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Meeting de Tignes : A 3000m d'altitude, Taylor veut s'offrir le record d'Edwards

A plus de 3000m d'altitude, Taylor veut s'offrir le record d'Edwards
Par Eurosport

Le 15/08/2017 à 22:41Mis à jour Le 16/08/2017 à 11:02

C'est un rendez-vous absolument unique qui va se tenir mercredi à Tignes. A 3032 mètres d'altitude, dans un cadre exceptionnel, un meeting est organisé avec un concours au triple saut et un autre à la longueur, avec les stars de ces deux disciplines. Christian Taylor, notamment, veut s'attaquer au record du monde de Jonathan Edwards.

Les cimes enneigées pour décor, un sautoir dédié à la longueur et au triple saut planté au milieu: à 3032 m d'altitude, les meilleurs mondiaux, dont l'Américain Christian Taylor et Will Claye, ont rendez-vous mercredi à Tignes, avec le record de Jonathan Edwards dans le viseur.

C'est l'une des marques mythiques de l'athlétisme: 18,29 m, un triple saut historique réalisé par le Britannique aux Championnats du monde de Göteborg (Suède) en 1995. Vingt-deux ans plus tard, le record tient toujours, mais pour combien de temps? En 2015 à Pékin, Taylor s'en était approché à huit centimètres (18,21 m) pour son deuxième titre de champion du monde. Depuis, le natif de Fayetteville en Géorgie fait une vraie fixation sur ces quatre chiffres légendaires. Cette saison, il a atteint 18,11 m à Eugene (Oregon) en Ligue de diamant, mais n'a pas fait mieux à Londres, avec 17,68 m, mais un troisième titre mondial tout de même.

Mercredi, ce sont quatre autres chiffres qui pourraient lui donner un coup de pouce dans sa quête de record: 3032 m, soit l'altitude où sera positionnée la piste dédiée au concours du triple au pied du glacier de la Grande Motte à Tignes. "Je pense que c'est historique: douze athlètes, qui tentent quelque chose de nouveau, se réjouit Christian Taylor. Lorsque l'on m'a présenté cette idée, je me suis demandé 'Mais est-ce que c'est seulement possible, un sautoir à 3.000 m d'altitude?'. Et ils m'ont dit que oui, on va rester à la station et on nous amènera à la piste en hélicoptère ou en funiculaire. C'est la première fois!

Taylor : "Pour moi, c'est quelque chose d'assez excitant"

"L'altitude, c'est surtout Mexico, avec des records battus à la pelle. Ce que l'on sait, c'est que c'est profitable pour le sprint, où l'on n'a pas besoin d'oxygène", explique à l'AFP le Dr Olivier Capel, médecin du sport au laboratoire de physiologie du sport de Santy-Lyon. Aux JO 1968, le stade olympique de Mexico situé à 2300 m d'altitude avait été le théâtre de l'amélioration de tous les records du monde masculins entre 100 et 800 m, relais 4x100 et 4x400 m inclus, ainsi que celui du triple saut et surtout de la longueur avec le bond de l'Américain Bob Beamon à 8,90 m (+ 55 cm par rapport à la précédente marque).

"En altitude, il y a moins de résistance aérodynamique, l'air est différent du niveau de la mer, la pression n'étant pas la même, il y a une meilleure pénétration dans l'air, précise le Dr Capel. Pour le saut en longueur et le triple saut, ça peut être un élément intéressant." Le gain est toutefois difficilement quantifiable, alors que deux autres paramètres moins favorables à la performance seront à prendre en compte: une température peu élevée qui ne favorise pas le sprint et l'acclimatation pour une compétition à 3000 m d'altitude, avec des athlètes habitués au niveau de la mer.

"Pour moi, c'est quelque chose d'assez excitant parce que je dis toujours qu'il faut essayer de nouvelles choses, repousser les limites, ajouter de nouveaux éléments. Lorsque le format de la Ligue de diamant a changé, j'ai dit pourquoi pas. Ça ajoute du suspense, de la pression. Nous devons changer ce sport, y ramener les regards, l'intérêt, sinon il va mourir", explique Taylor. Will Claye, son compatriote, pourrait en revanche jouer le rôle de booster: vice-champion du monde à Londres (17,63 m), il s'est approché de la barre des 18 mètres cette saison (17,91 m), et les a même dépassés à Eugene (18,05) poussé par un vent trop favorable (+2,4 m/s).

La réunion de Tignes proposera aussi un plateau intéressant à la longueur avec le Sud-Africain Luvo Manyonga, sacré à Londres et auteur d'un saut à 8,65 m cette saison, à 30 cm du record de Mike Powell (8,95 m à Tokyo en 1991, le seul au-delà de Beamon).

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