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Orlando ne pense qu'à ça
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Publié 29/10/2010 à 13:23 GMT+2
L'arrivée de LeBron James à Miami a exacerbé le complexe d'infériorité dont souffre Orlando vis-à-vis de son voisin floridien. Mais le Magic veut rétablir sa propre vérité. Sur le terrain cette fois. Ça tombe bien, les deux équipes s'affrontent pour la première fois de la saison, vendredi soir.
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Rarement un deuxième match de saison régulière (sur 82...) avait suscité autant d'émoi. A quelques heures du premier duel de l'exercice 2010-2011 entre Orlando et Miami, c'est toute la Floride qui se trouve en ébullition. Bien sûr, ce n'est qu'un match, noyé au milieu de tant d'autres dans l'infernal calendrier de la NBA. Mais du côté d'Orlando, il est tout particulièrement attendu, et il sera abordé comme un match de playoff. "Nous pouvons adresser un message à tout le monde", a déjà prévenu Dwight Howard.
Sportivement, l'enjeu est minime. Presque dérisoire au regarde de l'engouement. Mais le Magic l'attend depuis un moment. Dire que les hommes de Stan Van Gundy (à Orlando depuis 2007 après avoir entraîné... Miami) sont fatigués de l'omniprésence médiatique du voisin Miami relève de l'euphémisme. Marcin Gortat, la doublure polonaise de Dwight Howard, résume le sentiment général: "On en a marre d'entendre parler de Miami toutes les deux heures. Miami par ci, Miami par là, à quel point ils sont forts, et combien de matches ils vont gagner cette saison, et le Big Three... Tous les jours, des journalistes m'appellent de Pologne pour me demander mon avis sur Miami. Alors je réponds à chaque fois la même chose. Ils ont trois superstars, des role players. C'est une grande équipe sur le papier, mais ils doivent déjà commencer par gagner des matches."
Les ploucs d'Orlando
L'hypermédiatisation du Heat tranche incontestablement avec la discrétion du Magic. A l'intersaison, Miami a fait sa révolution. De son côté, Orlando n'a quasiment rien changé, érigeant la stabilité en leitmotiv. Deux approches différentes qui renforcent un peu plus l'antagonisme entre les deux équipes. "C'est normal que les gens parlent plus de Miami que de nous. Ils ont créé l'évènement, pas nous. Mais ça ne nous intéresse pas. Nous ne sommes pas payés pour créer l'évènement, mais pour gagner des matches et, si possible, des titres", rappelle Van Gundy. Il n'empêche. L'agitation de Miami la clinquante agace. D'autant qu'elle ne fait que renforcer un complexe d'infériorité qui ne date pas d'hier. Orlando n'a par exemple jamais vraiment digéré le fait que Shaquille O'Neal, drafté par le Magic en 1992, traverse quelques années plus tard tout le pays pour rejoindre les Lakers, plus exposés, plus glamours, plus conformes à son plan de carrière. Pire, quand le Shaq est revenu en Floride, c'est à Miami, et il y a gagné un titre. "Après ça, comment voulez-vous qu'un fan du Magic ne soit pas énervé", dit Pat Williams, co-fondateur et ancien manager général du Magic.
Orlando a parfois du mal à trouver sa place, coincée entre Jacksonville au Nord et Miami au Sud. "Miami a toujours été la grosse ville. Ils prennent un peu les gens d'Orlando pour des ploucs", poursuit Pat Williams. "Sportivement, c'est pareil, rappelle-t-il, Orlando n'existait pas dans le milieu professionnel avant la création du Magic. Il n'y a rien d'autre ici, alors que Miami a aussi les Dolphins, les Marlins ou les Panthers. " Mais selon lui, les deux franchises sont toutes deux en quête d'identité. Elles possèdent un point commun, leur jeunesse. Fondées à une année d'intervalle (1988 pour le Heat, 1989 pour le Magic), elles ne possèdent pas l'aura historique des Lakers ou des Celtics, ni même celle, plus récente, des Bulls.
A ce titre, une petite anecdote en dit long sur le sujet: quatre maillots ont été retirés à Miami. Ceux de Tim Hardaway (10) et Alonzo Mourning (33), deux anciens joueurs du club. Les deux autres? Le numéro 13 de Dan Marino, quarterback légendaire des Dolphins et... le 23, en hommage à Michael Jordan. Quant au Magic, le seul numéro qui ne peut plus être porté par un membre de l'effectif est le 6, en hommage... au public, le 6e homme. En deux décennies, Miami a remporté un titre, et Orlando a disputé, et perdu, deux finales. C'est finalement assez peu. Les deux équipes ne se sont croisées qu'une seule fois en playoffs (en 1997), preuve de leur difficulté à briller en même temps. C'est pourtant de cette façon que naissent les vraies rivalités.
Une vraie rivalité sportive, enfin?
Or voilà que, pour la première fois, Orlando et Miami sont potentiellement en passe de devenir les deux places fortes de la Conférence Est. "Pendant 20 ans, reprend Pat Williams, j'ai rêvé d'une forte rivalité sportive entre les deux équipes. Je voulais que le duel Orlando-Miami devienne la grande affaire de la NBA. C'est peut-être pour maintenant." Pour toutes ces raisons, le match de vendredi soir ne peut être considéré comme un vulgaire match de saison régulière comme les autres. Même si, évidemment, Stan Van Gundy fait tout pour qu'il en soit ainsi. "C'est vous les gars (les journalistes) qui décidez que tel ou tel match est un match important. Pour moi, ils le sont tous."
Mais il suffit d'écouter ses joueurs pour comprendre qu'ils tiennent tout spécialement à gagner celui-là. Malgré son bilan remarquable depuis trois ans (57 victoires en moyenne en saison régulière, une participation aux Finals, une autre à la finale de conférence), la bande à Howard à l'impression d'être considérée comme un petit outsider face à Miami. Un manque de respect, en somme. "Tout le monde a beaucoup parlé ces derniers mois. Maintenant, on va jouer, ça remettra peut-être certaines choses en place", conclut le meneur, Jameer Nelson. Vendredi soir, à 20h, heure locale (2h du matin en France), toute la NBA aura en tout cas les yeux rivés vers la Floride. Pas seulement sur Miami, cette fois. C'est, déjà, une première (petite) victoire pour Orlando.
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