Membre à part entière de la famille du FIA World Touring Car depuis 15 ans, Rob Huff était un absent remarqué l'an passé en WTCR. Sans volant, le Britannique a tourné son attention vers la Suède et le réputé championnat STCC, qu'il a conclu en remportant le titre.
"L'objectif est le titre. Je ne serais pas venu si je ne pensais pas que nous aurions l'opportunité de gagner".

Rob Huff, 41 ans, effectue ainsi un retour très attendu dans le championnat WTCR - FIA World Touring Car Cup en 2021, dans lequel il pilotera une CUPRA Leon Competición équipée de Goodyear et alignée par le Zengő Motorsport. Voici ce que le champion du monde 2012 des voitures de tourisme a déclaré.

Compte tenu de votre palmarès déjà éloquent et du fait que vous avez été éloigné du WTCR pendant un an, pourquoi revenir ?
"À cause de ma passion et de mon amour de la course. J'ai été très, très chanceux dans ma carrière. Si l'on revient à mes débuts dans ce sport, je n'ai jamais eu l'intention de devenir pilote de course professionnel, personne dans ma famille ne l'aurait pensé non plus. Quand nous avons finalement réussi, avec toute l'aide dont nous disposions à l'époque, à courir en championnat du monde et à devenir ensuite champion du monde, puis à poursuivre dans cette discipline, c'était fantastique. Mais nous savons tous que le sport automobile a des hauts et des bas. J'ai gagné le championnat du monde avec Chevrolet, mais ensuite Chevrolet a stoppé son engagement et je me suis retrouvé sans emploi. Mais j'ai été sauvé par René [Münnich en 2013], et ensuite, évidemment, je suis retourné dans des équipes de constructeurs avec LADA et Honda et de nouveau avec René [en 2017], puis de nouveau chez un constructeur avec Volkswagen... puis Volkswagen a stoppé son programme à son tour. Cela a rendu très difficile de trouver un programme qui soit attrayant, faisable et durable pour 2020. C'était l'année la plus difficile pour rester dans les séries mondiales et j'envisageais, effectivement, d'en rester là. Nous avions eu quelques années difficiles et j'ai réalisé que tout pouvait être terminé et que je devais me concentrer sur d'autres choses. Puis j'ai rencontré le merveilleux Fredrik Lestrup et j'ai vécu une année fantastique en STCC. Remporter le titre a été une réussite incroyable pour moi et pour l'équipe et cela a vraiment rallumé mon amour et ma passion pour le sport automobile. Et puis, évidemment, le téléphone a sonné de la part de l'équipe hongroise aux couleurs vertes, que je connaissais bien !"

Qu'est-ce qui vous a attiré chez Zengő Motorsport ?
"J'aime tout simplement ce qu'ils font. J'aime l'équipe, cela a toujours été le cas, je les ai toujours suivis de très près. Zoltán Zengő est probablement l'homme le plus sympathique du paddock et avoir l'opportunité de revenir avec eux, avec ce qu'ils ont créé et ce qu'ils ont bâti, c'est le scénario parfait. Zengő va surprendre beaucoup de gens avec ce qu'ils vont apporter cette année. Je les ai vus dès le premier jour et ce que Zoltán a réussi à réaliser est très, très impressionnant. Le niveau des installations et du personnel est plus élevé que celui de n'importe quelle équipe privée avec laquelle j'ai travaillé. J'ai une confiance totale en eux pour l'avenir. Le nombre de pilotes qu'ils ont réussi à réunir cette année montre qu'ils ne plaisantent pas. Ils ont fait un grand pas en avant, et pas seulement au niveau des pilotes, mais au niveau de toute l'équipe. Beaucoup de gens devraient garder un œil sur nous parce que nous allons arriver très fort".

Vous n'êtes pas le seul pilote à revenir en World Touring Car après une absence plus ou moins prolongée - votre coéquipier Jordi Gené fait également son retour, même si son absence a été bien plus longue. Quel souvenir gardez-vous de la course contre Jordi en WTCC et qu'en est-il de vos deux autres coéquipiers ?
"Nous avons beaucoup couru l'un contre l'autre pendant de très nombreuses années avec Jordi. Il a toujours été un personnage très sympathique dans le paddock, toujours un très bon compétiteur, fair-play, très rapide, très fort mentalement et c'était vraiment agréable de le voir au Hungaroring cette semaine. C'était la première fois que je le voyais depuis que nous avons été accidentés ensemble à Macao en 2015 en fait ! Il sera un atout très précieux au sein de l'équipe. Nous n'avons pas besoin de discuter du niveau de Mikel Azcona. Nous savons tous à quel point il est performant dans le sens où il est capable de réaliser d'excellents chronos sur un tour, d'obtenir des résultats et de faire en sorte que tout fonctionne. C'est un pilote de très haut niveau. Et Bence Boldizs est évidemment un pilote très prometteur, à suivre de près. Après avoir parlé avec lui cette semaine, ce qu'il a fait et ce qu'il a réussi à faire en si peu de temps est littéralement incroyable. Il va se développer très vite, mais nous cherchons tous à nous développer ensemble pour nous hisser aux premiers rangs du WTCR".

Courir dans le championnat STCC en 2020 vous a évidemment donné votre dose de sport automobile, mais qu'avez-vous ressenti en regardant le WTCR de loin, en voyant les pilotes contre lesquels vous avez couru pendant si longtemps et en n'en faisant pas partie ?
"L'année dernière a probablement été l'année la plus étrange que nous ayons jamais vue pour le sport automobile. Donc, pour chacun d'entre nous, pouvoir courir l'année dernière, revenir sur la piste et faire ce que nous aimons faire, être en compétition a été un tel privilège et je ne pense pas que cela aurait eu d'importance de savoir dans quel championnat rouler. Évidemment, j'aurais aimé participer au WTCR mais, en même temps, j'ai été très heureux de participer au championnat STCC parce que nous y avons battu des records et écrit l'histoire. C'était un énorme sentiment de satisfaction et d'accomplissement. Mais tous ceux qui ont eu l'opportunité d'être impliqués dans le sport automobile l'année dernière avec la passion et l'amour que nous avons pour ce sport ont été très, très chanceux et nous pouvons nous montrer privilégiés pour cela."

Si l'opportunité Zengő ne s'était pas présentée, auriez-vous accepté que 2019 soit votre dernière saison dans la discipline ou espériez-vous toujours un retour en WTCR dans le futur ?
"Bien sûr, mais je suis un compétiteur, je l'ai toujours été, c'est tout ce que j'ai toujours connu. J'ai eu beaucoup de chance d'entrer dans le sport automobile professionnel. J'ai été un pilote payé toute ma vie et si cela ne se reproduisait pas, ce serait évidemment dévastateur. Assis chez moi à regarder la course l'année dernière, je me demandais ce qui se passait ou ce que j'aurais pu faire ou ne pas faire. Cela ne disparaît pas, car c'est un feu qui brûle profondément en moi. Alors, bien sûr, j'étais toujours à la recherche d'opportunités et j'espérais que nous pourrions trouver une solution. Mais j'ai été très, très chanceux d'avoir des gens fantastiques autour de moi qui m'ont permis, au fil des ans, de vivre mon rêve."

Serez-vous au top de votre forme ou un peu rouillé après une année d'absence du WTCR lors de votre retour ?
"J'ai eu la chance de faire beaucoup de courses l'année dernière et tous ceux qui connaissent le STCC savent de quoi il s'agit. La compétition y est acharnée, et le niveau est aussi élevé que partout ailleurs dans le monde. Les circuits sont très délicats, très différents. Je me suis battu là-bas l'année dernière aussi dur que je l'avais jamais fait, j'ai travaillé aussi dur que je l'avais jamais fait contre des noms dont vous n'avez peut-être jamais entendu parler parce qu'ils ont grandi en Suède et couru en Suède. Ils me poussaient à mes limites absolues, et il m'a fallu toute l'expérience et la compétence dont j'avais besoin pour gagner ce championnat l'année dernière."

Pendant votre absence, vos rivaux ont eu l'opportunité de se roder avec le pneu Goodyear. Cela vous inquiète-t-il ?
"J'ai beaucoup de chance qu'on m'ait donné l'opportunité d'avoir la polyvalence de pouvoir courir dans différents championnats à travers le monde, dans différentes catégories, avec différents pneus. Je suis sûr que [le pneu Goodyear] aura ses propres caractéristiques, mais il ne sera pas très différent de tout ce que j'ai connu auparavant. Bien sûr, il faudra bien le comprendre, mais en même temps, j'ai une équipe très expérimentée derrière moi qui a beaucoup de données et qui a l'expérience du pneu de l'année dernière, tout comme Mikel et Bence qui peuvent aussi m'aider."

Estoril a été annoncé comme le nouveau site de la WTCR Race of Portugal cette semaine. Vous connaissez évidemment bien le circuit pour y avoir couru en WTCC. Que pensez-vous du tracé et de ce qu'il pourra apporter au WTCR ?
"Estoril est un circuit fantastique. Nous y avons couru dans les premières années du WTCC, et nous y avons fait beaucoup de tests hivernaux, donc je connais très, très bien le circuit, même si je n'y suis pas allé depuis de nombreuses années. C'est un circuit qui n'a pas vraiment changé, mais c'est évidemment un événement en soi car le circuit possède une véritable histoire. C'est un circuit difficile, pas évident à apprendre. Il apportera un autre défi bienvenu au calendrier."

Enfin, quel est votre objectif pour cette année ?
"Gagner, bien sûr, c'est l'objectif. Je ne serais pas venu pas si je ne pensais pas que nous aurions l'opportunité de gagner. C'est aussi l'objectif de l'équipe d'aller chercher la victoire, et avec ce que Zoltán Zengő a mis en place, il s'est donné la meilleure opportunité qu'il ait jamais eue de le faire."
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