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Rallye Monte-Carlo - Sébastien Ogier, le champion en quête perpétuelle

Ogier, le champion en quête perpétuelle

Le 25/01/2018 à 22:36Mis à jour Le 26/01/2018 à 13:05

RALLYE MONTE-CARLO - Depuis cinq ans, Sébastien Ogier force les portes de l'histoire du rallye mais il n'est toujours pas facile de passer après neuf titres de Sébastien Loeb. Le Gapençais a néanmoins l'opportunité de s'offrir un peu plus de reconnaissance cette saison, en commençant par un record au Monte-Carlo.

Sébastien Ogier est peut-être l'un des champions les moins reconnus du sport français. Ses cinq mondiaux ne sont sûrement pas considérés à la hauteur de ses accomplissements et sa notoriété reste aux frontières de la confidentialité en regard d'un Sébastien Loeb au même stade de sa carrière. Vous en connaissez beaucoup des champions que l'on définit par rapport à ce qu'il leur manque ? Le Haut-Alpin de 34 ans a toujours un an d'avance sur l'infernal tableau de marche de l'Alsacien mais, c'est aussi incroyable que désespérant, il lui faudra sans doute enquiller encore quatre titres pour interpeller le Français de la rue, pour qui Loeb demeure inégalable. Le seul pour tout dire, qui a eu l'avantage de combiner neuf titres avec une marque française. Pour une notoriété fantastique.

Le cinquième titre d'Ogier - le premier avec Ford - a été le plus beau mais il n'est pas sorti des cercles initiés qui savent ce que représente gagner avec une équipe privée face à trois usines. Que lui reste-t-il à faire ? Cogner, encore et encore. Sur quelques records au passage. Ça tombe bien, il va en avoir l'occasion, ce week-end.

Sébastien Ogier (Ford WRT) au Rallye Monte-Carlo 2018

Avec la pugnacité et l'art de la précision qu'on lui connait, le natif de Gap remet donc ça sur le Monte-Carlo, avec une Fiesta quasiment dans son jus première mouture de 2017. Les sournoises routes de Gap à Monaco - en passant par Sisteron - pourraient le porter à une gloire jamais égalée : remporter cinq années de suite le plus grand rallye du monde. Ce n'est pas rien, et d'ailleurs ni Tommi Mäkinen ni Sébastien Loeb n'y sont jamais parvenus. Même si ce dernier en aurait eu l'opportunité si l'ACM ne s'était mise en marge du WRC.

Il faut rendre justice à Sébastien Ogier : il est le deuxième plus grand rallyman de tous les temps par ses titres, ses victoires et son degré de polyvalence, sur toutes les surfaces ; en attendant mieux. Pour s'en convaincre, on peut se pencher sur l'un des plus gros palmarès de l'histoire, celui de Juha Kankkunen, couronné quatre fois sans une victoire sur asphalte ou au Monte-Carlo. Et il faut réaliser l'époque dorée dans laquelle on vit. Ça fait 14 ans que ça dure, Loeb savait tout faire et Ogier est son clone parfait.

Position privilégiée chez Ford

L'an dernier, Sébastien Ogier a su forcer les portes de la gloire avec M-Sport, dont les moyens techniques et financiers étaient sans communes mesures avec ceux de Hyundai, Toyota ou Citroën. Le tour de force n'est pas passé inaperçu et avec de solides arguments, son patron Malcolm Wilson a pu retrouver le statut d'équipe officielle Ford perdu en 2013. A l'instar de Loeb qui avait su forcer le retour de Citroën après l'impasse en 2006, Ogier a été capable de faire bouger Ford, et ça n'avait rien d'évident.

L'urgence était le développement du moteur, sur lequel le quintuple champion du monde et Malcolm Wilson ont reçu des garanties. Un préalable pour tout dire, tant le déficit avait été parfois criant l'an dernier. Une première condition nécessaire donc, mais pas forcément suffisante car la concurrence s'est renforcée.

Quelle chance accorder à Sébastien Ogier d'être champion du monde une sixième fois ? Plus que l'an dernier vu sa position de leader incontesté chez Ford. Ott Tänak lui avait fait parfois de l'ombre et pris des points qui auraient pu faire défaut à l'heure des comptes. L'Estonien parti prendre un joli chèque chez Toyota, restent donc le Britannique Efyn Evans, enfin vainqueur de son premier rallye au pays de Galles en 2017, et le prometteur Finlandais Teemu Suninen, en apprentissage sur huit manches. Bref, Ogier devrait logiquement bénéficier d'un vrai statut de n°1.

L'hypothétique Graal

Ce ne sera pas de trop, car en face Hyundai repart avec le rapide (mais inconstant) Thierry Neuville flanqué d'un Andreas Mikkelsen capable d'endosser le rôle de leader. Chez Toyota, on a été malin de miser sur Ott Tänak et Jari-Matti Latvala, spécialiste de l'ascenseur émotionnel, ne devrait pas y gagner en sérénité. Doit-on parler de Citroën ? Kris Meeke n'a jamais montré l'étoffe d'un champion en puissance et après le transfert raté de Sébastien Ogier, c'est plus sûrement le pigiste de luxe Sébastien Loeb qui créera le buzz.

Bref, Sébastien Ogier a encore une belle carte à jouer pour se rapprocher de l'hypothétique Graal, car, ne l'oublions pas, il n'a resigné que pour une saison. Qui pourrait donc être sa dernière. Mais on n'en est pas là et il est temps d'apprécier ce Mondial 2018. Bonne saison à tous !

Sébastien Ogier (Ford WRT) au Rallye Monte-Carlo 2018
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