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Loeb champion : réactions

Loeb champion : réactions
Par Eurosport

Le 03/12/2007 à 17:30Mis à jour

Quelques vainqueurs français du Monte Carlo et du Tour de Corse, notamment, saluent les qualités exceptionnelles de Sébastien Loeb, quadruple champion du monde des rallyes.

Avec Sébastien, nous nous sommes finalement peu battus l'un contre l'autre car j'étais à la fin de ma grande période lorsqu'il est arrivé. Je me souviens du Rallye de Sanremo 2001, son premier en Mondial avec Citroën, où je l'avais battu pour la victoire. Je savais d'où il venait, et qu'il allait très vite nous faire 'chier' !

En quoi a-t-il le plus évolué ? Difficile à dire mais Sebastien n'a copié personne, contrairement à beaucoup. Solberg, par exemple, n'était pas bien sur l'asphalte et a commencé à me regarder pour piger. Il a fini par moins glisser, suivre des trajectoires plus tendues. Chez Peugeot, Grönholm ne captait pas non plus le pilotage sur le tarmac et n'arrêtait pas de demander des vidéos embarquées de moi, en 1999-2000. Il voulait tout le temps monter en passager pour regarder comme je faisais. Il sortait souvent blême de la voiture mais revenait toujours pour monter. Un jour, il est même descendu pour vomir. Il demandait aussi mes relevés télémétriques pour superposer les courbes.

En fait, Sébastien s'est bien mieux adapté à la terre que les Scandinaves au goudron. En 2003, il en a mis un sacré coup à McRae et Sainz chez Citroën ! Je peux même vous dire qu'ils ne savaient pas ce qui leur arrivait ! Au bout du compte, le "petit" Sébastien a "viré" le grand Colin puisque Citroën n'a dû garder que deux pilotes pour 2004.

Sébastien, c'est le genre de "monstre" que l'on voit tous les trente ans !, LE pilote que le rallye n'a jamais connu. A l'époque, on citait Walter Rorhl mais Sébastien aurait pu faire carrière dans les années 70, 80 ou 90 avec le même succès. Personne n'aurait pu aller le chercher. Personne. Sébastien est battable sur deux-trois courses mais pas sur un championnat. Sébastien a un parcours hallucinant, c'est un "avion" comme on dit dans le jargon."

Jean Ragnotti (Vainqueur Monte Carlo 1981 et Tour de Corse 1982 et 85) : "Sébastien, c'est d'abord quelqu'un d'équilibré, sympa et qui a la faculté de gérer les courses avec un calme olympien. Il semble insensible à la pression. De qui est-il le plus proche parmi les pilotes que j'ai vus ? Je dirais Walter Röhrl. J'en ai vu un tas dominer quelques années puis disparaître de la circulation, sans durer vraiment. Sébastien a ceci de commun avec Walter qu'il est capable de gagner trois Monte-Carlo avec trois voitures différentes. Il tourne autour de son maxi depuis plusieurs années et va se retrouver tout seul en 2008. C'est un risque pour le rallye, car il peut en gagner 12 ou 13."

Jean-Pierre Nicolas (Vainqueur du Rallye de Monte Carlo 1978, ex-directeur sportif de Peugeot WRC) : "C'est le pilote le plus exceptionnel de tous les temps, celui qui a gagné le plus de rallyes variés. Il a gagné sur la terre lente, la terre rapide sauf la Finlande -mais ça pourrait bien changer l'an prochain-, il a battu les Finlandais et les Suédois sur la neige en Suède, il s'est imposé six fois de suite sur asphalte en Allemagne et reste sur trois victoires au Tour de Corse... C'est un mec solide, d'une intelligence exceptionnelle et, en plus de son coup de volant, il a un mental de grand champion. Il regarde, il jauge l'adversaire, et quand il décide de porter l'estocade, plus personne ne peut le suivre. Pas même Marcus [Grönholm], qui n'a pas toujours eu les nerfs assez solides pour ça. Et puis, Sébastien a la réussite ; mais ça n'a rien à voir avec la chance car c'est quelque chose qui se travaille. Il sait se donner les moyens, rassembler autour de lui, notamment dans la voiture avec Daniel Elena, un copilote extraordinaire, qu'il doit considérer comme son homme de confiance. Sébastien a-t-il atteint le niveau de Gilles Panizzi sur l'asphalte ? Impossible de le dire mais Gilles était un monument dans ce registre. En fait, la fin de la belle époque de Gilles a coïncidé avec l'essor de Sébastien, et j'aurais aimé voir Gilles dans la 307 avec les mêmes pneus dernière évolution face à Sébastien sur sa Xsara. Dans la vie, Sébastien est quelqu'un d'adorable, de très sympa et qui ne se la joue pas. Il était déjà entré dans l'histoire du rallye avant même son 4e titre. L'an prochain, Marcus ne sera plus là et il sera imbattable."

Henri Pescarolo (4 fois vainqueur 24 Heures du Mans, directeur d'équipe de Sébastien Loeb aux 24 H du Mans 2006) : "Sébastien est l'un des pilotes les plus doués que la France ait connus, depuis longtemps, toutes disciplines confondues. C'est un surdoué, un gros travailleur et quelqu'un d'intelligent. Malgré tous ses titres de champion du monde, il est resté le même qu'à ses débuts. Et c'est surprenant, vu sa notoriété. J'espère bien qu'il courra à nouveau les 24 Heures du Mans avec nous, mais le règlement défavorable à la motorisation essence ne s'y prête pas actuellement. Il veut refaire cette course pour la gagner."

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