Le tirage est tombé ce jeudi, le tournoi démarre dimanche 24 mai. Avec un Carlos Alcaraz forfait côté messieurs et une tenante du titre Coco Gauff placée dans la même moitié de tableau qu'Aryna Sabalenka chez les dames, l'édition 2026 promet un scénario bien moins balisé qu'on ne le pensait il y a encore deux semaines. Favoris, outsiders, pièges français : tout ce qui se dessine à trois jours du coup d'envoi. Le calendrier et les résultats complets sont à retrouver sur Eurosport.
Tableau masculin : la voie semble libre pour Sinner
Sans Alcaraz, le débat sur le favori se réduit à un nom : Jannik Sinner. L'Italien arrive Porte d'Auteuil avec un bilan de 17 victoires en 17 matches sur terre cette saison, un sixième Masters 1000 consécutif glané dimanche dernier à Rome face à Casper Ruud et un statut de deuxième homme de l'histoire, après Rafael Nadal en 2010, à enchaîner Monte-Carlo, Madrid et Rome dans la même année. Il avait au passage écrasé Alexander Zverev en finale madrilène (6-1, 6-2), un signal fort à trois semaines de Paris. Sa série de 34 victoires en Masters 1000 est désormais un record de l'ère Open.
Le tirage prolonge cette dynamique. Premier tour face à Clément Tabur, 165e mondial. Troisième tour théorique sans piège majeur. Quart probable contre Ben Shelton, demi-finale envisageable face à Félix Auger-Aliassime ou Daniil Medvedev. Aucune des bombes du circuit n'est plantée sur sa route avant la deuxième semaine. Et le seul homme à l'avoir battu sur terre depuis dix-huit mois, Arthur Fils, se retrouve de l'autre côté du tableau.
La partie de Novak Djokovic ressemble à autre chose. Le Serbe, 38 ans, troisième mondial, n'affiche que 7 victoires pour 3 défaites depuis le début de saison, marqué par une sortie à Indian Wells contre Jack Draper après une finale d'Open d'Australie perdue contre Alcaraz. Triple lauréat à Paris (2016, 2021, 2023) avec 101 victoires et sept finales au compteur, il sait à quel prix ces deux semaines se paient à son âge. Sauf que le programme est dense : Mpetshi Perricard d'entrée, Joao Fonseca dans le viseur au troisième tour, possible huitième contre Casper Ruud, finaliste à Rome dimanche dernier.
Alexander Zverev, tête de série numéro 1 grâce à ses points 2025, demeure l'autre nom à surveiller. Finaliste à Madrid contre Sinner, l'Allemand reste l'un des très rares joueurs capables d'imposer un combat physique sur cinq sets. Sauf qu'il hérite d'Arthur Fils en huitième, et que Fils l'a déjà fait douter cette saison. Le piège est réel.
Le scénario probable
Sinner finaliste, le tirage le dicte presque mécaniquement. En face, Zverev tient la corde devant Djokovic, à condition de survivre au passage Fils. Vainqueur attendu : Jannik Sinner. Outsider de la quinzaine : Casper Ruud, qui n'a pas joué aussi bien sur terre depuis sa finale 2023. Côté cotes, Sinner est logiquement plombé à 1,30 chez Unibet. Zverev (11) et Djokovic (13) ferment la marche du carré de tête, devant Ruud (20) et Fils (22).
Côté français : un tirage cruel, des dégâts dès la première semaine
Tony Estanguet, en charge du tirage côté hommes, n'a pas fait dans la dentelle. Trois Bleus tirent les trois premières têtes de série : Bonzi prend Zverev, Tabur prend Sinner, Mpetshi Perricard prend Djokovic. Au-delà, l'addition continue : Fils démarre contre Stan Wawrinka, ancien vainqueur du tournoi qui joue ses derniers Internationaux, avant un possible huitième contre Zverev. Gaël Monfils entame sa dernière danse parisienne face à Hugo Gaston, choc 100% tricolore. Ugo Humbert affronte Adrian Mannarino, autre duel franco-français qui ne fait plaisir à personne. Quant à Moïse Kouamé, 17 ans, il découvre le grand tableau face à Marin Cilic, ancien lauréat de l'US Open et toujours 47e mondial à 37 ans. Vingt ans d'écart d'âge entre les deux joueurs.
Tableau féminin : Gauff doit défendre, Sabalenka veut effacer la finale 2025
Côté dames, le scénario est plus ouvert. Coco Gauff revient à Paris en tenante du titre après sa victoire arrachée face à Sabalenka l'an dernier (6-7, 6-2, 6-4), une finale dans laquelle elle est devenue la première Américaine sacrée sur la terre parisienne depuis Serena Williams en 2015 et la première joueuse depuis Simona Halep en 2018 à s'imposer en finale après avoir perdu le premier set. L'Américaine arrive de Rome où elle a buté sur Elina Svitolina en finale, mais elle y a au passage battu Mirra Andreeva et signé 78% de premières en demi-finale contre Sorana Cirstea : les indicateurs de service, longtemps son point faible, sont au vert.
Sauf que cette fois, Sabalenka et elle se retrouvent dans la même moitié de tableau, avec une demi-finale possible. C'est le gros enseignement de ce tirage. Gauff mène 6-5 dans leurs duels directs, mais la numéro 1 mondiale n'a pas digéré la finale 2025 et la déception fait office de carburant.
Sabalenka ouvre face à Jessica Bouzas Maneiro. La route monte vite en intensité : Naomi Osaka pourrait se dresser dès les huitièmes, et la Japonaise a montré ces derniers mois qu'elle retrouvait des sensations sur terre. La terre n'est pas la surface préférée de la Biélorusse, mais elle reste la joueuse la plus régulière du circuit. Gauff démarre contre Taylor Townsend, sa compatriote, puis pourrait croiser Loïs Boisson au troisième tour. La Française, qui revient d'une longue blessure à l'avant-bras et peine à retrouver son rythme depuis Strasbourg, est passée 50e mondiale et hérite d'Anna Kalinskaya (TS22) d'entrée. Difficile d'imaginer une reproduction de l'épopée 2025 dans ces conditions.
L'autre moitié réunit Iga Swiatek et Elena Rybakina. Quadruple lauréate à Paris (2020, 2022, 2023, 2024), Swiatek y affiche un ratio de 87% de victoires sur terre en carrière au niveau WTA, le quatrième meilleur de l'histoire derrière Steffi Graf, Justine Henin et Chris Evert. Elle est également la joueuse la plus titrée sur terre depuis 2020, avec dix trophées WTA sur la surface. Elle reste sur un Wimbledon glané en 2025, ce qui complique les comparaisons avec sa traversée du désert récente sur ce versant. Attention au troisième tour : Jelena Ostapenko, sa bête noire, mène 6-0 en confrontations directes. Si la Polonaise franchit ce piège, son chemin redevient plus lisible. Rybakina, numéro 2 mondiale, n'a jamais dépassé les quarts à Roland-Garros mais reste capable d'une étincelle sur deux semaines.
Le scénario probable
Le quart Sabalenka/Gauff étant la grosse anomalie de ce tirage, c'est la finale qui risque de se jouer en demi-finale. Gauff peut sortir Sabalenka une seconde fois dans une partie où Osaka peut faire des dégâts en amont, et Swiatek a tout pour revenir à son meilleur niveau sur ses terres. Finale attendue : Gauff-Swiatek. Vainqueure : Iga Swiatek, le pari à contre-courant d'une saison sans titre majeur, mais Paris a toujours fait office de session de rattrapage pour la Polonaise. Outsider : Elina Svitolina, vainqueure surprise à Rome contre Gauff il y a une semaine et de retour à son meilleur niveau depuis sa maternité. Sur le marché, Swiatek (3,25 chez Unibet) devance Sabalenka (3,50), Gauff (7,00) et Rybakina (8,00). Svitolina monte à 15, Anisimova à 35.
Ce qu'il faut retenir à trois jours du coup d'envoi
Chez les hommes, le tableau invite à la simplicité : Sinner est si bien placé qu'il faudrait un événement extra-sportif pour qu'il manque la finale. Chez les femmes, la concentration des deux meilleures dans la même moitié promet une demi-finale de très haut niveau dès le mardi de la deuxième semaine. Côté français, mieux vaut profiter de la première semaine pour ne rien manquer : la dernière danse de Monfils, l'éventuelle bagarre de Fils contre Zverev et les premiers pas de Moïse Kouamé sont à inscrire au programme avant que le tableau ne se vide.
Sous réserve de modifications de dernière minute (forfaits, blessures avant le premier tour). Cotes Unibet relevées le 21 mai à titre indicatif, susceptibles d'évoluer jusqu'au début du tournoi. Jouer comporte des risques : endettement, dépendance, isolement. Pour être aidé, appelez le 09-74-75-13-13 (appel non surtaxé).