit sans doute du moment le plus fort. Cette première édition du Rallye de France en Alsace était sous haute tension, car nous pouvions remporter les deux titres. J'avais la pression, mais j'ai tout fait pour le cacher en m'isolant dans ma bulle. L'arrivée a été un énorme soulagement. Devenir champion chez moi, à Haguenau, était quelque chose que je n'aurais jamais pu imaginer. Quand j'ai retrouvé Séverine et mes amis sur la liaison qui me ramenait à Strasbourg, je n'ai pas pu m'empêcher de verser quelques larmes. Ce n'est pas tous les jours que ça m'arrive !" - Citroën Racing

"Je n'ai pas pu m'empêcher de verser quelques larmes"

AFP

2011

Il bénéficie de consignes en Allemagne mais crève et Ogier, qui les avait dénoncées, s'impose.

"Je comprends que cette décision n'ait pas plu à Sébastien Ogier (ndlr : consigne de Citroën de figer les positions Loeb 1er, Ogier 2e le vendredi soir du Rallye d'Allemagne). En 2003 je me suis "écrasé" pour un titre Constructeurs. Nous sommes les employés d'une entreprise. Même si quelques fois les décisions ne nous font pas plaisir, il faut les accepter. Sébastien est dans un état d'esprit différent. Il ne les accepte pas, c'est son droit. C'est sûr que cela complique un peu les relations. On s'est vu quelques fois en dehors des rallyes. On se verra un peu moins. Ça ne changera pas la vie."

"On s'est vu quelques fois en dehors des rallyes, on se verra un peu moins"

2012

Marchand de bonheur.

"Il s'agissait de mon dernier titre de champion du monde… des rallyes ! J'étais assez ému, mais surtout fier d'avoir parcouru tout ce chemin avec Daniel et Citroën Racing. Nos fans, nos familles, notre équipe, tous les gens qui comptaient étaient là et il fallait que nous leur offrions cette joie. En tous cas je n'ai jamais ressenti de tristesse ou de regrets, car je savais que la fin de cette histoire marquait le début d'une nouvelle…" - Citroën Racing

"Emu et fier"
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