Masters 1000 de Rome - Casper Ruud, l'ennemi public n°1 d'Italie à la tâche quasi impossible contre Jannik Sinner
Mis à jour 17/05/2026 à 01:05 GMT+2
Vainqueur l'an passé à Madrid, Casper Ruud rêve de renouer après sa grandeur passée, après un an des plus compliqués. Le Norvégien, devenu cette semaine l'ennemi n°1 de l'Italie et encore plus à l'aube de cette finale, sait que battre Jannik Sinner est une tâche quasi insurmontable, mais compte s'appuyer sur sa confiance romaine pour rêver de l'exploit.
Doutes, kiné et gueulante de Medvedev : comment Sinner a résisté à tout
Video credit: Eurosport
Quand la tête de série n°23, vacillante depuis des mois, se présente face au maître absolu du tennis mondial, l’affiche ressemble moins à une finale qu’à une marche vers l’inévitable. D’un côté, Casper Ruud, silhouette d’ancien double finaliste de Roland-Garros, ballotté par une saison morose et des certitudes envolées. De l’autre, Jannik Sinner, souverain incandescent, invaincu depuis trois mois, porté par une série qui finit par défier les mots eux-mêmes. Car comment encore raconter l’Italien sans tomber dans l’excès ?
Depuis un an, les Masters 1000 lui appartiennent comme un royaume privé. Trente-neuf victoires consécutives quand son corps ne lâche pas avant l'adversaire, une saison 2026 où il a déjà raflé les quatre premiers rendez-vous de la catégorie, en ne laissant que trois petits sets dans la tempête de ses succès. À Rome, devant son peuple, Sinner ne joue plus seulement pour un trophée, il poursuit le dernier joyau qui manque à sa couronne.
Les deux sets contre Khachanov et Darderi comptent parmi les meilleurs que j'ai joués
Mais, tapi dans l’ombre de l'évidence du n°1 mondial, Casper Ruud a retrouvé un souffle. Le Norvégien n'était pourtant pas arrivé à Rome dans ses habits de prétendant, comme les saisons passées. Il en était bien loin, à la recherche de la moindre petite certitude. Mais celui que l’on croyait englouti par les désillusions (deux sorties au 2e tour en Grand Chelem notamment), tombé hors du top 20 pour la première fois depuis 2021, s’est soudainement réveillé au parfum de la terre battue romaine. Comme si l’approche de Roland-Garros avait rallumé une braise que l’on pensait presque éteinte.
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Rictus et gesticulation : Sinner en souffrance lors d'un changement de côté
Video credit: Eurosport
Match après match, il a reconstruit quelque chose. Une confiance. Une férocité. Un souvenir de lui-même. Lui qui n'avait battu qu'un seul top 20 depuis un an (Alex De Minaur, à la United Cup en janvier) en a accroché quatre à son tableau de chasse cette semaine. "Je pense que ma victoire contre Lehecka au troisième tour m'a donné de l'élan et de la confiance, avouait-il après sa demi-finale. Depuis, j'essaie de me concentrer sur ce qui a bien fonctionné et de continuer sur cette lancée, en essayant de progresser encore. Chaque jour, je me sentais de mieux en mieux. Les deux sets contre Khachanov et Darderi comptent parmi les meilleurs que j'ai joués sur un court depuis longtemps. C'est donc très encourageant".
Deux Italiens déjà au tableau de chasse
Mais dimanche, le décor change d’échelle. Parce qu’au Foro Italico, Jannik Sinner n’est plus simplement un joueur. Il est devenu une ferveur nationale. Depuis Adriano Panatta en 1976, l’Italie attend un roi romain. L’an passé, Carlos Alcaraz avait repoussé le rêve, mais l'Espagnol est le seul à l'avoir battu sur terre battue depuis avril 2024. Cette fois, tout semble aligné : la forme, l’histoire, la foule, la dynamique. Jusqu'aux succès de Casper Ruud face aux deux espoirs italiens, Lorenzo Musetti et Luciano Darderi.
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Trois sets, trois gifles mais un net vainqueur : comment Ruud a dépassé Khachanov
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En l’espace de deux victoires éclatantes, le Norvégien ne s’est pas seulement ouvert les portes de la finale : il s’est élevé, presque malgré lui, au rang d’ennemi public numéro un d’un peuple italien tout entier tourné vers son héros. Même si le souvenir de leur précédent affrontement, en quart de finale ici-même à Rome, ne plaide pas en faveur du drame national, dimanche. L'an dernier, Sinner l'avait expédié (6-1, 6-0), dans une démonstration implacable du niveau qui séparait les deux joueurs. "Il m'avait surclassé et on s'en souviendra tous les deux, avouait-il. J'espère que ce ne sera pas le cas cette fois-ci". Mais le Norvégien refuse d'y voir un match sans espoir, même s'il a conscience de l'ampleur de la tâche devant lui.
Il faut élever son niveau de jeu deux ou trois fois pour rivaliser
"Je dois simplement aborder ce match comme n'importe quel autre, avouait-il. Essayer de ne pas me laisser impressionner par la vague qui déferle sur moi, par toute cette dynamique, cette confiance et tous ces records qu'il construit et bat". Mais comment ne pas l’être ? En 2026, Jannik Sinner ne donne plus l’impression de pouvoir perdre, seulement celle de retarder l’instant où il gagnera. Comme en demi-finale, où il aura même fallu attendre samedi pour voir l'Italien se défaire de Daniil Medvedev, malgré les crampes. De quoi y voir un espoir ?
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Casper Ruud
Crédit: Getty Images
"Au final, c'est un être humain et je dois essayer de me raisonner ainsi autant que possible, poursuit-il. Je vais essayer de rester concentré sur mon jeu, sur mes points forts. Je sais que contre lui, il faut élever son niveau de jeu deux ou trois fois pour rivaliser". Les finales les plus déséquilibrées sont parfois celles où naissent les plus grands vertiges. Mais pour faire tomber Jannik Sinner, il faudra davantage qu’un grand match. Il faudra fissurer ses certitudes. Et depuis des mois, personne n’y est parvenu.
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