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La France, reine d'Europe

La France, reine d'Europe
Par Eurosport

Le 21/06/2009 à 12:30Mis à jour

Enorme exploit de l'équipe de France qui s'impose en finale du championnat d'Europe en battant la Russie (57-53). Ce deuxième sacre des féminines au niveau européen, après 2001, récompense une génération étonnante et détonante.

Le champagne peut couler à flots et les larmes envahir les visages français. En s'imposant pour la deuxième fois de la quinzaine face à la Russie de manière étonnante, la jeune équipe de Pierre Vincent a écrit l'une des plus pages du basket français. L'apothéose, le nirvana pour une génération dont on dit qu'elle n'a pas encore atteint son apogée.

Pour dire mieux, le succès des Françaises en terre lettone relève de la surprise. Non pas que les Bleues n'aient pas mérité ce titre avec 9 victoires en autant de rencontres, mais après une 8e place en 2007, on pensait le chantier complexe pour une équipe jeune. Mais le talent n'attend pas. Il veut tout, rapidement, sans se soucier de l'opposition et sans respecter une hiérarchie vacillante. Sandrine Gruda aura symbolisé la campagne tricolore. Potentiel reconnu, le pivot des Bleues aura déplacé des montagnes pour porter la France vers le second sacre de son histoire.

A 22 ans dans cinq jours, la Cannoise n'a peur de rien et pas même des 202cm de Stepanova ou des 196cm de la meilleure joueuse du dernier Euroligue, Ospinova. A chaque génération son symbole, ainsi s'écrit tout périple qui mène à la gloire. Pourtant, entre le culot de Gruda et la hargne de Cathy Melain, qui jouait le dernier match de sa carrière, l'âme des Bleues voulue par Pierre Vincent habitait chacune des joueuses. Toute un groupe a accepté de se sortir les tripes au détriment d'un basket plus lêché. L'essentiel était ailleurs pour remporter cet Euro.

La naissance d'une âme

Alors que le message de Pierre Vincent avait été de répéter que la défense serait le seul salut des Bleues, son équipe a construit sa victoire autour d'un état d'esprit et d'un collectif intransigeant. L'espace d'une finale, symbolisant parfaitement l'unité de cette équipe, la France a concassé les Russes mentalement. C'est dans ce secteur que s'est donc forgé le succès français. Face à une opposition, sans vrai collectif, mais au talent connu et reconnu, la défense tricolore allait prendre le pouls de la rencontre.

Creusant peu à peu l'écart, les coéquipières de Céline Dumerc ne lâchaient rien, obligeant chaque joueuse adverse à forcer son shoot. Le résultat est éloquent (22/64). En basket, les chiffres trompent rarement. C'est ainsi qu'il indique que la faiblesse française aux lancers-francs aurait pu coûter encore très chère en fin de match. Avec 8/19 dans ce secteur, après avoir compté 19 points d'avance au milieu du 3e quart temps, les Bleues ont joué avec le feu.

Devant l'apathie russe, capable comme toujours du meilleur (ndlr: demie contre l'Espagne) comme du pire, la France trompait joliment son monde pour se couronner reine d'Europe. Un sacre aussi surprenant que plaisant qui doit désormais amener les Bleues à autant d'ambitions lors des échéances à venir. A commencer par le Mondial en République tchèque en septembre 2010. Avec une âme pareille, cette équipe est construite pour durer, mais aussi et surtout, pour gagner...

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