Tennis - Wimbledon
19/06/2008 - 10:35Bartoli-Gasquet, destin lié à Wimbledon

Malgré eux, Richard Gasquet et Marion Bartoli sont le couple français du moment. Très attendus, les deux N.1 français jouent gros à Wimbledon, où ils devront défendre leur exploit de l'an passé. Après un Roland-Garros manqué, c'est leur statut de leader
Tous les deux sont N.1 français. Membres du Top 10 mondial, ils rêvent de Grand Chelem, au point de refuser de disputer d'ores et déjà les jeux Olympiques à Pékin. Car nos deux champions ont goûté à l'ivresse de la réussite dans le même tournoi majeur, la même année : Wimbledon. Et n'attendent qu'une chose : la revivre. Un an après, alors qu'il leur est de plus en plus difficile de tenir leur rang, Richard Gasquet, demi-finaliste au All-England Club, et Marion Bartoli, finaliste, joueront des points au classement mondial dans une semaine, mais aussi leur statut qu'ils n'ont pas spécialement voulu, mais qu'ils ont décroché à l'issue du troisième Grand Chelem de l'année 2007.

Mais leaders désirés ou non, tous les deux ont autant de pression sur les épaules. Une pression vécue différemment par nos deux N.1. Si le Français tente de la canaliser en prenant le plus de précaution possible avec son physique, son homologue féminin tente le tout pour le tout sur chaque tournoi pour tenir le haut du pavé. Blessée au poignet, la Française est allée tout de même à Roland-Garros défendre les points de son huitième de finale de l'an passé. Au prix de perdre dès son entrée en lice. Richard, lui, a préféré renoncer vingt minutes avant son match du 1er tour face à Florent Serra. Pourtant, à une semaine de Wimbledon, Marion Bartoli parle de forfait pour ce tournoi qui lui a apporté la gloire.
Bartoli kamikaze, Gasquet prudentissime
Avec une Bartoli presque kamikaze, et volontairement sous une pression constante, et un Gasquet prudentissime à s'en rendre malade, on comprend que les confiances ne soient pas au beau fixe, à l'heure de débuter la saison sur gazon avec Wimbledon en ligne de mire. Mais si nos deux champions ont pourtant deux parcours presque similaires depuis le tournoi d'Indian Wells en mars (sept défaites pour deux victoires pour la première, quatre revers pour un seul succès pour le second), la saison sur gazon est abordée différemment.
Marion Bartoli a chuté au 1er tour de Birmingham où elle était tête de série N.1. Dégoûtée par une nouvelle défaite d'entrée de tournoi, Marion hésite participer à Eastbourne une semaine avant Wimbledon. La cause serait son mal récurrent au poignet droit. Apparue à Strasbourg, une semaine avant les Internationaux de France, cette tendinite lancinante ressurgirait quand bon lui semble. "Mon poignet me gêne toujours.Je ne sais jamais comment je serais en entrant sur le court ou combien de temps la douleur va durer". Après quinze jours de soins orchestrés par Walter Bartoli, son père, entraîneur et médecin de formation, Marion ne se serait toujours pas remise de cette blessure de fatigue.

De son côté, Richard Gasquet a confirmé qu'il était mieux à l'aise sur le gazon que sur terre battue. Comme signe fort après son forfait à Paris, il s'est aligné au milieu des stars, au Queen's qu'il n'avait plus disputé depuis trois ans. S'il n'était pas tombé sur un solide David Nalbandian, le Biterrois aurait sans doute atteint sa première demi-finale à Londres, hors Grand Chelem bien entendu. Des deux N.1, il semble le mieux placé pour réussir un nouvel exploit à Wimbledon, là où Bartoli semble avoir franchi la limite physique d'un retour fracassant. Au point de tout laisser tomber.
"Mon but : gagner un Grand Chelem, pas devenir N.1."
L'an passé, Bartoli avait mis cinq mois à trouver ses marques, avant de se réveiller à Prague en atteignant une finale. En 2008, l'année de la confirmation attendue, sa seule éclaircie est venue de l'Open Gaz de France à Paris, où elle joua sa seule demi-finale de la saison. Finaliste à Wimbledon l'an passé, Marion avait fait taire ses détracteurs sur le gazon londonien en devenant la troisième Tricolore à jouer une finale à Londres, la cinquième en tournoi du Grand Chelem, avec un tennis aussi efficace que peu académique.
Si son forfait en 2008 venait à être confirmé, Bartoli ferait une chute vertigineuse au classement WTA, pour ne pas dire mentalement. Avec les arrivées d'Alizé Cornet, étincelante sur terre battue, et Tatiana Golovin, grande espoir encore en convalescence, la place de N.1 passera dans d'autres mains d'ici 2009. Mais peut-être que si cette place de choix -qui dérangerait au point de déclarer Mauresmo co-N.1 avec Bartoli en 2007 par la Fédération- était perdue à la sortie de l'été, la tempête s'apaisera-t-il sans doute sous le crâne Bartoli...?
Côté Gasquet, une déconvenue plus tôt que prévu sera un échec douloureux pour lui, notamment sur le plan comptable où il quitterait irrémédiablement le Top 10. Sa seule consolation serait de quitter cette place de N.1 français qui lui colle un peu trop à la peau. Cherchant à faire des résultats importants qu'à pister la place de N.1, il serait même presque content que Jo-Wilfried Tsonga le dépasse au classement ATP. Après l'éclosion de JWT à Melbourne, Gasquet ne focalise plus tous les regards sur lui. Presque une aubaine. C'est pour cette bonne raison qu'il a affirmé au moment de refuser de disputer les jeux Olympiques : "Mon but est de gagner un Grand Chelem, pas de devenir N.1." Wimbledon, lieu de vérité, sera bien un nouveau juge de paix.















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