Mormeck fait coup double

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Jean-Marc Mormeck a écrit une page de l'histoire de la boxe française en devenant le premier à unifier un titre mondial, celui des lourds-légers (WBA-WBC), en battant aux points le Guyanais Wayne Braithwaite, samedi soir à Worcester.

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Crédit: Eurosport

Le pointage des trois juges était unanimement favorable au Français (114-112, 115-111 et 116-110), traduisant la maîtrise et la détermination du Français du premier au dernier coup de gong qui lui permit de conserver sa ceinture WBA et ajouter la WBC de Braithwaite.
"J'avais dit que je m'entraînais pour ça et j'étais prêt ", a déclaré Mormeck, un large sourire déchirant son visage enrobé d'un fin collier blond, avec à ses côtés son promoteur américain Don King. Mormeck affichait un visage très concentré lors de sa montée sur le ring, vêtu d'un équipement noir sorti tout droit de sa collection personnelle lancée récemment.
Son torse plus puissant que jamais a été mis à l'épreuve de la frappe de Braithwaite en début de combat notamment au flanc. Mais le Français ne bronchait pas et faisait parler peu à peu la lourdeur de ses coups, avec la droite en crochet ou en direct en piston ainsi que des uppercuts comme lors des 4e et 5e reprises.
Et surtout dans la 7e lorsqu'un uppercut du droit envoyait Braithwaite au tapis à mi-reprise. On sentait une issue possible mais le Guyanais s'accrochait tout en digérant une pluie de coups.
"Braithwaite est un bon boxeur et un bon encaisseur, expliquait le Français. Et pourquoi me presser. Cela faisait un an que je n'avais pas boxé. J'ai pris le temps pour m'assurer de repartir avec les deux ceintures".
Maîtrise et sérénité
D'autant que le Guyanais était frappé d'un point de pénalité pour accrochage répété à la 8e reprise et que le Français empochait brillamment le round suivant alors que son rival avait l'arcade gauche ouverte et un oeuf de pigeon à la pommette droite.
Mormeck montrait sa sérénité en gérant la fin de combat sans prendre le risque du coup dur auquel était désormais contraint son rival s'il voulait l'emporter. Le Guadeloupéen tournait, s'économisait, boxait avec beaucoup de maîtrise à reculons et refusait les provocations de Braithwaite en fin de combat.
Au dernier coup de gong, le verdict ne faisait pas de doute pour la majorité des quelque 8500 spectateurs du DCU Center. Même si beaucoup avaient opté pour le départ après la défaite de Jose Antonio Rivera, l'enfant chéri de Worcester qui avait perdu sa couronne WBA des welters.
"Pour la 3e ceinture (IBF), ce sera plus rapide, mais j'ai encore à travailler", commentait Mormeck avec beaucoup de lucidité, après la 31e victoire d'un palmarès entaché de 2 défaites seulement.
"Je lui accorde du respect, il a gagné", concédait pour sa part Braithwaite, qui a vu s'envoler son invincibilité (21 victoires pour désormais 1 défaite). "Mais je redeviendrai champion. Et je resterai chez les lourds-légers". Une minute de silence pour le pape Jean Paul II, décédé samedi, avait été observée avant le combat Mormeck-Braithwaite.
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