Tranquille comme Bolt

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Sous la pluie, Usain Bolt a remporté le 100 mètres du meeting Golden League de Paris/Saint-Denis. Malgré un départ raté et un vent légèrement défavorable (-0,2 m/s), le Jamaïcain s'est imposé en 9''79. La meilleure performance mondiale de l'année reste entre les mains de Tyson Gay (9''77).

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Crédit: Eurosport

Comme prévu, il est venu, il a vu et a vaincu. Usain Bolt a éclairé le meeting Golden League de Saint-Denis de son charisme et de son talent. Mais n'a pu battre son propre record du monde du 100 mètres. Mercredi, le triple champion olympique en 2008 avait annoncé que sa marque de Pékin (9''69) pouvait tomber au Stade de France. Elle aurait pu... si le sprinteur avait réussi un départ digne de ce nom. Sous la pluie, Usain Bolt a mis du temps à prendre ses marques sur le tartan dionysien. Mais lorsqu'il s'est relevé, le canon Bolt est passé et a laissé Daniel Bailey, Yohan Blake et compagnie loin derrière.
En 9''79, chrono signé sous la pluie et avec un vent légèrement défavorable, Usain Bolt a fait le travail. Et peut-être même un peu plus que cela. S'il n'a pas répondu chronométriquement à Tyson Gay, qui avait réussi la meilleure performance mondiale de l'année la semaine dernière à Rome en 9''77, le Jamaïcain a marqué les esprits. Lui seul est capable de réussir une telle course dans ce type de conditions. A un peu plus d'un mois du rendez-vous de Berlin, Bolt reste au-dessus de la mêlée.
"Il reste du travail"
"Ce n'était pas parfait mais avec ce temps, ce n'est pas si mal. Je rate mon départ, a-t-il reconnu après sa course. C'était pire qu'à Ostrava. Mon temps de réaction est bien mais c'est la transition qui est mauvaise. Heureusement, je peux revenir. J'ai juste relâché dans les cinq derniers mètres. Avec ce temps, l'important est aussi de ne pas se blesser. Maintenant je cours à Crystal Palace (Londres, le 25 juillet) et ensuite les Mondiaux. Je regarde déjà dans cette direction. Actuellement, je dirais que je suis à 85% et il reste du travail."
Rendant 35 centimètres sous la toise à Bolt, aussi réservé que le Jamaïcain est "destroyed", l'Ethiopien Kenenisa Bekele est pourtant un immense champion, le plus grand du demi-fond. Sur la piste même où il avait remporté son premier titre mondial, en 2003 sur 10 000 m, Bekele a détruit sur 3000 m (7'28"64) les velléités de l'Américain d'origine kényane Bernard Lagat. Bekele a ainsi gardé la main sur le jackpot d'un million de dollars, toujours accompagné par un sacré trio de dames qui, comme lui, survole la concurrence.
Lavillenie brille
Sur le tour de piste, l'Américaine Sanya Richards a gagné en 49"34 malgré le vent de face pour finir. "Il faisait froid et, dans ces conditions, je suis heureuse d'avoir encore couru sous les 50 secondes", a souligné la championne d'origine jamaïcaine. Pour la 37e fois de sa carrière, une de mieux que l'Allemande de l'Est Marita Koch. Sur 100 mètres, la Jamaïcaine Kerron Stewart a émergé à mi-course pour s'imposer comme à la parade (10"99). Enfin, la tsarine de la perche Yelena Isinbayeva n'a eu besoin que d'un seul saut à 4,65 m pour s'imposer une fois de plus, avant que la pluie ne l'oblige à ranger sa gaule.
Côté français, le perchiste à la mode Renaud Lavillenie, petit gabarit doté d'une course d'élan d'enfer, a remporté le concours avec 5,70 m. A défaut de battre le tout frais record d'Europe de son compatriote Bob Tahri (8'02"19), Mahiedine Mekhissi Benabbad, médaillé d'argent aux Jeux de Pékin, a donné un second succès à la France, sur 3000 m steeple, en toute fin de soirée. "Il n'y avait pas que Bolt aujourd'hui, il y avait moi aussi. Il n'y a pas que les Jamaïcains, il y a les Français aussi", a proclamé le steeple-chaser.
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