Anier Garcia, champion olympique à Sydney il y a sept ans, connaît son successeur. Lors des finales mondiales de Stuttgart, son compatriote et plus grand fan, Dayron Robles, a signé la plus belle performance du week-end allemand. Même si on n'oublie pas le fantastique mais désormais banal 9"83 d'Asafa Powell sur la ligne droite... Pour la dernière épreuve au programme de la compétition, le hurdler cubain de 20 ans a affolé les compteurs en avalant son 110m haies en 12"92. Soit à quatre centièmes du record du monde du Chinois Liu Xiang, absent à Stuttgart. Merci pour lui !
Après avoir causé un faux départ, Robles n'a pas eu peur de la disqualification. Aligné au couloir 4 et flanqué des Américains Terrence Trammell (3e en 13"15) et David Payne (2e en 13"08), tous deux médaillés à Osaka, il a pris tous les risques à la sortie des starting-blocks. Impeccable sur ses passages de haies, régulier dans ses foulées, le vainqueur des derniers Jeux Panaméricains de Rio de Janeiro a semblé voler vers la victoire. Son chrono à l'arrivée parle pour lui-même : c'est le même que celui réalisé par Liu Xiang le 2 juin dernier à New York. Autrement dit, la meilleure performance mondiale de l'année est égalée.
Grâce à ce 12"92, le Cubain améliore aussi son meilleur chrono de huit centièmes, s'offre un nouveau record national et, in fine, devient l'unique recordman d'Amérique centrale (il co-détenait cette distinction avec son idole Anier Garcia en 13"00). Passé à côté de sa finale mondiale à Osaka, il n'avait pris au Japon qu'une décevante quatrième place. Son 110m haies de Stuttgart est une belle revanche mais également une belle promesse. A Pékin, en espérant que Ladji Doucouré, 5e ce dimanche en 13"27 (record de la saison égalé) revienne dans la danse, Dayron Robles sera l'un des prétendants à la médaille d'or olympique. A ce jour, le Cubain s'annonce comme le plus sérieux rival de Liu Xiang pour le titre suprême. C'était déjà le cas à Osaka...



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